L’Intérieur prépare sous haute tension « l’acte IV » des « gilets jaunes »
A l'avant-veille de "l'acte IV" de la mobilisation des "gilets jaunes", le ministère de l'Intérieur met la dernière main à sa stratégie de...

L’Intérieur prépare sous haute tension « l’acte IV » des « gilets jaunes »

A l'avant-veille de "l'acte IV" de la mobilisation des "gilets jaunes", le ministère de l'Intérieur met la dernière main à sa stratégie de...
Public Sénat

Par Gregory DANEL

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A l'avant-veille de "l'acte IV" de la mobilisation des "gilets jaunes", le ministère de l'Intérieur met la dernière main à sa stratégie de maintien de l'ordre, qui prévoit un dispositif "exceptionnel" pour une journée de samedi à très hauts risques.

Depuis le début du mouvement il y a trois semaines, la violence est montée crescendo à chaque mobilisation nationale à Paris, théâtre d'un déferlement de violences samedi dernier, mais aussi ailleurs en France comme l'illustre l'incendie de la préfecture du Puy-en-Velay.

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé une "mobilisation exceptionnelle" des forces de l'ordre jeudi sur TF1: 89.000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi en France, dont 8.000 rien qu'à Paris. Soit encore plus que le 1er décembre, lorsque Paris avait été le théâtre de scènes d'émeutes et de guérilla urbaine.

Une douzaine de véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG) seront aussi utilisés dans la capitale. Une disposition là-aussi exceptionnelle et inédite en milieu urbain depuis les émeutes dans les banlieues françaises en 2005.

L'Élysée redoute une "très grande violence" samedi et les services de renseignement ont fait passer tous les voyants au rouge en alertant sur la mobilisation d'une "ultradroite qui rêve de révolution et d'une ultragauche qui prône l'insurrection", détaille une source à Beauvau.

Celle-ci pointe également la "radicalisation" d'une frange des "gilets jaunes": "Ils se radicalisent dans la violence et politiquement".

En témoignent, selon lui, les déclarations d'une des figures médiatiques du mouvement, Eric Drouet, qui a appelé à "entrer à l'Elysée", mercredi soir sur le plateau de BFMTV.

"Nous sommes concentrés, au travail sur le dispositif de maintien de l'ordre qui est en cours de finalisation pour Paris mais aussi pour toute la France", fait valoir cette source au ministère de l'Intérieur.

Dans la capitale, le dispositif de type "fan-zone" sur les Champs-Elysées, avec contrôles et fouilles, a vécu.

Ce choix, assumé par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner comme une main tendue aux "gilets jaunes", s'est soldé par un échec. La célèbre avenue n'a accueilli que 500 à 700 manifestants tandis que de graves incidents se déroulaient aux alentours, au pied de l'Arc de Triomphe et dans les avenues adjacentes, avant de se propager à d'autres quartiers de la capitale (Rivoli, Haussmann...).

-- "Symboles de la République" --

Christophe Castaner devant l'Assemblée nationale à Paris le 5 décembre 2018
Christophe Castaner devant l'Assemblée nationale à Paris le 5 décembre 2018
AFP

Auditionné au Sénat et à l'Assemblée, Christophe Castaner a promis davantage de "mobilité" pour aller interpeller ceux qui sont présentés comme des "casseurs".

"Jusqu'à présent les forces mobiles (CRS et gendarmes mobiles) avec leur équipement lourd avaient pour ordre de ne pas aller au contact", souligne Patrice Ribeiro, du syndicat Synergies.

"Or il y a les BAC, les compagnies de sécurisation et d'intervention (CSI), les sections +anti-casseurs+ chez les unités mobiles, les compagnies d'intervention (CI) avec leurs équipements plus légers qui peuvent aller au contact des casseurs et les disperser ou les arrêter. Il ne faut pas les laisser installer leur propre +fan-zone+", fait valoir M. Ribeiro.

Inconvénient majeur: "Aller au contact" c'est aussi prendre le risque d'avoir des blessés graves voire des morts, avancent plusieurs experts du maintien de l'ordre sollicités par l'AFP.

"Appel au calme" ou dernier avertissement, Christophe Castaner a en tout cas invité "les +gilets jaunes+ raisonnables, ceux qui ne soutiennent pas l'action violente, à se désolidariser des extrêmes et à ne pas se rassembler à Paris" mais aussi ailleurs en France, dans les "lieux qui ont fait l'objet de ces tensions que nous avons connues", préfectures ou barrières de péage.

"A Paris et en province, nous serons vigilants sur tous les symboles de la République", assure-t-on également à Beauvau, après les dégradations commises samedi dernier à l'Arc de Triomphe.

Selon plusieurs sources sécuritaires, la quasi-totalité des unités de CRS et d'escadrons de gendarmerie mobile (environ 12.000 fonctionnaires) devrait être mobilisée pour assurer le maintien de l'ordre dans le pays samedi.

Plusieurs rencontres de L1 comme PSG-Montpellier, Toulouse-Lyon ou Monaco-Nice ont été annulées pour soulager les forces de l'ordre.

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