Le week-end a laissé des cicatrices, et les maires entendent bien obtenir des explications. Dimanche 18 octobre, au lendemain d’une journée nationale contre la vie chère qui a viré, dans de nombreuses villes, au chaos, aux pillages et aux dégradations, plusieurs édiles sont montés au créneau. Ceux de Paris, Lyon et Marseille, rejoints par celui de Limoges, réclament des comptes à l’exécutif. Les trois premiers seront reçus par le Premier ministre.
Dans un communiqué publié dimanche, l’AMF « condamne totalement » ces agressions et ce vandalisme, dont la violence « franchit un seuil inacceptable » lors de manifestations qui, elles, ont respecté l’ordre public. L’association estime qu’au-delà des institutions, ce sont « les libertés publiques de tous les Français » qui sont attaquées. Elle exprime sa solidarité aux maires, à leurs équipes, aux habitants et aux commerçants touchés (…) Elle appelle les maires et les conseils municipaux à se rassembler devant les mairies, avec les forces vives qui le souhaitent, lundi à partir de midi, ou plus tard dans la journée. Pour l’AMF, la priorité est désormais « au rétablissement de l’ordre ».
Les mairies, symboles pris d’assaut
Plusieurs hôtels de ville ont en effet été visés. À Marseille, plusieurs dizaines de casseurs ont enfoncé la porte et se sont introduits quelques minutes dans le hall de la mairie, en criant « c’est la Révolution, on prend la Bastille ». À Angers, un groupe est entré dans l’enceinte de l’hôtel de ville, causant des dégâts. À Lille, des manifestants ont forcé plusieurs entrées et pénétré dans une partie des locaux, qu’ils ont saccagé avant de s’enfuir. À Limoges, un incendie s’est propagé sur le beffroi de l’hôtel de ville, le feu a atteint le toit, qui s’est en partie effondré.
Les élus serrent les rangs
Ce lundi, de nombreux élus locaux se retrouvent au pied de leur mairie. À Paris, une délégation de parlementaires socialistes est attendue. Le candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann sera lui aussi présent « en soutien », selon son entourage. Sur l’esplanade de l’hôtel de ville, Emmanuel Grégoire a pris la parole au milieu d’un cortège d’élus. Depuis Bordeaux, Thomas Cazenave s’est également exprimé, tout comme Arnaud Deslandes à Lille. Pour ces élus, la fonction de maire les place au plus près du terrain, en première ligne quand la colère déborde.