Donald Trump est monté au créneau vendredi contre la France et sa taxe sur les géants américains du numérique en dénonçant "la stupidité" du...
Trump menace le vin français en rétorsion à la taxe Gafa
Donald Trump est monté au créneau vendredi contre la France et sa taxe sur les géants américains du numérique en dénonçant "la stupidité" du...
Par Delphine TOUITOU
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Donald Trump est monté au créneau vendredi contre la France et sa taxe sur les géants américains du numérique en dénonçant "la stupidité" du président Emmanuel Macron et menaçant de rétorsions le vin français, un des produits d'exportation tricolores les plus emblématiques.
"La France vient d'imposer une taxe du numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu'un devait les taxer, cela devrait être leur pays d'origine, les Etats-Unis", a tweeté le président américain.
"Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J'ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français!", a ajouté l'hôte de la Maison Blanche, qui ne boit pas d'alcool.
"J'ai toujours préféré les vins américains aux vins français même si je ne bois pas de vin. J'aime leur aspect. Les vins américains sont super", a également déclaré vendredi le milliardaire républicain depuis le Bureau ovale.
La Maison Blanche a annoncé dans la soirée que MM. Trump et Macron s'étaient parlé par téléphone pendant la journée, ajoutant qu'ils avaient évoqué la taxe française sur les géants du numérique, mais sans préciser si les vins français étaient au menu des discussions entre les deux dirigeants.
L'Elysée a précisé samedi qu'Emmanuel Macron avait insisté, au cours de cet entretien, sur le fait que la taxation des Gafa était "un sujet d'intérêt commun" et pas seulement français, "sur lequel il faut continuer d'agir en vue d'obtenir un large accord international".
Le sommet du G7, à Biarritz (sud-est de la France) du 24 au 26 août, sera "une occasion importante d'avancer" sur cette question, a ajouté la présidence, en précisant que l'entretien avait également porté sur l'Iran.
Un peu plus tôt, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait affirmé que "la France mettra(it) en oeuvre ses décisions nationales".
Le Parlement français avait définitivement adopté le 11 juillet l'instauration d'une taxe sur les géants du numérique, faisant de la France un pays pionnier en matière d'imposition des "Gafa" (acronyme désignant Google, Amazon, Facebook et Apple) et autres multinationales accusées d'évasion fiscale.
Le président américain Donald Trump a laissé entendre le 10 juin 2019 qu'il allait taxer le vin français
AFP
L'administration Trump avait annoncé la veille de cette décision qu'elle lançait une enquête pour mesurer les effets d'une telle taxe sur les entreprises américaines.
Puis, lors du G7 en France il y a deux semaines, Paris et Washington avaient semblé réduire leur contentieux, les ministres des Finances évoquant alors des progrès vers un accord mondial sur la taxation du numérique.
"La taxation universelle des activités digitales est un défi qui nous concerne tous. Nous souhaitons parvenir à un accord sur ce sujet dans le cadre du G7 et de l'OCDE", a souligné vendredi Bruno Le Maire.
- "Outils politiques" -
Le président américain Donald Trump, le 26 juillet 2019 dans le Bureau ovale
AFP
Cette décision unilatérale "démontre le peu d'engagement de la France dans les négociations en cours avec l'OCDE", a pourtant jugé vendredi depuis Washington un porte-parole de la Maison Blanche, Judd Deere.
"L'administration Trump a toujours affirmé qu'elle ne resterait pas les bras croisés et ne tolérerait aucune discrimination à l'encontre des entreprises américaines", a-t-il mis en garde dans un communiqué.
Le représentant américain au commerce (USTR) a déjà lancé une enquête sur les effets éventuels de cette taxe, a-t-il rappelé. Et, l'administration Trump "examine de près tous les autres outils politiques", a-t-il souligné.
La taxe Gafa crée une imposition des grandes entreprises du secteur non pas sur leur bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais sur le chiffre d'affaires, en attendant une harmonisation des règles au niveau de l'OCDE.
Plus tôt, le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, avait qualifié cette taxe de "très, très grosse erreur".
"Nous ne sommes pas contents que la France soit allée de l'avant avec cette sorte d'impôt sur le numérique", avait-il dit sur la chaîne CNBC.
La taxe Gafa impose ces entreprises à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes.
Cette solution a vocation à n'être que temporaire dans l'attente d'un aboutissement de négociations internationales.
En juin, Donald Trump avait déjà laissé entendre qu'il pourrait infliger des taxes douanières supplémentaires au vin français.
Mais il invoquait alors ces droits de douane supplémentaires pour corriger une concurrence jugée "déloyale".
"La France taxe beaucoup le vin et nous taxons peu le vin français", avait alors dénoncé le président américain au cours d'un long entretien sur CNBC.
Le vin français est réputé pour être "très bon", avait aussi commenté l'hôte de la Maison Blanche. Mais les viticulteurs américains se plaignent du fait qu'il entre sur le sol américain "pour rien".
"Ce n'est pas juste, nous allons faire quelque chose pour ça", avait-il alors asséné.
Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.
À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.
Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.
Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.