En Haute-Garonne et dans le Rhône, La France Insoumise gagne ce soir deux sièges au Sénat pour la première fois. Mais à quel groupe se rattacheront-ils ?
Une victoire inattendue
En Haute-Garonne, la liste de Marc Péré est élue au second tour avec 13,75% des voix derrière celle de Pierre Medevielle (Union république et territoires) avec 31,61% et celle de l’élu PS Thierry Suaud qui a récolté 25,56% des voix. Une victoire alors même que La France Insoumise avait perdu les dernières élections municipales à Toulouse face à Jean-Luc Moudenc, divers droite. Dans le Rhône, le gendre de Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Amard gagne aussi un siège sur les sept, avec 10,09% des voix.
Malgré une percée de La France Insoumise lors des élections municipales avec la prise de plusieurs villes comme Roubaix, Creil ou encore Saint-Denis, le récent intérêt du parti pour la politique locale ne promettait pas une victoire aux sénatoriales cette année. S’il n’y a pas encore de groupe LFI au Sénat, c’est parce que « 95% du corps électoral ce sont des maires et des élus municipaux donc le poids est très important. Quand vous n’avez pas d’implantation locale, c’est très difficile d’obtenir un siège », explique Stéphane Vernay, rédacteur en chef délégué de Ouest France à Paris, sur le plateau spécial Sénatoriales de Public Sénat. Aussi, selon lui, LFI n’aurait eu des sénateurs que dans trois ans, soit au prochain renouvellement de la moitié de l’hémicycle.
« Ils n’ont pas leur place au groupe écologiste », affirme Yannick Jadot
Toutefois, pour espérer créer un groupe au Sénat, il faut avoir un minimum de 10 sénateurs. Aussi, un sénateur qui ne fait pas partie d’un groupe, ce qui sera le cas de ces élus LFI, peut être rattaché à un autre groupe. Ici, Yannick Jadot, sénateur écologiste, refuse d’intégrer des élus membres de LFI. « Si on a des élus qui se revendiquent de la France Insoumise, ils n’ont pas leur place au groupe écologiste », scande-t-il. Selon lui, si « sur certains aspects ils sont de gauche », sur plusieurs sujets ce n’est pas le cas : « est-ce qu’être anti-européen, considérer que le parti communiste chinois est un parti démocratique, soutenir quand même plutôt Poutine ou en tout cas considérer que Zelensky est responsable de tous nos problèmes… Est-ce que c’est être de gauche ? Je ne le crois pas », affirme-t-il au micro de Public Sénat.
Aussi, ces deux nouveaux élus de La France Insoumise devront rejoindre un groupe, qui, pour le moment, reste inconnu. Le groupe écologiste doit toutefois encore se réunir fin de semaine prochaine pour prendre une décision officielle.