Exsangue, l’écologie politique réfléchit à son avenir
Sortie exsangue d'une année électorale qui l'a pourtant régulièrement placée au premier plan, l'écologie politique entame une longue phase de...

Exsangue, l’écologie politique réfléchit à son avenir

Sortie exsangue d'une année électorale qui l'a pourtant régulièrement placée au premier plan, l'écologie politique entame une longue phase de...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

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Sortie exsangue d'une année électorale qui l'a pourtant régulièrement placée au premier plan, l'écologie politique entame une longue phase de réflexion sur son avenir, au sein ou au delà d'Europe Ecologie-Les Verts.

Après avoir abandonné en cours de route la course à la présidentielle puis perdu la totalité de ses députés à l'Assemblée nationale, Europe Ecologie-Les Verts est en "reboot", reconnaît son patron, David Cormand. "On a deux ans pour réfléchir, d'une certaine manière, c'est une opportunité extraordinaire pour nous, partir de cette page blanche", analyse-t-il, parlant même d'un "moment historique déterminant pour l'écologie".

Deux ans, c'est le laps de temps disponible avant l'organisation des premières élections intermédiaires, les européennes en 2019. "Ca nous donne le temps de parler du fond sans parler des candidats", explique Yannick Jadot, candidat EELV à la présidentielle qui s'est désisté au profit de Benoît Hamon. "Ca va nous obliger à réinventer une offre politique", abonde David Cormand.

Avec nombre de handicaps cependant. "Une grosse moitié de financement public" en moins qu'en 2012, où le parti comptait non seulement deux groupes parlementaires mais aussi quatre fois plus de conseillers régionaux qu'aujourd'hui. Mais aussi des adhérents plus volatils que jamais: environ 4.000 actuellement, soit 2.000 de moins qu'à la dernière rentrée.

Yannick Jadot (EELV) à Rennes, le 14 avril 2017
Yannick Jadot (EELV) à Rennes, le 14 avril 2017
AFP/Archives

Mais, se rassure la porte-parole d'EELV, Sandra Régol, "nos idées progressent même si on est mal représentés à l'Assemblée nationale". De premières bases de reconstructions seront présentées par le parti lors de ses journées d'été à Dunkerque entre le 24 et le 26 août.

"Je n'ai pas de visibilité sur la suite", avoue le député européen Pascal Durand qui pensait que "la dynamique pouvait se mettre en place autour de la candidature de Benoît Hamon, que les valeurs, les idées qu'on défendait depuis longtemps commençaient à être reprises".

- 'Une maison commune' -

Ce proche de Nicolas Hulot conserve ses distances avec EELV qu'il a quitté il y a plusieurs années. Mais il estime que la notion d'écologie politique a encore besoin d'un réceptacle spécifique. "Ce n'est pas l'écologie reprise en petits bouts qui constituent des accessoires plus ou moins importants d'un programme, c'est une vision globale de société que nous portons où tout est lié", décrypte-t-il.

Pour M. Jadot, l'urgence est de "créer une maison commune", avec "ouverture et modestie". Il évoque un "pôle politique" déjà existant "autour de socialistes, d'écologistes, de centre-gauche, de communistes". "Toute une partie de ces personnes ont apprécié le projet de Benoît Hamon mais ne se retrouvent dans aucune formation politique", estime-t-il.

"Depuis qu'on est nés, on est endigués par les autres forces politiques, je ne veux pas m'enfermer dans les +on discute avec qui?+", tranche David Cormand. "C'est quoi le projet écolo ? Après on verra avec qui on va le faire", ajoute-t-il, soucieux de "changer la forme EELV du tout au tout".

Mais, alors qu'En Marche! et, dans une moindre mesure, La France insoumise ont prouvé l'efficacité électorale de nouvelles formes politiques, quelle structure pour cette "maison commune"?

"La forme parti s'est rabougrie, mais un mouvement politique qui se veut sincèrement démocratique, ce n'est pas un système avec un chef", détaille Yannick Jadot. De LFI et REM, David Cormand de son côté ne reprendrait "rien". "C'est de la fausse horizontalité", déplore-t-il.

Pour autant, et malgré sa "sympathie", il ne se rendra pas au lancement du mouvement de l'ex-candidat PS le 1er juillet car "Benoît Hamon ne sortant pas du Parti socialiste, son mouvement n'incarne pas la recomposition".

"Difficile de lancer quelque chose qui ne soit pas vu comme le démarrage d'une nouvelle écurie", commente Pascal Durand, qui voit néanmoins "une première pierre" dans l'initiative du socialiste.

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