"Un chef, une équipe", mais déjà des positions dissonantes: des ténors des Républicains, y compris des proches de Laurent Wauquiez, ont refusé...
Cacophonie à LR sur l’appel à la démission de Darmanin
"Un chef, une équipe", mais déjà des positions dissonantes: des ténors des Républicains, y compris des proches de Laurent Wauquiez, ont refusé...
Par Baptiste PACE
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"Un chef, une équipe", mais déjà des positions dissonantes: des ténors des Républicains, y compris des proches de Laurent Wauquiez, ont refusé de reprendre à leur compte l'appel officiel du parti à la démission du ministre Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol.
Sollicité par l'AFP, l'entourage du président de LR, Laurent Wauquiez, a confirmé mardi que l'appel à la démission formulé la veille par la porte-parole du parti Laurence Sailliet était bien la position officielle du parti.
La justice a récemment rouvert à Paris l'enquête sur une accusation de viol visant M. Darmanin pour des faits présumés remontant à 2009 qu'il conteste vigoureusement, avec une plainte pour dénonciation calomnieuse. Une première plainte mi-2017 avait été classée sans suite.
Devant les députés LR mardi matin, M. Wauquiez a souligné les "incohérences" de l'exécutif, alors que quatre ministres dont le nom était cité dans des affaires ont quitté le gouvernement.
"On a demandé à M. Bayrou de démissionner, on a demandé à M. Ferrand de démissionner, on a demandé à Mme de Sarnez de démissionner et on demande à M. Darmanin de rester à son poste. On ne peut pas, sur un sujet aussi sensible, zigzaguer comme le fait le gouvernement", a appuyé le député Daniel Fasquelle.
Alors que l'exécutif soutient le ministre des Comptes publics, plusieurs responsables de LR ont fait savoir qu'ils ne partageaient pas la position du parti.
"Je ne voudrais pas non plus que Les Républicains soient à la tête de la bronca, parce que je vois très bien comment certains chez nous (...) y verraient peut-être à bon compte un petit règlement de compte avec un ministre qui nous a trahis en +passant à l'ennemi+", a déclaré le député LR Philippe Gosselin.
M. Darmanin a été exclu de LR après avoir intégré le gouvernement, puis adhéré au parti présidentiel LREM.
L'ex-président Nicolas Sarkozy, et le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, alors maire de Tourcoing, lors d'une visite dans un cabinet médical de la ville, le 29 janvier 2015
AFP/Archives
Lundi soir, Nicolas Sarkozy lui a "témoigné affection et amitié", selon l'entourage de l'ancien chef de l’État, lors d'un dîner à Bercy prévu depuis longtemps avec l'équipe de campagne de la primaire de la droite de 2016.
"Je ne vois pas en quoi Gérald Darmanin devrait aujourd'hui démissionner", a estimé mardi le vice-président de LR Guillaume Peltier pour qui, "quand la tyrannie du bruit médiatique et de la rumeur l'emporte sur la présomption d'innocence, c'est la démocratie qui est abîmée".
Le député Guillaume Larrivé a également signifié son désaccord, refusant tout "tribunal médiatique". Mardi, le député Éric Ciotti a invoqué "la présomption d'innocence", refusant lui aussi "les procès médiatiques", avec une référence à l'affaire Fillon.
"L'accusation ne vaut pas jugement. Je ne dis pas que ça ne pèse pas (...) mais on ne peut pas juger avant les juges", a ajouté Éric Woerth, lui-même blanchi par la justice dans plusieurs affaires.
- "En âme et conscience" -
"La décision de son maintien est à M. Darmanin, en son âme et conscience, avec le président de la République", a prudemment déclaré le chef de file des députés LR Christian Jacob.
Au cours des dix dernières années, plusieurs membres de gouvernement ont fait l'objet de diverses plaintes, sans qu'ils n'aient été contraints à démissionner pour autant.
En novembre 2010, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) avait ainsi saisi la Cour de Justice de la République d'une requête pour diffamation envers une religion contre Nadine Morano, alors ministre déléguée chargée de l'Apprentissage. La CJR avait classé sans suite la plainte un mois plus tard.
Le Mrap avait également poursuivi Brice Hortefeux devant un tribunal correctionnel pour avoir dit en 2009, à propos des Arabes: "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". L'ex-ministre de l'Intérieur a été relaxé.
De même, en 2011, l'association avait engagé une procédure devant la CJR contre le ministre de l'Intérieur de l'époque, Claude Guéant, pour avoir lié l'immigration comorienne à Marseille aux violences dans la ville. Sa plainte n'avait pas été retenue.
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