PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
Credit:Romuald Meigneux

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.
Mathilde Nutarelli

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« François Hollande n’est pas là, et pourtant il pleut », a ironisé Edouard Philippe. Le premier débat de la campagne présidentielle a eu lieu à Roland Garros, aux universités de rentrée du Medef, qui avait déployé son toit pour protéger participants et spectateurs des trombes d’eau qui se sont soudainement abattues sur la région parisienne. Invités à répondre à cinq entrepreneurs sur des sujets tels que la dette publique, la réindustrialisation ou encore le coût du travail, sept candidats à l’élection ont eu du mal à respecter le temps de parole qui leur était alloué. Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont partagé la scène pendant plus de deux heures.

« Il y a eu des échecs et des erreurs économiques »

En introduction du débat, les sept candidats ont pu présenter leur programme en deux minutes. Edouard Philippe a axé son propos introductif sur la réduction du déficit grâce à l’allongement du temps de travail, la politique de l’offre en effaçant 50 milliards d’impôts de production et 50 milliards d’aides aux entreprises, et une politique d’infrastructures. Son adversaire du bloc central, le candidat Renaissance Gabriel Attal a commencé par ce qui ressemblait à un mea culpa : « Il y a eu des échecs et des erreurs économiques » lors des quinquennats d’Emmanuel Macron. La dissolution, qui a mené à « la fin de dix ans de politique de l’offre », de « mauvaises décisions sur le logement et le bâti », ou encore « l’échec d’un engagement à libérer les énergies », ont été citées par l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron.

Bruno Retailleau a fustigé un « Etat bureaucratique vorace […] qui prend les entreprises pour des vaches à lait ». Il a appelé de ses vœux « des ruptures », alors que « la France est au bord de la faillite ».

« L’écologie est la condition de la liberté »

Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique, a lui proposé un « nouveau contrat patriotique », articulé autour de trois axes : « une révolution écologique et industrielle, une société de travailleurs contre la société actuelle de rentiers et d’héritiers et une révolution technologique ». « Une chose est mon combat : la souveraineté de notre pays », a affirmé le député européen. Le combat porté par sa camarade de gauche, l’écologiste Marine Tondelier, s’est articulé autour de la notion de liberté. « L’écologie est la condition de la liberté », a-t-elle martelé devant un parterre de patrons, qu’elle a engagé à réfléchir sur le coût de l’inaction climatique. « Une journée de canicule coûte autant qu’une journée de grève », a-t-elle martelé.

« L’économie n’est pas hors sol, elle s’inscrit dans l’identité économique de la France »

« L’économie n’est pas hors sol, elle s’inscrit dans l’identité économique de la France. Elle s’appuie sur les entreprises, la nation et l’Etat », a défendu Marine Le Pen devant les entrepreneurs. La candidate du Rassemblement national ne devait pas rater cet exercice de séduction envers le patronat, elle qui est généralement moins appréciée des milieux économiques que le plus libéral Jordan Bardella.

« Si vous n’augmentez pas las salaires, la France va tomber en récession »

Celui qui n’avait rien à perdre était sans doute Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de la France Insoumise, qui avait promis de « dire leurs quatre vérités » aux patrons leur a exposé un programme en trois points : le « retour de l’Etat » via la « planification écologique », un « crédit facile », permis par un pôle bancaire public, et une augmentation des salaires. « Si vous n’augmentez pas las salaires, la France va tomber en récession » a-t-il averti.

Sur la dette : « Nous avons un débat, ne le caricaturons pas »

L’un des sujets qui a le plus occupé les candidats est celui de la dette publique. Ce thème est au cœur des discussions en cette rentrée, à quelques semaines du début des débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Il faut dire aussi que la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler la partie de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Les candidats ont pu se positionner ce jeudi après-midi sur le sujet de la réduction de la dette de l’Etat.

Le leader de la France Insoumise a défendu sa proposition, dénonçant des « caricatures » de la part de ses opposants. « Je trouverai des alliés en Europe, dans les pays latins et sûrement en Allemagne », a argumenté Jean-Luc Mélenchon, « nous avons un débat, ne le caricaturons pas ». Mais ses arguments n’ont pas convaincu ses adversaires, notamment Edouard Philippe, qui lui a répondu : « Vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire. Elle tient ses comptes et va y remettre de l’ordre ».

