Nuit la plus chaude, 500 records dans la journée, 28ème vague de chaleur en quinze ans… les chiffres fous de la canicule en France
Par Christian Mouly
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La canicule est loin d’être finie, mais déjà les records tombent. Les températures exceptionnelles, parfois jamais atteintes, qui ont frappé le pays ce lundi 23 juin pourraient encore s’étendre mardi en fin d’après-midi et se prolonger jusqu’en fin de semaine, avec des pics jusqu’à 44 °C dans le sud-ouest.
Au vu de ces valeurs inédites pour un mois de juin, Sébastien Lecornu a convoqué ce mardi matin une nouvelle cellule interministérielle de crise. Le Premier ministre a annoncé la mort de 40 personnes par noyade, « essentiellement des jeunes », depuis le 18 juin, début de la vague de chaleur qui pousse les Français à se rafraichir dans les cours d’eau accessibles, parfois au mépris du danger et des interdictions de baignade. Deux enfants de 2 et 4 ans ont également été retrouvés morts de chaud, lundi, dans la voiture de leurs parents à Carpentras.
Après une première vague de chaleur inhabituelle fin mai, cette canicule est d’une intensité « exceptionnelle, similaire à celle d’août 2003 », qui avait fait près de 15 000 morts en France, « mais de durée encore incertaine », selon Météo-France. Public Sénat fait le point ce mardi sur les principaux chiffres qui démontrent l’ampleur de cette vague de chaleur.
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21,6° : la nuit la plus chaude jamais enregistrée
Météo France l’a annoncé ce matin, la nuit de lundi à mardi a été la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des mesures en 1947. L’indicateur thermique national (ITN) des températures minimales de la nuit, valeur moyenne sur 30 stations réparties sur le territoire, est de 21,6 °C. Le précédent record était de 21,4 °C et remontait au 25 juillet 2019.
Il s’agit là d’une moyenne des valeurs minimales, par définition bien en deçà du ressenti de chaleur sur l’ensemble de la nuit. La plus haute température minimale relevée cette nuit était de 28,7 °C à Pouzauges (Vendée). Ailleurs plusieurs records absolus ont été battus au niveau local : 26,9 °C à Cholet (Maine-et-Loire), 26,2 °C à Poitiers (Vienne) et Limoges (Haute-Vienne), 26 °C à Rennes (Ille-et-Vilaine), 25,7 °C au Havre (Seine-Maritime) et 24 °C à Tours (Indre-et-Loire). En Ile-de-France, la moyenne a tourné autour des 25 °C
Des valeurs qui pourraient encore grimper, selon Météo-France. Comprises entre 20 à 26 °C dans la nuit de lundi à mardi, les températures pourraient atteindre 23 à 28 °C la nuit de mardi à mercredi sur les départements concernés par la vigilance canicule
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54 départements en vigilance rouge
Face à l’intensification exceptionnelle de la vague de chaleur, Météo-France a encore étendu son alerte maximale. Ce mardi, à 12 heures, cinq départements supplémentaires ont basculé en vigilance rouge : la Seine-Maritime, l’Eure, le Calvados, la Manche et l’Oise. Résultat, il y a désormais 54 départements placés sous ce niveau d’alerte maximal, un seuil historique jamais atteint en France.
Cela concerne plus de la moitié du territoire et près de 39 millions de personnes. Par ailleurs, 35 autres départements demeurent placés en vigilance orange pour la journée de mardi, ce qui porte, au total, à 90 % la part de la population française exposée à des chaleurs extrêmes.
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Près de 500 records de température sur le territoire
Près de 120 records absolus de chaleur ont déjà été battus lundi, c’est-à-dire des niveaux jamais enregistrés, quel que soit la période de l’année. Parmi, on relève notamment 43 °C à Brive, 41,9 °C à Bordeaux, 41,7 °C à Niort, 41 °C à Angers et 40,6 °C à Rennes. Ces records pourraient encore être battus mardi, avec des pics attendus à 43 °C à Rennes et Bordeaux en fin d’après-midi. Plus de 350 records de chaleur mensuels ont aussi été battus. Il a notamment fait jusqu’à 44 °C dans le département des Landes.
De quoi entrevoir un record absolu au niveau national. Météo-France indique que la température moyenne sur l’ensemble du pays « devrait dépasser le record absolu de 29,4 °C et pourrait atteindre 30 °C en milieu de semaine ».
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Hausse de « 30 à 40 % » des appels au 15
La canicule provoque un bond de « 30 % à 40 % » du nombre d’appels aux Samu-SAS, a indiqué lundi le Pr. Louis Soulat, chef des urgences de Rennes et membre du conseil d’administration du syndicat Samu-Urgences de France (SUDF). Plus tôt, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, interrogée sur Ici (Radio France), parlait quant à elle d’une hausse « de 20 à 30 % selon les régions », en rappelant que tous ces appels ne débouchaient pas forcément sur une hospitalisation.
En revanche, Louis Soulat a évoqué une hausse contenue des passages aux urgences. A ce stade, les services d’urgence n’enregistrent pas, selon lui, d’augmentation significative des passages des plus de 75 ans, mais la durée de la canicule pourrait changer la donne.
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2 à 4 °C imputables au réchauffement climatique
La vague de chaleur qui frappe l’Europe depuis plusieurs jours est « fortement aggravée par le changement climatique d’origine humaine », constatent plusieurs chercheurs du CNRS, qui fondent leur étude sur Climameter, un outil de mesure de l’impact du réchauffement climatique lors d’événements exceptionnels.
D’après cet outil dopé à l’IA, les températures auraient été 2 à 4 degrés plus fraîches sans le réchauffement climatique. L’effet du réchauffement est varié selon les localités : il a davantage aggravé la température à Turin (+ 3,5 °C) qu’à Paris (+ 2,4 °C).
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28e vague de chaleur en quinze ans
Ce nouvel épisode constitue la 28e vague de chaleur recensée depuis 2011 par Météo-France. Un chiffre qui témoigne de la fréquence accrue de ce type de phénomène, puisqu’il est supérieur au nombre de vagues de chaleur enregistrées entre 1947 et 2010, qui s’élève à 25. Il y a donc eu davantage de canicules sur les quinze dernières années que lors des soixante précédentes.
Depuis le début du XXIe siècle, ces événements débordent de la période juillet-août. Météo-France recense ainsi des vagues de chaleur de plus en plus tôt dans la saison, dès la mi-juin à l’échelle nationale (comme en 2022 ou 2026) et aussi de plus en plus tard, après le 15 août (depuis 2001). Et parfois jusqu’en septembre, comme en 2023, où plusieurs régions ont connu une canicule du 3 au 10 septembre, une première à ce stade de l’année.
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