Les 100 jours de Macron, entre promesses tenues et défis à relever
Le 15 août, Emmanuel Macron aura été élu depuis 100 jours avec, à son actif, une série de promesses de campagne rapidement mises en oeuvre mais...

Les 100 jours de Macron, entre promesses tenues et défis à relever

Le 15 août, Emmanuel Macron aura été élu depuis 100 jours avec, à son actif, une série de promesses de campagne rapidement mises en oeuvre mais...
Public Sénat

Par Hervé ASQUIN, Sabine WIBAUX

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Le 15 août, Emmanuel Macron aura été élu depuis 100 jours avec, à son actif, une série de promesses de campagne rapidement mises en oeuvre mais aussi quelques errements très coûteux en termes de popularité, et de nombreux défis à relever.

A l'issue d'une session extraordinaire du Parlement - séquence qui a fortement contrasté avec l'attentisme de son prédécesseur, François Hollande, à l'été 2012 - deux textes emblématiques ont été définitivement adoptés.

L'un porte sur la moralisation de la vie politique et le second autorise le gouvernement à réformer le code du travail par ordonnances.

D'autres réformes seront engagées à la rentrée ou en 2018 comme celles de l'assurance-chômage, de la formation professionnelle et des retraites pour "rénover le modèle social" d'un pays en proie depuis des décennies à un chômage de masse.

Le décrochage de la cote du chef de l'Etat, qui se poursuit en août, sonne cependant comme un avertissement. Selon un sondage Ifop diffusé vendredi, seulement 36% des Français se disent satisfaits de l'action du chef de l'Etat, bien loin des 62% au tout début de son mandat.

"Emmanuel Macron sort de l'état de grâce pour rentrer dans l'atmosphère et assumer le coût politique de ses arbitrages", a commenté le politologue Jérôme Fourquet (Ifop).

En cause, une série de mesures impopulaires qui ont agacé nombre de Français, à commencer par les fonctionnaires ulcérés par le gel du point d'indice ou le rétablissement du jour de carence, et les retraités, furieux de la hausse de la CSG.

Quelques couacs ont également contribué à écorner l'image de l'exécutif, comme la valse-hésitation sur la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages ou le coup de rabot sur les aides au logement.

"Le risque qui guette aujourd'hui le président, c'est que les Français passent progressivement du +il est brillant et réussit tout ce qu'il entreprend+ à +en fait, tout ça, c'est de la com+", a ainsi souligné Jérôme Fourquet.

Sur le front social, la rentrée s'annonce mouvementée alors que le contenu des ordonnances sur le droit travail sera dévoilé le 22 septembre. SUD et la CGT ont appelé à une journée d'action le 12 septembre et les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon à un "rassemblement populaire", le 23.

Le bouclage du budget 2018 promet d'être délicat avec la promesse d'une baisse de 11 milliards des prélèvements obligatoires qu'il faudra conjuguer avec de nouvelles économies.

- Top Gun -

Macron : 2/3 de mécontents
Pourcentage de personnes satisfaites et mécontentes de l'action des présidents Hollande et Macron, 100 jours après leurs élections, selon un sondage Ifop pour le Figaro.
AFP

Sur la forme, Emmanuel Macron a imposé d'emblée son style fait de "parole rare", de distance avec la presse et de postures hiératiques. Le ton en a été donné au soir même de son élection avec une marche solitaire, très mitterrandienne, jusqu'à la Pyramide du Louvre.

Mais la forteresse d'une communication qui se veut hyper maîtrisée commence à se fissurer. Une "évolution" de la communication présidentielle interviendra à la rentrée, a annoncé le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

Les déplacements du président qui font la part belle aux images ont eu des résultats contrastés. Son apparition façon "Top gun", moulé dans une combinaison de pilote sur la base aérienne d'Istres, a ainsi déchaîné un flot de commentaires railleurs sur les réseaux sociaux.

Les premières semaines du quinquennat ont été plombées aussi par une série d'affaires qui ont entraîné la démission de quatre figures du gouvernement, dont celles de Richard Ferrand, un proche de la première heure, et François Bayrou, précieux allié centriste.

Autre affaire sensible : l'Elysée s'apprête à préciser "le rôle public" de Brigitte Macron, Emmanuel Macron ayant renoncé à doter la Première dame d'un "statut" alors que plus de 300.000 internautes ont signé une pétition pour s'y opposer.

Le chef de l'Etat s'est en revanche imposé d'emblée face aux ogres de la diplomatie mondiale, Vladimir Poutine ou Donald Trump, alors que beaucoup s'interrogeaient sur sa stature présidentielle.

Sa poignée de main virile avec le président américain fin mai à Bruxelles ou ses critiques acerbes contre deux médias russes aux côtés du maître du Kremlin peu après à Versailles ont marqué les esprits. Mais l'essai doit encore être transformé, particulièrement sur la scène européenne.

Fin août, le chef de l'Etat effectuera une mini-tournée européenne, avant un sommet à l'Elysée le 28 avec Angela Merkel et les chefs de gouvernement italien et espagnol, Paolo Gentiloni et Antonio Rajoy.

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