Reception of party leaders at Matignon
Crédit : Alexis Jumeau/SIPA

[Info Public Sénat] Sénatoriales 2026 : François Patriat, fidèle d’Emmanuel Macron, ne se représente pas

Le président du groupe RDPI du Sénat a décidé de ne pas se représenter en septembre prochain. Le sénateur Renaissance de la Côte-d’Or laisse ainsi derrière lui plus de 50 ans de vie politique, une présidence de groupe et un siège, que l’ancien maire de Dijon, François Rebsamen, devrait viser.
François Vignal

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C’est une page qui se tourne au Sénat. François Patriat, fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, a décidé de raccrocher les crampons. Le président du groupe RDPI (Renaissance) ne va pas se représenter, lors des élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Il en a fait l’annonce par une lettre, ce mardi 23 juin, que publicsenat.fr a pu consulter. Avant cela, il a fait part de sa décision au président de la République.

« Au moment de tourner cette page essentielle de ma vie… »

« C’est avec beaucoup d’émotion et de gratitude, après mûres réflexions, que je prends la décision de ne pas présenter ma candidature en septembre aux élections sénatoriales », écrit le sénateur de Côte-d’Or dans cette lettre adressée aux maires de son département. « Ma décision, si difficile soit-elle, est une décision de lucidité, de sagesse et de responsabilité. Je n’ai jamais recherché les honneurs mais plutôt l’envie d’agir constamment et efficacement », écrit le président du groupe macroniste. Il ajoute : « Au moment de tourner cette page essentielle de ma vie, j’ai eu la chance d’exercer mes fonctions avec une multitude de femmes et d’hommes qui m’ont aidé à les accomplir ».

Le sénateur de la Côte-d’Or, élu depuis 2008 et à la Haute assemblée, soit bientôt 18 ans, laissait planer le doute depuis plusieurs semaines. Si l’envie restait intacte, François Patriat confiait se poser des « questions éthiques », liées à son âge. A 83 printemps au compteur, il est aujourd’hui le vice-doyen du Sénat. Ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner encore les kilomètres à vélo dans sa Bourgogne, terre refuge et d’élection pour l’ancien président de la région. Une vivacité qui laisse songeur certains de ses collègues. Un sénateur de son groupe ne cachait pas, il y a peu, qu’il aimerait être aussi fringant que lui au même âge…

Son retrait laisse le champ libre au retour de François Rebsamen

Des questions plus politiques se sont mêlées à l’histoire. Son parti, Renaissance, est sûr de perdre un siège avec le retrait de l’éphémère ministre de l’Agriculture de Lionel Jospin. Surtout, un autre François, François Rebsamen, ne cache pas être prêt à faire son retour au Sénat via la Côte-d’Or (lire notre article sur le sujet). Mais l’ancien maire de Dijon conditionnait sa décision à celle de François Patriat. Il n’irait pas l’un contre l’autre. Ces deux frères, un coup amis, un autre ennemis, voulaient éviter un duel qui serait allé dans le mur. Le retrait de François Patriat laisse ainsi le champ libre à François Rebsamen, qui connaît bien le Sénat pour en avoir été le président du groupe socialiste, avant de se rapprocher du chef de l’Etat.

En ne se représentant pas, François Patriat va aussi laisser vacante sa place de président de groupe. Deux noms sont déjà évoqués pour prendre sa succession : Xavier Iacovelli, vice-président du Sénat, sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine, un soutien de Gabriel Attal. Et Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l’Yonne et ancien ministre du premier quinquennat Macron. Un ancien socialiste et un ancien LR, à l’image du « en même temps » macroniste.

Prêt à défendre Emmanuel Macron, contre vents et marées

Avec 51 années de vie politique, dont 37 de parlementaire, François Patriat incarne ces professionnels de la politique, qu’on voit de moins en moins, qui donnent toute une vie à la chose publique, avec son lot de mandats et de cumul dans le temps. Historiquement socialiste, strauss-kahnien, avant l’explosion en plein vol de l’ancien patron du FMI, François Patriat a ensuite trouvé en Emmanuel Macron la terre promise qui mena cette lignée de sociale-démocrate tendance « réalo » au pouvoir, aux côtés de membres de l’UMP, venus de l’autre rive de la République.

Sa fidélité au chef de l’Etat est ensuite sans faille, prêt à en découdre et à le défendre, contre vents et marées. Même lors d’un grave accident de la route un jour, à peine sorti de sa voiture, c’est le chef de l’Etat qu’il a au bout du fil, qui va lui envoyer les secours.

« J’aime le Bordeaux, mais je préfère le vin »

Amateur de bons vins, de Bourgogne évidemment – « j’aime le Bordeaux, mais je préfère le vin », peut-il lâcher à table, où il n’est pas avare de plaisanteries et de piques acérées contre le reste de la classe politique – François Patriat va aussi pouvoir, en quittant le Sénat, s’adonner à son autre passion : la chasse. A moins qu’il ne prépare la suite ? Ces derniers mois, il aimait dire, sourire en coin, que le fond d’écran de son ordinateur affichera #Macron2032 dès que le chef de l’Etat aura quitté l’Elysée. S’il ne devait en rester qu’un, le dernier des macronistes, ce sera lui.

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