Ministère des Sports: Maracineanu et Matignon jouent l’apaisement
La ministre des Sports Roxana Maracineanu a poursuivi lundi son opération de déminage sur les menaces de suppressions de postes chez ses agents:...

Ministère des Sports: Maracineanu et Matignon jouent l’apaisement

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a poursuivi lundi son opération de déminage sur les menaces de suppressions de postes chez ses agents:...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL, Andréa BAMBINO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a poursuivi lundi son opération de déminage sur les menaces de suppressions de postes chez ses agents: après une réunion à Matignon, elle a promis qu'aucun conseiller technique sportif (CTS) ne perdrait son emploi, mais la question de leur statut reste posée.

L'ancienne championne de natation, nommée il y a moins d'une semaine à son poste, est confrontée à une première situation d'urgence.

Vendredi, l'AFP a révélé que dans une lettre de cadrage envoyée le 26 juillet à sa prédécesseure Laura Flessel, Matignon demande au ministère d'"appliquer un schéma d'emplois de moins 1.600 ETP (équivalent temps plein) au cours de la période 2018-2022". Dans le courrier, Matignon compte "sur une transformation du mode de gestion des conseillers techniques sportifs (CTS)", les cadres d'Etat mis à la disposition des fédérations, "et sur la réduction de leur nombre, ainsi que sur une rationalisation des services déconcentrés".

L'annonce, jugée "très brutale" dimanche par la ministre, a mis le feu aux poudres dans un mouvement sportif qui déplore déjà le manque d'investissements de l'Etat dans l'année qui a suivi l'attribution des Jeux olympiques à Paris en 2024, et ce alors que Laura Flessel a fixé un objectif très ambitieux de 80 médailles, le double de Rio-2016.

- Réactions positives -

Le premier ministre Edouard Philippe en conférence depresse à l'Elysée le 5 septembre 2018
Le premier ministre Edouard Philippe en conférence depresse à l'Elysée le 5 septembre 2018
AFP

Après un rendez-vous lundi matin avec le Premier ministre Edouard Philippe, Roxana Maracineanu a de nouveau cherché à rassurer.

"Aucun des 1600 CTS évoqués dans le document dont vous avez eu connaissance ne perdra son emploi", a-t-elle lancé sur le perron de Matignon. "La lettre plafond, document interne au gouvernement, mentionne uniquement" un "objectif d'évolution dans le cadre de gestion" mais "ne signifie en aucun cas que 1600 postes devraient être supprimés", a insisté Matignon dans un communiqué.

Lundi, Roxana Maracineanu a aussi rencontré le directeur de l'Association des directeurs techniques nationaux (AsDTN), Philippe Bana. Furieux vendredi - il avait dénoncé une "Saint Barthélémy du sport" dans L'Equipe -, il a loué la ministre pour "sa compétence, son énergie et sa hauteur de vue".

Le Comité olympique français (CNOSF) a aussi tenu à "exprimer sa satisfaction" et à "saluer l'action de la nouvelle ministre", dans un communiqué.

- Maillons -

Peu connus du grand public, les CTS, au nombre de 1600, justement, ont une place particulière dans le système du sport français. Cadres d'Etat, ils sont des maillons essentiels dans la vie des fédérations, à la fois pour le haut niveau, mais aussi pour le développement des pratiques sportives. L'Etat prend en charge leur rémunération, environ 110 millions d'euros par an, en plus des subventions qu'il accorde aux fédérations (environ 80 millions).

Leur statut est l'objet d'un débat récurrent. Récemment, le rapport du comité Action publique 2022 a préconisé "la mise en extinction progressive" de leur "corps", en le compensant par "une subvention aux fédérations les moins dotées pour le recrutement de leurs cadres techniques".

Dans son communiqué, Matignon indique lundi que "leur mode de gestion doit être modernisé, leur rôle au sein des fédérations (...) retravaillé avec le mouvement sportif", et que "leur statut doit être ré-interrogé". Roxana Maracineanu a annoncé une concertation sur le sujet, dont elle rendra les conclusions fin octobre au Premier ministre.

"Nous sommes ouverts", a réagi le patron de l'AsDTN, mais "pas question de décaler ou de déstocker leur prise en charge par les fédérations, qui n'en ont ni les moyens financiers ni l'envie", a mis en garde Philippe Bana.

Enfin, Roxana Maracineanu a aussi annoncé vouloir discuter avec le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin de la "gestion des taxes" qui financent le budget des Sports. C'est un autre sujet sensible pour le mouvement sportif, qui accuse l'Etat d'en garder une partie dans son budget général pour faire des économies. Selon la lettre de cadrage de Matignon, le ministère des Sports se verrait allouer 450 millions d'euros de budget dans le projet de loi de finances pour 2019, soit 30 millions de moins qu'en 2018, où il était déjà en baisse.

Partager cet article

Dans la même thématique

Ministère des Sports: Maracineanu et Matignon jouent l’apaisement
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Ministère des Sports: Maracineanu et Matignon jouent l’apaisement
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Ministère des Sports: Maracineanu et Matignon jouent l’apaisement
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le