Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy étaient réunis dimanche pour commémorer le 75e anniversaire des combats du plateau des Glières, dans les...
Macron et Sarkozy côte à côte pour un hommage aux résistants des Alpes
Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy étaient réunis dimanche pour commémorer le 75e anniversaire des combats du plateau des Glières, dans les...
Par Jérôme RIVET
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Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy étaient réunis dimanche pour commémorer le 75e anniversaire des combats du plateau des Glières, dans les Alpes, au cours desquels une centaine de résistants furent tués en 1944.
Après avoir voyagé ensemble depuis Paris, le chef de l'Etat et l'ancien président ont assisté côte à côte à la cérémonie d'hommage en présence de 2.000 personnes sous un soleil printanier.
Après "le chant des partisans" entonné par des enfants, Emmanuel Macron a salué les 105 résistants inhumés à la nécropole nationale de Morette, à Thônes (Haute-Savoie), ces héros" qui, "dans la neige" du plateau des Glières, "tenaient un petit bout de France où ils pouvaient fièrement défendre les valeurs" du pays.
"75 ans après, le peuple de France n'oublie rien de votre sacrifice, de votre leçon de courage", a-t-il ajouté en présence d'une centaine de chasseurs alpins dans leur uniforme blanc et d'anciens combattants.
Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron aux Glières le 31 mars 2019
POOL/AFP
La cérémonie avait débuté par une image inédite, celle de l'accueil de MM. Macron et Sarkozy par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez qui, comme patron des Républicains, est l'un des principaux opposants au chef de l'Etat et l'héritier de l'ancien président.
Le plateau des Glières "est une histoire qui inspire, une belle leçon" qui "pose la question: est-ce que nous sommes à la hauteur de ces gens [les résistants] qui, face à l'Histoire, ont senti ce qu'il fallait faire? Ne pas se cacher, ne pas se dérober", a souligné M. Wauquiez.
- Symbole de la Résistance -
Situé dans le massif des Bornes à 1.450 m d'altitude, le plateau des Glières est devenu dès 1944 un haut lieu symbolique de la Résistance, malgré une récente remise en cause de l'ampleur de la bataille qui s'y est jouée.
Emmanuel Macron fait la revue des troupes sur le plateau des Glières, haut lieu symbolique de la résistance, le 31 mars 2019
POOL/AFP
De janvier à fin mars 1944, 465 maquisards s'y étaient regroupés pour recevoir des parachutages d'armes des alliés. Attaqués par l'armée allemande et la milice de Vichy le 26 mars, 124 d'entre eux sont tués lors du combat ou fusillés, neuf disparaissent et 16 mourront en déportation.
Après la cérémonie, Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy se sont rendus sur le plateau où a été érigé en 1973 un monument national à la Résistance. Ils ont marché dans la neige jusqu'au monument et déposé ensemble deux bouquets de fleurs sous le drapeau, avant de participer à un déjeuner avec des élus.
Emmanuel Macron (D) et Nicolas Sarkozy (G) déposent des fleurs au monument à la Résistance pendant une cérémonie en hommage aux résistants tués au plateau des Glières (Haute-Savoie), le 31 mars 2019
POOL/AFP
Nicolas Sarkozy, tout sourire, a été invité par l'Elysée car il s'était rendu tous les ans sur les lieux durant son quinquennat mais jamais pour la cérémonie annuelle de commémoration, selon la présidence.
"C'est un devoir d'être ici", a-t-il déclaré après la cérémonie. "Tout n'est pas dans la bataille, la politique... Il y a la France, et le sacrifice de ces héros qui ont tout donné pour notre pays. Il y a un devoir de rassemblement vis-à-vis d'eux".
L'image des deux présidents ensemble aux Glières montre "l'unité nationale, et je crois que c'est exactement ce qu'attendent les Français", a commenté sur BFMTV Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM aux Européennes.
Alors que M. Macron entretient des relations compliquées avec son prédécesseur François Hollande, dont il a pourtant été conseiller, puis ministre, il rencontre régulièrement M. Sarkozy, dont la dernière fois en décembre en pleine crise des "gilets jaunes".
Cérémonie d'hommage aux résistants du plateau des Glières, le 31 mars 2019
POOL/AFP
L'ancien président du conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a regretté dimanche sur LCI l'absence de François Hollande à cette cérémonie "de communion nationale", ce qui "donne la possibilité ou un prétexte pour faire de la politique". "Macron a besoin d’essayer de banaliser ses rapports avec Sarkozy parce qu’il y a les européennes et les municipales; et Sarkozy a besoin de Macron pour revenir pour que sa parole soit entendue", a estimé cette figure gaulliste.
Avant M. Macron, trois présidents avaient assisté à la commémoration du plateau des Glières: Vincent Auriol, Charles de Gaulle et François Mitterrand en avril 1994 pour le 50e anniversaire des combats.
Durant la cérémonie, deux détonations d'origine inconnue ont été entendues, venues d'une montagne voisine. Des "gilets jaunes" avaient précédemment annoncé leur intention de se faire entendre.
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