Corse: à Belgodère, les nationalistes incarnent espoir et proximité
Belgodère, village de Haute-Corse, sa plage de sable fin, sa population multipliée par six en été. Ses 408 électeurs ont voté dimanche au...

Corse: à Belgodère, les nationalistes incarnent espoir et proximité

Belgodère, village de Haute-Corse, sa plage de sable fin, sa population multipliée par six en été. Ses 408 électeurs ont voté dimanche au...
Public Sénat

Par Maureen COFFLARD

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Belgodère, village de Haute-Corse, sa plage de sable fin, sa population multipliée par six en été. Ses 408 électeurs ont voté dimanche au premier tour des territoriales à 90,22% pour la coalition nationaliste, source, selon eux, d'espoir et de concret.

"Moi j'ai voté pour le parti nationaliste. Je ne suis pas corse, je vote ni pour la couleur, ni pour l'autonomie ou l'indépendance, je vote pour des gens qui, je pense, sont porteurs de beaucoup de projets, de concret, qui sont porteurs d'un avenir un peu plus serein", confie à l'AFP Jean-Paul Pernet, l'unique médecin du village installé depuis vingt ans et qui officie également dans quatorze villages alentour.

Au Café de de la Paix de Belgodère, en Haute-Corse, des clients discutent des résultats du premier tour des territoriales, le 4 décembre 2017
Au Café de de la Paix de Belgodère, en Haute-Corse, des clients discutent des résultats du premier tour des territoriales, le 4 décembre 2017
AFP

Il explique qu'une maison de santé va ouvrir prochainement à 17km, à l'Ile Rousse, dans laquelle il travaillera tout en conservant son cabinet à Belgodère où d'autres confrères viendront consulter. Un projet synonyme d'offre de santé élargie tout comme une maison d'accueil de jour pour personnes âgées, attendue dans les mois à venir.

"La population a envie de changement, de se sentir rassurée, défendue", estime le Dr Pernet, pointant "l'isolement et l'éloignement des villages, qui contribuent à la difficulté de vivre en Corse".

- 88,2% de participation -

Ce premier tour des territoriales, qui a vu la coalition nationaliste Pè a Corsica (Pour la Corse) des autonomistes de Gilles Simeoni et des indépendantistes de Jean-Guy Talamoni arriver nettement en tête avec 45,36% des voix, a été marqué par un taux d'abstention à 47,83%, en hausse de 7 points par rapport aux précédentes territoriales de décembre 2015.

Mais à Belgodère, village à flanc de colline avec une vue imprenable sur la mer et les sommets enneigés, la participation a atteint 88,2%.

"Ici c'est une question de confiance, envers notre maire. Les gens s'impliquent beaucoup" dans la vie du village et veulent la défense "des commerces, du médecin, de la vie rurale qui est en train de disparaître", explique Gaspard Pardon.

Comme cet employé communal de 43 ans, plusieurs habitants saluent l'action de leur maire nationaliste, Lionel Mortini, élu depuis 2001 et présent à la 19e place sur la liste Pè a Corsica.

- "Une baffe aux partis classiques" -

Une rue du village de Belgodère, en Haute-Corse, le 4 décembre 2017
Une rue du village de Belgodère, en Haute-Corse, le 4 décembre 2017
AFP

"Les gens soutiennent le travail qui a été fait à leur service tous les jours. Aujourd'hui, Paris doit comprendre que la Corse ce n'est pas un bout de l'Ardèche ou de la Corrèze et qu'il faut travailler autrement et évidemment avec un statut d'autonomie pleine et entière", fait valoir l'édile nationaliste, ajoutant: "l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour". "Il faut retrouver cette proximité", martèle-t-il.

Sur la paisible microplace du village, face à l'église baroque, deux cafés accueillent les visiteurs: "Le café de France" et "Le café de la Paix".

Au-dessus, au bout d'un dédale escarpé d'allées étroites donnant accès à un panoramique, une maison affiche à son portail le drapeau "Ribellu" blanc avec un homme cagoulé en arme, symbole de la lutte armée.

Au café de la Paix, on sert à la bonne franquette du veau aux olives qui a gambadé dans la vallée voisine.

"On est une île avec des problèmes de chômage, de salaires, de coût de la vie très cher, on espère que tout ça va être régularisé, qu'on aura peut-être une meilleure vie", avance Pascale Casanova, 55 ans, en servant les clients du bar.

"Ici dans les villages, beaucoup sont nationalistes mais beaucoup votent parce qu'ils veulent que les choses changent (...) que ça donne une baffe aux autres" partis classiques qui "n'ont soif que de pouvoir et ne savent pas ce que vit le peuple et ce que l'on vit en Corse particulièrement", affirme-t-elle.

Pour Emilie, 61 ans, qui ne souhaite pas donner son nom, "s'il y avait du respect mutuel, il n'y aurait pas ces questions d'indépendance ou d'autonomie".

Pauline Boilly est étudiante de 22 ans en droit à l'université de Corte et membre du comité des fêtes de Belgodère. Elle a voté nationaliste. "Avec eux, ça va bouger", s'enthousiasme-t-elle.

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