Après la nomination à Matignon du juppéiste Edouard Philippe, l'hémorragie d'élus de droite vers le camp macroniste s'amplifie, menaçant l'unité...
L’hémorragie des élus LR vers le camp Macron s’amplifie
Après la nomination à Matignon du juppéiste Edouard Philippe, l'hémorragie d'élus de droite vers le camp macroniste s'amplifie, menaçant l'unité...
Par Nadège PULJAK
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Après la nomination à Matignon du juppéiste Edouard Philippe, l'hémorragie d'élus de droite vers le camp macroniste s'amplifie, menaçant l'unité de LR, qui continue de faire le pari difficile d'une victoire aux législatives.
Sous la conduite de Thierry Solère, député de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et proche de Bruno Le Maire, 28 élus LR viennent de signer un communiqué commun appelant à saisir "la main tendue par le président de la République".
La nomination du député-maire LR du Havre "représente un acte politique de portée considérable" et "la droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s'opère sous leurs yeux", plaident ces élus juppéistes (Benoist Apparu, Fabienne Keller...) ou lemairistes (Arnaud Robinet, Delphine Burkli...).
L'ex-numéro deux de LR Nathalie Kosciusko-Morizet, puis Jean-Louis Borloo, fondateur de l'UDI, ont annoncé en fin de journée à l'AFP qu'ils signaient eux aussi cet appel.
Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris, le 14 mai 2017
AFP/Archives
"Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d'être à la hauteur de la situation de notre pays et de l'attente des Français", ajoutent ces élus.
Ce positionnement pourrait préfigurer l'entrée au gouvernement, mardi, de plusieurs élus LR, notamment Bruno Le Maire, ex-ministre sous Sarkozy et candidat dans l'Eure, une circonscription où La République en marche (REM), le parti du chef de l'Etat ne présente d'ailleurs aucun candidat.
Ce germaniste pourrait obtenir le portefeuille des Affaires étrangères... ou de la Défense. Lundi, il s'est empressé de tweeter ses "félicitations" à M. Philippe, affirmant qu'il fallait "dépasser les vieux clivages pour servir la France et les Français".
L'accession de M. Philippe à Matignon constitue un sérieux revers pour la droite, déjà éprouvée par sa cinglante défaite au premier tour de la présidentielle. La direction des Républicains a immédiatement fait savoir à M. Philippe qu'il s'était placé "de lui-même en dehors de (sa) famille politique".
Pour limiter les dégâts, LR table sur les législatives de juin. "L'équation politique de ce gouvernement sera fixée par les députés", a tweeté Jean-Pierre Raffain, ajoutant "je vote LR en juin".
- 'Accident de parcours' -
"La campagne législative doit être la campagne de la clarté. Notre projet est clair, sur la diminution des impôts, sur l’augmentation du pouvoir d’achat, sur la restauration de l’autorité de l’Etat et sur la protection des Français. C’est le projet que porteront les candidats des Républicains et de l’UDI dans chacune des circonscriptions", assurait lundi dans un communiqué le comité de campagne de LR.
Le comité, en prenant "acte" de la nomination de M. Philippe, regrettait la décision de ce dernier de "défendre à présent le projet du candidat En Marche! qu’il a combattu".
En tant que nouveau chef de la majorité, "vous aurez à faire battre les 577 candidats" LR et UDI aux législatives, "dont, parmi eux, nombre de collègues avec lesquels vous avez siégé pendant cinq ans", lui écrit également Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, dans une lettre dont l'AFP a obtenu copie.
Alain Juppé a qualifié Edouard Philippe d'"homme de grand talent", qui a "toutes les qualités" pour être Premier ministre, tout en réaffirmant qu'il soutiendrait les candidats de droite aux législatives.
Mais "si la droite et le centre ne sont pas majoritaires" en juin, "le pays ne comprendrait pas que nous nous engagions dans une opposition systématique. Il faudra alors trouver les voies et les moyens d'un travail constructif dans l'intérêt de la France", a insisté le maire de Bordeaux.
"Ceux qui veulent faire croire qu'ils pourront demain imposer une cohabitation à Macron bernent un peu nos compatriotes" car la droite est déjà "fracturée, entre ses électeurs qui aspirent à une alternance et ses dirigeants qui pour un certain nombre d'entre eux soutiennent Macron", affirme Nicolas Bay, secrétaire général adjoint du FN.
Mais "je ne crois pas à cette aventure", lançait il y a peu devant la presse un responsable LR, proche de Sarkozy. "Je la trouve trop menaçante. Il y aura un accident de parcours", croit savoir le même.
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