Sommet européen : La méthode Emmanuel Macron
Emmanuel Macron fait ses premiers pas sur la scène européenne lors de ce sommet de juin. Une réunion à l’agenda chargé, où le nouveau président, bien accueilli par ses homologues, a tenté de pousser quelques propositions françaises, tout en déclinant sur la scène européenne sa ligne politique du « ni droite, ni gauche », afin de parler à tous.

Sommet européen : La méthode Emmanuel Macron

Emmanuel Macron fait ses premiers pas sur la scène européenne lors de ce sommet de juin. Une réunion à l’agenda chargé, où le nouveau président, bien accueilli par ses homologues, a tenté de pousser quelques propositions françaises, tout en déclinant sur la scène européenne sa ligne politique du « ni droite, ni gauche », afin de parler à tous.
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Par Nora Hamadi

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« Mettre en œuvre une Europe qui protège » Emmanuel Macron a martelé une fois de plus son credo de la campagne présidentielle, mais cette fois ci, devant ses homologues européens réunis en sommet. Le président de la République n’a pas boudé son plaisir à défendre « ces sujets qui me sont chers pour la France et pour l’Union européenne ».

Le président de la République s’est tout d’abord déclaré satisfait des conclusions de ce sommet sur les questions de défense et de lutte anti terroriste : « Les conclusions sont à la hauteur des enjeux et nous le devons au président de la commission européenne, Jean Claude Juncker ».

Il a également expliqué sa méthode sur la conduite des affaires européennes :  

« Je pense continuer à convaincre. Les sujets européens valent mieux que des coups de mentons. Il faut construire des alliances et des solutions communes (…) ce qui suppose que la France soit exemplaire. Qu’elle fasse ce qu’elle dit, ce qui est la clef de la crédibilité. »

Dans la droite ligne de la nouvelle offre politique mise en œuvre en France,  le chef de l’Etat tente le « ni droite – ni gauche », sur la scène européenne. Fait inédit, il ne compte, pour le moment, s’affilier à aucun parti européen, afin de pouvoir, selon ses conseillers, s’adresser à tous ses homologues au-delà des clivages partisans.

Plusieurs rencontres bilatérales et multilatérales sont prévues à l’agenda en marge de ce premier sommet, dont une, au petit-déjeuner ce vendredi, s’annonce particulièrement tendue, avec les membres du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque). Le Président, fort du succès de la rencontre organisée à Versailles avec Vladimir Poutine, continue de mettre en œuvre sa doctrine : Parler à tous, y compris des choses qui fâchent.  Dumping social, migrations, Europe de la défense, climat… Avec les pays d’Europe de l’Est, les sujets de discorde ne manquent pas, et la récente interview du président de la République à plusieurs quotidiens européens, dont le Figaro, n’a fait que crisper les positions.

« Quand j’entends aujourd’hui certains dirigeants européens, ils trahissent deux fois. Ils décident d’abandonner les principes, de tourner le dos à l’Europe, d’avoir une approche cynique de l’Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs. L’Europe n’est pas un supermarché. L’Europe est un destin commun. »

Emmanuel Macron – Le Figaro

La réaction des intéressés fut immédiate : Beata Szydlo, première ministre polonaise, a évoqué une position « hostile » du président de la république : 

"Le Président Emmanuel Macron veut-il faire le malin dans les médias avec sa réticence envers les pays d'Europe centrale ? Veut-il parler avec nous en se basant sur le fond ou sur des stéréotypes ? Nous sommes ouverts à coopérer avec les Français, mais comment se déroulera notre discussion ? Cela dépendra de Mr le Président Macron" 

Beata Szydlo - Première Ministre polonaise 

 De son côté, son homologue tchèque, Bohuslav Sobotka, a fermement rejeté l’accusation d’utiliser l’Europe comme un supermarché.

 

Macron superstar

 

Emmanuel Macron fut incontestablement l’événement de ce sommet de juin chez les chefs d’États et de gouvernements, ravis pour la plupart de voir arriver le benjamin de cette assemblée, très bien élu face au Front National de Marine Le Pen, et qui vient de largement mettre en marche l’Assemblée nationale. Sous couvert d’anonymat dans les délégations étrangères, on tend à décrire le chef de l’État comme « le Messie », celui qui va réussir à impulser de véritables changements au niveau européen.

La chancelière, à son arrivée, a déclaré être « très contente de travailler » avec Emmanuel Macron. 

« Je crois que la créativité et les nouveaux élans qui viennent d’Allemagne et de France, peuvent être bons pour tous ». 

Même tonalité du côté belge où le Premier Ministre Charles Michel a noté que le président Français «va renforcer le camp de ceux qui veulent relancer le projet européen ». Sur le fond, les positions françaises sont peu ou prou les même que sous l’ère de François Hollande, « mais au moins, Emmanuel Macron n’a pas l’Europe honteuse. Il défend ses positions. » glissait un diplomate.

Relancer le projet européen, faire bouger les pays d’Europe de l’Est, mettre en place des outils de défense commerciaux face au dumping… Emmanuel Macron est aussi la nouvelle coqueluche de la presse étrangère, qui ne tarit pas d’éloges sur le nouveau président français et ses propositions, après cinq années de flottement sous la présidence de François Hollande.

« S’il y a une continuité avec l’ère Hollande, Emmanuel Macron a réussi à créer un récit, un agenda politique fort sur la défense des intérêts européens, et de la souveraineté européenne. Sur la scène internationale et européenne, c'est un sans-faute. Il y a une volonté claire de réaffirmation de la France sur la scène européenne après un quinquennat d'effacement. »

Thierry Chopin, directeur des études de la fondation Schuman.

Mais derrière les paroles, beaucoup d’observateurs disent aussi attendre désormais les actes, pointant l’intense storytelling de l’Elysée.  À Bruxelles, tout le monde se souvient de la curiosité qu’avait suscité François Hollande à sa prise de pouvoir. Avant de voir leur espoir déçu… voire douché.

 

 

 

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