« Gilets jaunes »: le gouvernement craint une « très grande violence » samedi
Face à la fronde des "gilets jaunes", qui menacent de réinvestir Paris samedi malgré des concessions du gouvernement, la...

« Gilets jaunes »: le gouvernement craint une « très grande violence » samedi

Face à la fronde des "gilets jaunes", qui menacent de réinvestir Paris samedi malgré des concessions du gouvernement, la...
Public Sénat

Par Marie WOLFROM, Christophe SCHMIDT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Face à la fronde des "gilets jaunes", qui menacent de réinvestir Paris samedi malgré des concessions du gouvernement, la présidence française a dit craindre "une très grande violence" et a appelé au calme.

"Nous avons des raisons de redouter une très grande violence", a fait savoir mercredi soir la présidence à l'AFP, tandis que se multiplient les appels à une nouvelle mobilisation des contestataires partout en France.

Le président Emmanuel Macron a demandé mercredi aux responsables politiques et syndicaux de lancer un "appel au calme".

L'inquiétude des autorités françaises était palpable face à la perspective d'une nouvelle journée de violences au coeur de la capitale, encore sous le choc des scènes d'émeute vécues samedi dernier. Ces images, qui ont fait le tour du monde, ont porté un coup à l'économie et au tourisme.

Quatre personnes sont mortes et des centaines ont été blessées en marge des manifestations contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, déclenchées le 17 novembre. Et la colère s'étend désormais aux lycéens, aux agriculteurs et aux étudiants.

"Le président de la République a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat, de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, rapportant les propos du président français pendant le Conseil des ministres.

Pour le porte-parole, cet appel s'adresse à "ceux qui font preuve de cynisme, d'opportunisme (...) Inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront".

"Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions. Je lance ici un appel à la responsabilité", a pour sa part dit le Premier ministre Édouard Philippe devant l'Assemblée nationale.

Il a aussi affirmé que le gouvernement serait "intraitable" face aux "factieux" et aux "casseurs".

Pour tenter d'apaiser la "colère jaune", l'exécutif a tenté un geste fort mercredi soir, en renonçant pour l'an prochain aux augmentations de taxes sur les carburants.

Ces hausses à l'origine prévues pour le 1er janvier sont "annulées pour l'année 2019", a affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Le gouvernement avait auparavant annoncé une simple suspension des hausses de taxes, un premier recul pour Emmanuel Macron qui, depuis le début de son mandat en mai 2017, s'était fait fort de ne pas céder à la rue. Mais cette première concession n'avait pas convaincu la majorité des manifestants qui multiplient blocages et rassemblements parfois violents depuis trois semaines dans tout le pays.

Seuls deux dépôts pétroliers ont été débloqués, tandis que la plupart des "gilets jaunes" balayaient du revers de la main des "mesurettes" et promettaient de poursuivre leur mouvement.

- Risque de propagation -

"Les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet", a déclaré à l'AFP Benjamin Cauchy, l'une des figures du mouvement.

Pour près de huit Français sur dix (78%), les premières annonces du gouvernement ne répondaient pas aux attentes, selon un sondage Elabe qui confirme que l'approbation de la mobilisation reste élevée, avec 72% des Français.

Emmanuel Macron est en revanche resté inflexible sur une autre revendication des "gilets jaunes": le rétablissement de l'Impôt sur la fortune (ISF), qui frappait les ménages les plus fortunés avant d'être supprimé après son arrivée au pouvoir. Selon la présidence, il a déclaré en conseil des ministres mercredi qu'il ne voulait "rien détricoter de ce qui a été fait depuis dix-huit mois".

Signe des tensions dans le pays, le chef de l'Etat a été hué et insulté au cours d'une visite surprise mardi soir au Puy-en-Velay (centre-est), où un bâtiment officiel avait été incendié samedi.

Éric Drouet, l'un des plus connus des "gilets jaunes", a appelé à "retourner à Paris" samedi, "près des lieux de pouvoir, les Champs-Élysées, l'Arc de Triomphe, (la place de la) Concorde".

La contestation a gagné les lycéens, qui protestent notamment contre la réforme du baccalauréat. Au lendemain de heurts parfois violents, le fonctionnement de plusieurs dizaines de lycées restait perturbé mercredi et des syndicats lycéens appelaient à une mobilisation générale à partir de jeudi. Certains étudiants commençaient à rejoindre le mouvement. "Les circonstances actuelles dans notre pays font que la violence est en train d'envahir les débats et de faire en sorte que nos lycéens soient mêlés à des contextes dangereux", a averti mercredi soir le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer.

Les agriculteurs ont quant à eux annoncé qu'ils manifesteraient la semaine prochaine, contre l'"agri-bashing".

bur-cs-mw-lv/mf

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le