« Il faut assumer que la majorité de nos économies soient être faites sur nos dépenses sociales »

Le candidat Horizons, pour baisser la dette publique, mise sur une réduction de la dépense sociale, via une réforme des retraites. Il a également plaidé pour une « règle d’or » contraignant le Parlement à respecter l’équilibre des finances publiques. C’est aussi dans cette ligne que s’inscrit son concurrent du bloc central Gabriel Attal, qui propose de « revenir sous les 3 % de déficit en 2032 et à l’équilibre en 2037 ». Pour cela, il mise aussi sur une réforme du modèle social : « Il faut assumer que la majorité de nos économies soient faites sur nos dépenses sociales : assurance maladie, arrêts maladie, assurance chômage. Il faut assumer de changer profondément notre système social », a-t-il affirmé.

A gauche, ces mesures ont fait bondir Marine Tondelier. La candidate écologiste a alerté contre des propositions « dangereuses », qui « aggravent la fracture sociale dans le pays ». Son concurrent à gauche, Raphaël Glucksmann, a plaidé pour une réduction de la dette via « des économies » et une « taxation des plus hauts patrimoines ». « La dette publique vient de la désindustrialisation des années 80-90, on ne produit pas assez de richesses. Il faut rapatrier des usines, protéger nos producteurs de la concurrence déloyale », a-t-il proposé.

« Le premier qui doit faire un effort c’est l’Etat »

Marine Le Pen a mis en cause l’Etat. « Le premier qui doit faire un effort c’est l’Etat, il doit baisser drastiquement son train de vie », a-t-elle défendu. La candidate d’extrême-droite a proposé d’inscrire une « règle d’or » dans la Constitution pour respecter les équilibres budgétaires. Elle a dressé les grandes lignes de son « programme de redressement économique » à 125 milliards d’euros d’économies, qu’elle veut trouver sur l’immigration, la réduction des agences de l’Etat, ou encore l’arrêt de la contribution de la France à l’Union européenne.

Les agences de l’Etat ont également été prises pour cible par Bruno Retailleau, qui a proposé de les supprimer ou tout au moins de demander tous les trois ans une justification de leur existence. Le candidat les Républicains a en outre proposé de réduire « de 250 à 300 000 fonctionnaires ». « Le statut pour le régalien, le contrat pour les autres », a-t-il avancé.

Les retraites au cœur des débats

Le sujet de la réforme des retraites est un axe majeur de la campagne présidentielle. La réforme Borne de 2023, suspendue en 2026, devrait être rediscutée lors de cette échéance. Les candidats ont détaillé leur projet sur le sujet.

Sans surprise, la gauche propose d’abroger la réforme Borne, jugée « injuste » par Raphaël Glucksmann. « Il y a eu un conclave et la CFDT et d’autres organisations patronales étaient proches d’un accord, vous avez fait une erreur », a lancé le candidat Place publique aux patrons du Medef assis devant lui. Le conclave s’était soldé par un échec après l’impossibilité de trouver un compromis entre partenaires sociaux. Le député européen propose, à rebours de son concurrent insoumis, de « travailler plus longtemps », mais « sans réponse universelle ». Il propose de baser les critères sur la pénibilité. Jean-Luc Mélenchon, lui, propose un retour de l’âge légal à 62 puis 60 ans. « Ceux qui travaillent plus vieux ne travailleront pas, parce qu’ils seront malades ou au chômage », a plaidé l’ancien sénateur. Il a défendu la nécessité des seniors de rester à la retraite : « Le temps des retraités c’est du temps civique, familial associatif. Ce temps que vous voulez capter il manquera à la société, à la vie civique, de famille ».

A droite, les candidats sont unanimes sur la nécessité de réformer le système de retraites. A la fois Gabriel Attal, Edouard Philippe et Bruno Retailleau veulent introduire une dose de capitalisation et reculer l’âge légal de départ. Le leader des Républicains a proposé de « lier l’âge de la retraite à l’espérance de vie à la retraite ». Le président de Renaissance a plaidé pour un « nouveau système universel libre qui se fonde sur la durée de cotisation ». Il a fustigé un système que les gouvernements tentent de réformer année après année. « Le problème ce ne sont plus les paramètres, c’est le système », a-t-il affirmé.

Très attendue sur la question, Marine Le Pen a défendu sa réforme des retraites qu’elle veut comme une « incitation » : une cotisation de 40 annuités pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans, puis progressivement pour ceux ayant commencé à travailler avant 24 ans jusqu’à 42 ans de cotisation, donc un départ à 62 ans.

Vers 20 heures, quand le débat s’est terminé, la pluie avait aussi cessé.

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