1er mai: forte mobilisation en France et violences contenues à Paris
Entre 150.000 et 300.000 personnes, militants syndicaux et "gilets jaunes", ont manifesté mercredi dans toute la France, dans une ambiance bon...

1er mai: forte mobilisation en France et violences contenues à Paris

Entre 150.000 et 300.000 personnes, militants syndicaux et "gilets jaunes", ont manifesté mercredi dans toute la France, dans une ambiance bon...
Public Sénat

Par Murielle KASPRZAK, Alexandre HIELARD, Arnaud BOUVIER, avec les bureaux en région

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Entre 150.000 et 300.000 personnes, militants syndicaux et "gilets jaunes", ont manifesté mercredi dans toute la France, dans une ambiance bon enfant en région mais plus tendue et confuse à Paris, où des heurts ont éclaté, et des manifestants ont fait brièvement irruption dans un hôpital.

En France, 164.000 personnes ont manifesté, selon le ministère de l'Intérieur, 310.000 selon la CGT. L'an dernier, entre 143.500 (préfecture) et 210.000 personnes (CGT) ont manifesté.

Dans la capitale, la mobilisation pour la fête des travailleurs a réuni 40.000 manifestants selon un comptage réalisé pour un collectif de médias par le cabinet Occurrence.

"C'est une grande journée de mobilisation", s'est réjoui le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, qui a pourtant dû être exfiltré du cortège en début d'après-midi après avoir été pris à partie par des radicaux.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, n'est pas de cet avis, estimant que la journée a été "volée par la violence de quelques-uns", lors d'un déplacement en début de soirée à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, où a été admis un CRS blessé à la tête.

Des dizaines de participants au défilé ont fait brièvement irruption dans cet hôpital, et certains ont même tenté de pénétrer dans un service de réanimation avant d'être délogés par la police, a dénoncé la direction de l'établissement, qui recevra jeudi la visite de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Certains des intrus avaient des "gestes violents et menaçants", a raconté à France Inter la directrice de l'hôpital Marie-Anne Ruder, qui était présente sur place lors de l'incident. Le personnel est "profondément choqué que l'hôpital puisse devenir une cible", a-t-elle ajouté.

Vitrines brisées, pluie de pavés, feux de poubelles, départs d'incendie, jets de lacrymo, grenades de désencerclement, canons à eau: dès avant le départ officiel du cortège parisien, des échauffourées ont eu lieu entre "black blocs" et police, avant un retour au calme en début de soirée.

Des journalistes de l'AFP ont vu des manifestants être pris en charge par les "street medics".

Alors qu'ils ont défilé côte à côte en province au nom de la "convergence des luttes", des "gilets jaunes" et des militants CGT en sont venus brièvement aux mains à l'arrivée du cortège parisien, a constaté un journaliste de l'AFP.

- 'BenallAnniversaire' -

Alors que le préfet avait ordonné la fermeture des commerces, les tensions se sont d'abord concentrées aux alentours du restaurant La Rotonde, "symbole" macroniste où le candidat d'En Marche avait célébré sa qualification au second tour de l'élection présidentielle.

Un masque d'Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er mai 2019 à Paris
Un masque d'Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er mai 2019 à Paris
AFP

Puis le cortège, mêlant militants syndicaux et "gilets jaunes", s'est mis en marche, parcourant quelque 3 km jusqu'à la place d'Italie qui s'est progressivement vidée à partir de 19H00.

A quelques encablures de là, une centaine de personnes se sont réunies dans la soirée dans une ambiance détendue sur la place de la Contrescarpe -bouclée par les forces de l'ordre- pour le "BenallAnniversaire", certains affublés d'un masque à l'effigie de l'ancien conseiller de l'Elysée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le ministère, qui avait déployé plus de 7.400 policiers et gendarmes, tablait sur "1.000 à 2.000 activistes radicaux".

Dans un quartier de l'Elysée bouclé par crainte des "black blocs", Emmanuel Macron avait invité mercredi 400 professionnels des métiers de bouche et des fleurs pour la traditionnelle remise du muguet, autour d'un somptueux buffet. La veille, il avait réclamé que la réponse aux militants radicaux soit "extrêmement ferme", après des appels sur les réseaux sociaux à transformer Paris en "capitale de l'émeute".

Des policiers passent en courant devant des véhciules de la CGT avant le départ des défilés du 1er mai 2019 à Paris
Des policiers passent en courant devant des véhciules de la CGT avant le départ des défilés du 1er mai 2019 à Paris
AFP

La préfecture de police signalait 330 interpellations à Paris (50 en région) et plus de 15.300 contrôles, et le parquet 254 gardes à vue.

A Paris, Camille, 23 ans, se félicitait de la "grande convergence des luttes" réalisée ce mercredi entre les étudiants mobilisés contre la "réforme Blanquer du lycée" et les travailleurs. Les violences, "c'est devenu habituel depuis la loi travail en 2016".

En région, la journée du travail a été globalement célébrée dans une ambiance festive par les syndicalistes, les "gilets jaunes" et les politiques, mais sous haute surveillance policière. Plusieurs préfectures ont interdit des défilés dans le centre ville, comme à Caen ou à Lyon.

Ils étaient 6.200 à Lyon, 5.500 à Marseille, 3.400 à Nantes, 2.400 à Montpellier, 2.100 à Besançon, 1.800 à Saint-Etienne, 1.600 à Strasbourg, 1.500 à Lille, 1.400 à Dijon, selon la police, et jusqu'à 20.000 à Toulouse, selon la CGT.

Parmi les pancartes, on pouvait lire : "Le peuple déteste Macron", "Merci pour Notre Dame, mais donnez aussi aux Misérables", "Mieux vaut être une cathédrale qu’un gilet jaune", "Macron arrête de nous enfumer".

A Rennes, Fanny 42 ans, aide-soignante et "gilet jaune" de la première heure déplore qu'il n'y ait "plus de postes dans les hôpitaux. L'Etat nous supprime des postes, des matériels. On se retrouve à 4-5 pour gérer 100 personnes. Je suis là pour ça et pour mes enfants".

Malgré leur mobilisation -en ordre dispersé-, les syndicats craignent que leurs revendications ne soient brouillées au milieu des violences.

Partager cet article

Dans la même thématique

1er mai: forte mobilisation en France et violences contenues à Paris
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

1er mai: forte mobilisation en France et violences contenues à Paris
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le