Réforme des retraites : « Cela n’a aucun sens et va paupériser les Français », dénonce Rachid Temal
Invité de « Palment hebdo » sur Public Sénat et LCP ce vendredi 27 janvier, le sénateur socialiste Rachid Temal estime que le gouvernement se dirige dans une impasse avec la réforme des retraites, au regard de la mobilisation sociale et de la forte opposition politique au projet de report de l’âge légal de départ. Il évoque également une possible fracture de la majorité sur ce texte.

Réforme des retraites : « Cela n’a aucun sens et va paupériser les Français », dénonce Rachid Temal

Invité de « Palment hebdo » sur Public Sénat et LCP ce vendredi 27 janvier, le sénateur socialiste Rachid Temal estime que le gouvernement se dirige dans une impasse avec la réforme des retraites, au regard de la mobilisation sociale et de la forte opposition politique au projet de report de l’âge légal de départ. Il évoque également une possible fracture de la majorité sur ce texte.
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Quelque 7 000 amendements ont été déposés en commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale sur le texte de la réforme des retraites, dont 6 000 issus des rangs des oppositions. Les communistes sont notamment à l’origine d’une motion référendaire. Ce dispositif, qui n’a jamais abouti sous la Ve République, prévoit, s’il est soutenu par une majorité d’élus, que l’examen du texte soit suspendu à la faveur d’un référendum, organisé selon les dispositions prévues par la Constitution. « Quand vous êtes parlementaires, vous faites avec les outils qui sont les vôtres », a commenté ce vendredi, au micro de l’émission « Parlement hebdo » sur Public Sénat et LCP, le sénateur socialiste Rachid Temal. « Pour le gouvernement, la vraie sortie ce serait plutôt de retirer cette réforme. Franck Riester lui-même a expliqué que pour les femmes, ce serait encore plus pénible. Tout cela n’est pas sérieux », soupire cet élu.

« Il y a déjà eu une tentative de réforme des retraites qui a été retirée »

Pour Rachid Temal, un recul de l’exécutif reste possible. Il ne doute pas que la pression de la rue et de la gauche au Parlement puisse faire plier le gouvernement, dont la majorité relative et composite à l’Assemblée manifeste également des signes de fébrilité. « Quand on entend bon nombre d’élus de la majorité présidentielle relative, et certains du MoDem, on se dit qu’il y a une possibilité. » Il rappelle ainsi qu’« il y a déjà eu une tentative de réforme des retraites qui a été retirée » sous Edouard Philippe. Et d’ajouter : « Je dis au gouvernement : Arrêtez ! Cela n'a aucun sens et va paupériser les Français. »

« La seule réforme qui serait envisageable et sérieuse, c’est une amélioration du système. Mais vous savez bien que l’homme qui a retiré la pénibilité s’appelle Emmanuel Macron », raille notre invité, en référence aux ordonnances travail prises en 2017, et qui ont supprimé quatre des dix critères de pénibilité pris en compte par le compte personnel de prévention de la pénibilité mis en place sous François Hollande. « Il faut remettre la pénibilité, traiter la question du différentiel homme-femme. Voilà, ce qu’il faut porter. »

La question de l’employabilité des seniors, insuffisamment traitée

Il dénonce également le recours aux décrets pour faire passer certains engagements d’accompagnement de l’allongement de la durée de travail, comme l’élargissement du dispositif « carrière longue ». En effet, le véhicule législatif choisi par le gouvernement, à savoir un texte de financement rectificatif, ne permet pas de sortir du champ financier. « Ce qu’il y a de pire, le gouvernement veut être sûr de le faire voter, et ce qu’il y a de moins mauvais… Il le renvoie à plus tard », s’agace Rachid Temal. « Comment puis-je croire quelqu’un qui a déjà fait le contraire de ce qu’il est en train de dire ? Les Français ne sont pas dupes, ils ont de la mémoire. » « Autre mesure que l’on n’évoque pas : le travail des seniors », poursuit le sénateur. « Moins d’un senior sur deux au moment de son départ à la retraite est encore dans l’emploi. La perspective qu’on leur donne est de travailler des années durant, de finir au chômage ou aux minima sociaux. »

» Lire aussi - Réforme des retraites : ces mesures prises par décret qui inquiètent les sénateurs

La prochaine journée de mobilisation intersyndicale contre la réforme des retraites est prévue le mardi 31 janvier. Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a appelé à une fermeture symbolique des mairies, en soutien à la mobilisation. La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé qu’elle rejoignait cet appel, s’attirant les foudres du ministre du Travail Olivier Dussopt, qui l’a accusée ce vendredi sur BMFTV de confondre « les services municipaux avec une annexe » du Parti socialiste ». Sur notre antenne, Rachid Temal a voulu dire son soutien à l’édile : « Je rappelle qu’Anne Hidalgo est aussi employeur, elle a le droit, comme tout employeur, de s’opposer à la réforme des retraites ».

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