La République en marche cherche sa bonne dose de démocratie interne
La République en marche, acte II ? Le parti présidentiel, qui a réuni samedi ses cadres et militants à Bordeaux, est toujours...

La République en marche cherche sa bonne dose de démocratie interne

La République en marche, acte II ? Le parti présidentiel, qui a réuni samedi ses cadres et militants à Bordeaux, est toujours...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT, Paul AUBRIAT

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La République en marche, acte II ? Le parti présidentiel, qui a réuni samedi ses cadres et militants à Bordeaux, est toujours animé de tensions internes sur son fonctionnement jugé par certains insuffisamment démocratique, notamment autour des investitures pour les municipales.

Après la verticalité assumée du macronisme triomphant, place à la "décentralisation" et "à plus de démocratie interne", a exhorté le patron du parti, Stanislas Guerini, lors des universités d'été - baptisées "Campus des territoires" -, en revendiquant "humilité et modestie".

Si le grand raout bordelais, premier du genre pour LREM, se veut une démonstration de force, avec plus de 3.000 participants revendiqués, il conclut une semaine de turbulences marquée par la candidature dissidente de Cédric Villani à la mairie de Paris.

"Il y a peut-être quelques marcheurs égarés, mais je suis certain qu'ils seront au rassemblement familial au premier tour des élections municipales, à Paris comme ailleurs", a prophétisé son rival Benjamin Griveaux, arrivé en fin de journée à Bordeaux, sous les vivats.

Samedi matin, une nouvelle doctrine a été entérinée: la décision d'exclure ou non les impétueux qui braveraient les investitures revient désormais aux seuls candidats légitimes. A Paris, Benjamin Griveaux s'y est refusé, "sinon quoi il serait passé pour sectaire", observe un ponte du parti.

Entamé en juin, le processus des investitures concentre les critiques, d'abord pour sa lenteur: à ce jour, la Commission nationale qui tranche pour les quelque 1.200 villes de plus de 9.000 habitants n'a effectué que 137 désignations.

"Ça n'est pas en janvier que je pourrai commencer une campagne: une municipale, ça n'est pas comme une législative", se désespère une députée qui brigue une mairie. "Qu'ils commencent à faire campagne avant d'avoir l'investiture!", rétorque un cadre du parti, qui reconnaît "des potentialités bordéliques" dans ce mode de désignation des candidats.

Au-delà, c'est la bienveillance dont fait preuve LREM à l'endroit de certains maires sortants qui interroge, là où les marcheurs historiques se sont bien souvent organisés en opposition aux exécutifs locaux.

Le numéro deux du parti, Pierre Person, met en garde contre "toute tentative de repli".

Le Premier ministre, toujours pas membre de LREM et théoricien de "la poutre qui travaille" pour élargir la majorité, doit conclure dimanche par un discours. Double surprise: il est arrivé dès samedi soir au Campus, où il a rencontré le chef indien Raoni, invité inattendu pour défendre la forêt amazonienne, objet de tensions entre les présidents français Macron et brésilien Bolsonaro.

Reste que la grogne demeure: samedi matin, lors d'un conseil national, moins de la moitié des 800 membres étaient présents, quand seule une centaine de députés a fait le déplacement. "On a des gens qui ont un respect sans borne à Emmanuel Macron, mais qui ne vouent pas beaucoup de culte à LREM", persifle un dirigeant du parti.

- Le risque des baronnies -

Le Campus bordelais a par ailleurs permis de présenter de nouveaux statuts du parti, trois ans après sa création, avec davantage d'autonomie accordée aux structures locales et l'élection d'animateurs locaux.

"Plus de démocratie pour quoi faire? Si c'est pour élire des gens dans les comités départementaux dont on sait pas ce qu'ils pensent...", pointe le député Aurélien Taché. Il plaide pour l'instauration de courants, sinon "le débat se fera en dehors".

"On ne grandira pas tant qu'on ne sera pas un mouvement mature d'un point de vue politique", abonde un haut cadre du parti, pour qui "le grand risque de La République en marche, c'est qu'on soit un parti à la Barack Obama, c'est-à-dire incapable de dépasser et survivre à Emmanuel Macron".

Stanislas Guerini leur a opposé une fin de non-recevoir: "Je ne crois pas qu'il soit temps de devenir un parti de motions, qui au mieux masquent les ambitions personnelles, au pire révèlent les fracturations profondes dans lesquelles sont tombés les partis traditionnels. Pas de ça chez nous !".

Dans l'après-midi, plus d'une centaine de pompiers, rejoints un temps par quelques dizaines de "gilets jaunes", ont manifesté aux abords du parc des Expositions, sans pouvoir y accéder. Une délégation de pompiers a été reçue par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner mais a fait part d'une "déception profonde" à sa sortie.

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