Perte d’adhérents, départs d’élus: la flamme du Front national vacille
Départs d'élus, perte d'adhérents: la flamme du Front national a vacillé cette semaine en raison d'une ligne qui pose toujours question, du...

Perte d’adhérents, départs d’élus: la flamme du Front national vacille

Départs d'élus, perte d'adhérents: la flamme du Front national a vacillé cette semaine en raison d'une ligne qui pose toujours question, du...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Départs d'élus, perte d'adhérents: la flamme du Front national a vacillé cette semaine en raison d'une ligne qui pose toujours question, du mauvais souvenir du débat de Marine Le Pen, et de la frustration de militants jugeant le parti insuffisamment à leur écoute.

"Je préférerais oublier (...) le fameux débat de la présidentielle car c'est ce soir-là que la flamme en moi s'est éteinte", affirme Thierry Gourlot, ancien conseiller régional du Grand Est, pour expliquer son départ.

Outre la joute que la dirigeante frontiste a admis avoir "ratée" face à Emmanuel Macron, cet élu de Moselle ne se reconnaît pas dans le "slogan +ni droite-ni gauche+" de Florian Philippot, ancien bras droit de Mme Le Pen, parti en septembre fonder son propre parti.

Ce retraité de la SNCF qui se revendique de la "droite libérale conservatrice" a rejoint jeudi le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) avec quatre autres élus frontistes.

En tout, sept conseillers ont quitté le groupe régional, qui a fondu à 28 élus, au lieu de 46, depuis les régionales de 2015.

Onze d'entre eux avaient déjà quitté le FN en septembre, en suivant leur ex-tête de liste Florian Philippot.

- "Déficit de reconnaissance" -

Le FN a déjà connu des départs après les municipales de 2014, "suivies par une hémorragie, deux ans après, avec le départ d'un quart voire d'un tiers des conseillers municipaux", rappelle le sociologue Sylvain Crépon.

Au conseil régional d'Ile-de-France, les effectifs du groupe FN ont diminué de quasi moitié depuis 2015, passant de 22 à 12 élus. Deux conseillères l'ont quitté cette semaine en raison d'un collègue qu'elles accusent de "violences". Début décembre, trois élues ont démissionné d'un groupe jugé "trop à gauche" et pratiquant "un autoritarisme dans les relations entre les responsables et les élus de terrain".

Sylvain Crépon met ces déperditions sur le compte du "rapport que le parti entretient avec ses élus", qui souffrent d'un "déficit de reconnaissance, ayant l'impression de recevoir peu par rapport à ce qu'ils donnent" même si le congrès des 10 et 11 mars a validé une meilleure représentation des fédérations et des élus locaux.

Dominique Thomas, ex-secrétaire général du groupe FN dans le Grand Est, déplore que la direction "impose des positions de vote nationales sans tenir compte de nos particularités locales".

L'ex-conseiller régional Jean-Claude Dreistadt critique les "parachutages" et "les reculades dans la ligne originelle du parti".

- "Les gens n'y croient plus" -

Marine Le Pen vote lors du Congrès du FN à Lille, le 10 mars 2018
AFP/Archives

"Il y a un certain nombre de personnes, après un congrès, qui expriment des regrets, des frustrations, des déceptions de ne pas avoir été élues", explique Marine Le Pen à propos de ces départs.

Une frustration qui pourrait grandir aux européennes, l'an prochain, car "ce ne sont pas des élections où le FN va pouvoir faire monter la base", ajoute M. Crépon.

L'ex-conseiller régional du Grand Est, Jordan Grosse-Cruciani, reproche au parti de lui avoir demandé d'annoncer "une progression" dans sa fédération des Vosges du nombre d'adhérents qui, selon lui, a chuté de 50% depuis mars 2017.

Le FN a admis jeudi avoir perdu des adhérents en raison de la clôture pendant 4 mois de ses comptes bancaires, qui empêchait d'adhérer en ligne. Depuis que cette forme d'adhésion a repris le 6 mars, "nous rattrapons le retard", assure le vice-président du FN Steeve Briois.

Le parti n'a pas confirmé ou infirmé le chiffre de 38.000 adhérents à jour de cotisation publié par le Figaro, pourtant jugé "vraisemblable" par une source interne.

Au 19 novembre, le FN revendiquait près de 51.500 adhérents à jour de cotisation.

"Les gens n'y croient plus", estime dans Minute M. Grosse-Cruciani. Pour lui, "tout était joué d'avance" au congrès, avec un "vrai-faux changement de nom imposé par la direction". Seule une courte majorité (52%) de militants en a validé le principe.

Partager cet article

Dans la même thématique

Perte d’adhérents, départs d’élus: la flamme du Front national vacille
3min

Politique

Présidentielle 2027 : « J’ai toujours considéré que Jean-Luc Mélenchon était le vote inutile à gauche », souligne Patrick Kanner

Le président des sénateurs socialistes ne se montre pas surpris par les intentions de vote élevées, que recueille le leader de la France insoumise, dans notre baromètre Odoxa. L’ancien ministre des Sports rappelle qu’une campagne présidentielle est un « marathon » et que l’enjeu pour la gauche est de faire émerger un candidat capable de l’emporter face au Rassemblement national au second tour.

Le

Perte d’adhérents, départs d’élus: la flamme du Front national vacille
3min

Politique

Deux TGV Paris-Nice immobilisés : le ministre des Transports plaide en faveur « d’un projet de loi-cadre » pour augmenter les investissements sur le rail

Deux TGV Paris-Nice immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon après une rupture de caténaire, sont arrivés avec sept heures de retard dans la nuit. Sans électricité, les deux trains n’étaient plus climatisés. Au micro de Public Sénat, le ministre des Transports, Philippe Tabarot chiffre à 4 milliards et demi d’euros les investissements pour que le réseau fonctionne de « manière beaucoup plus optimum » lors de fortes chaleurs.

Le

Perte d’adhérents, départs d’élus: la flamme du Front national vacille
5min

Politique

Sénatoriales : le RN évoque des « contacts » avec des élus LR et centristes pour constituer un groupe

A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur LR du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.

Le