Griveaux: l’artiste russe Pavlenski revendique la « porno-politique » contre l' »hypocrisie »
Réfugié politique en France, l'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski a revendiqué vendredi la "porno-politique" contre "l'hypocrisie" dans...

Griveaux: l’artiste russe Pavlenski revendique la « porno-politique » contre l' »hypocrisie »

Réfugié politique en France, l'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski a revendiqué vendredi la "porno-politique" contre "l'hypocrisie" dans...
Public Sénat

Par Olga NEDBAEVA

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Réfugié politique en France, l'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski a revendiqué vendredi la "porno-politique" contre "l'hypocrisie" dans son pays d'accueil après avoir diffusé une vidéo intime qui a provoqué l'abandon de Benjamin Griveaux, le candidat à la mairie de Paris.

Celui qui a incendié en Russie les portes du siège de l'ex-KGB, s'est cloué la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge ou s'est cousu les lèvres en signe de soutien au groupe contestataire russe Pussy Riot revendique avoir "ouvert la première plateforme +porno-politique+" en recevant l'AFP dans les bureaux de son avocat, Juan Branco, qui avait défendu Julian Assange, fondateur de Wikileaks.

L'avocat explique avoir été "approché" par l'artiste qui se revendique de l'"art politique" pour "avoir un avis juridique sur la situation" et "vérifier la fiabilité" de la vidéo". Il dément en revanche tout rôle dans la divulgation de la vidéo.

La séquence a été publiée "sur un site clandestin sans mention légale, hébergé aux États Unis, lié dit-on, à un activiste russe", a commenté l'avocat Richard Malka, conseil de Benjamin Griveaux, qui lui a demandé "d'engager des poursuites contre toute publication" qui ne respecterait pas sa vie privée.

Piotr Pavlenski, qui s'est réfugié en France après avoir purgé en Russie sept mois de détention pour avoir "endommagé" la Loubianka, siège historique des services de sécurité russes, se dit désormais "Français et parisien" et concerné par la politique française.

- "Question de principe" -

"Benjamin Griveaux a commencé sa campagne avec une hypocrisie dégoûtante, il a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris. Il a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles", dénonce-t-il.

L'artiste russe Pavel Pavlenski à PAris, le 14 février 2020
L'artiste russe Pavel Pavlenski à PAris, le 14 février 2020
AFP

Le journal Libération indiquait vendredi matin que l'artiste lui avait affirmé "tenir cette vidéo d'une +source+ qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux".

A l'AFP, il refuse de préciser comment il a obtenu la vidéo en arguant de la "protection" de sa source.

Un site a diffusé mercredi soir une vidéo intime et des messages connotés adressés à une femme, affirmant qu'ils émanaient de l'ancien porte-parole du gouvernement. Ils ont été relayés peu à peu jeudi sur les réseaux sociaux, poussant Benjamin Griveaux à se retirer de la course à la mairie de Paris vendredi matin.

Sur ce site, le texte accompagnant la vidéo est signé "Piotr Pavlenski".

Interrogé sur les critiques quasi-unanimes de la classe politique française sur ses méthodes, l'artiste militant russe se borne à dire que "chacun a son idée de ce qui est beau ou ignoble".

"Je m'en fiche de la personnalité de Griveaux, c'est une question de principe. C'est comme si un militant contre les violences faites aux femmes tabassait la sienne tous les soirs", dit-il.

Si ses performances en Russie visaient à dénoncer l'Etat policier, en France il souhaite maintenant s'attaquer à "l'hypocrisie qui est devenue la norme". "Cela ne doit pas être considéré comme normal. C'est normal pour un acteur au théâtre", mais par pour un homme politique", estime-t-il en ajoutant que sa plateforme sera le "support" pour cette "dénonciation".

Pavlenski a été condamné en janvier 2019 à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour avoir incendié la façade d'une succursale de la Banque de France dans la capitale en octobre 2017.

Lui et son ex-compagne Oksana Chaliguina, qui ont obtenu l'asile politique en France en mai 2017, entendaient ainsi dénoncer la présence de la Banque de France sur la place de la Bastille. Il s'agissait selon eux d'une performance artistique intitulée "Eclairage".

Partager cet article

Dans la même thématique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le

France, Pyrenees-Orientales, July 2, 2026: Wildfire between Canet-en-Roussillon and Sainte-Marie-la-Mer
7min

Politique

Incendies : « Il faut arrêter avec l’idée de l’État nounou. La responsabilité individuelle est essentielle », alerte la sénatrice Lauriane Josende

Le violent incendie qui a frappé jeudi Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) a entraîné l’évacuation de près de 3 000 personnes et détruit des centaines de bungalows dans plusieurs campings. Si le feu est désormais maîtrisé, les autorités redoutent une saison des incendies particulièrement intense, sur fond de canicule et de sécheresse persistante.

Le