Emmanuel Macron n'a pas déposé de gerbe sur la tombe des 19 militants kanak, tués en 1988 lors de l'assaut de la grotte d'Ouvéa en Nouvelle...
A Ouvéa, Macron joue l’apaisement des coeurs et des mémoires
Emmanuel Macron n'a pas déposé de gerbe sur la tombe des 19 militants kanak, tués en 1988 lors de l'assaut de la grotte d'Ouvéa en Nouvelle...
Par Claudine WERY et Cécile AZZARO
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Emmanuel Macron n'a pas déposé de gerbe sur la tombe des 19 militants kanak, tués en 1988 lors de l'assaut de la grotte d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, mais a été chaleureusement accueilli et remercié par la population touchée par sa présence en "ce moment fort".
Un collectif d'habitants de Gossanah, tribu où se trouve la grotte, mène campagne depuis mi-avril pour s'opposer à la venue de M. Macron, qualifiée de "provocation".
Samedi matin, un barrage filtrant de gendarmes avait été dressé à la hauteur de Gossanah dans le nord de cet atoll, au cas où ce groupe, très minoritaire, aurait souhaité perturber la visite. "On n'a jamais eu l'idée (d'user de) violence, on n'a pas d'arme, juste des drapeaux kanak", a expliqué l'un de ses membres.
Le président Emmanuel Macron, aux côtés de Marie-Claude Tjibaou, assiste le 5 mai 2018 à une cérémonie au mémorial de Wadrilla où ont été assassinés le 4 mai 1989 les deux leaders nationalistes, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné
AFP
Pour "apaiser tout le monde" et "compte tenu de cette voix dissidente", comme il l'a expliqué à son arrivée, Emmanuel Macron est resté de l'autre côté de la route, entouré d'enfants et d'officiels, au moment où les familles des 19 militants ont déposé une gerbe sur le mémorial de Wadrilla.
Dans cette île meurtrie par les violences entre indépendantistes et loyalistes des années 1980, de longs processus de réconciliation et de pardon ont été accomplis avec les gendarmes et entre familles.
Des couronnes ont ainsi été déposées sur trois plaques en granit du monument: celles à la mémoire des deux leaders kanak, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné, et celle de Djubelly Wéa, qui les assassina le 4 mai 1989. Orignaire de Gossanah, ce pasteur aux idées radicales s'opposait à la paix des accords de Matignon, du 26 juin 1988.
- Refermer les plaies -
Le président Emmanuel Macron lors d'une cérémonie à la gendarmerie de Fayaoué à Ouvéa, le 5 mai 2018
AFP
Sur les lieux de ce drame, à la chefferie de Wadrilla, Emmanuel Macron a été accueilli selon les rites coutumiers avec un échange d'offrande -tissus, fleurs, sculptures - dans une ambiance à la fois solennelle et heureuse, compte tenu des nombreux enfants, venus "voir le président".
"J'ai voulu aller plus au contact dans une année importante (un référendum sur l'indépendance a lieu le 4 novembre). Nous savons tous les pleurs et les souffrances et aussi ce qui a été fait par vous tous dans un travail lent et patient", a déclaré M. Macron, en hommage aux démarches des habitants pour refermer les plaies.
M. Macron est le premier chef d'Etat à se rendre à Ouvéa depuis la tragédie et son déplacement intervient trente ans jour pour jour après l'assaut militaire contre la grotte, le 5 mai 1988.
Emmanuel Macron is in New Caledonia, for the second leg of the president's trip to the Pacific, six months before the referendum on the independence of the island.
AFP
Sous les applaudissements de plusieurs centaines d'habitants, le président a planté un cocotier, symbole de vie dans la culture kanak. Il avait à ses côtés un des fils d'Alphonse Dianou, chef du commando FLNKS qui attaqua, le 22 avril 1988, la brigade de Fayaoué et fut tué lors de l'assaut le 5 mai dans des conditions controversées.
Auparavant, Emmanuel Macron a rencontré, à huis clos les familles qui souhaitaient le voir. "Des moments intenses, des gens ont versé des larmes", selon l'Elysée.
Sa visite "n'est pas une provocation, il vient sur l'île pour rendre hommage", s'est félicité un habitant de cet atollau à la plage longue de 25 kilomètres.
"Je lui tire mon chapeau, ça fait trente ans qu'il y a eu les événements, il n'y a que lui qui a foulé le sol d'Ouvea. (...) La France vient s'agenouiller pour nos martyrs c'est pas n'importe quoi", a confié à l'AFP Kaco, un habitant de la tribu de Banutr.
Le président français Emmanuel Macron à Ouvéa le 5 mai 2018
AFP
Mais un autre, qui a préféré rester anonyme, a estimé, drapeau kanak à la main, que le chef de l'Etat venait "humilier nos morts".
Entouré des élus locaux et des responsables coutumiers kanak d'Ouvéa, le chef de l'Etat avait entamé la matinée par un dépôt de gerbe à la gendarmerie de Fayaoué à la mémoire des quatre gendarmes tués le 22 avril lors de l'attaque de la brigade, et des deux militaires morts pendant l'assaut.
Des élèves du collège ont ensuite entonné la Marseillaise puis l'hymne calédonien dans cette petite brigade située face au lagon de cet atoll, parmi les plus beaux du Pacifique.
Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.
A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.
C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.
Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.