Municipales à Paris: la multiplication des candidats parasite la pré-campagne de LREM
A plus d'un an du lancement de la bataille municipale pour Paris, les "marcheurs" qui espèrent ravir l'Hôtel de Ville à la...

Municipales à Paris: la multiplication des candidats parasite la pré-campagne de LREM

A plus d'un an du lancement de la bataille municipale pour Paris, les "marcheurs" qui espèrent ravir l'Hôtel de Ville à la...
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Par Aglaé WATRIN

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Publié le

A plus d'un an du lancement de la bataille municipale pour Paris, les "marcheurs" qui espèrent ravir l'Hôtel de Ville à la socialiste Anne Hidalgo voient leur pré-campagne parasitée par la multiplication des candidats de La République en marche (LREM).

"Comment il s'appelle déjà, le scientifique qui veut se présenter à la mairie ?", demande un Parisien à un militant LREM.

"C'est Cédric Villani... Mais pour le moment l'idée c'est de construire le projet. Les personnes, on verra après", lui répond doctement Erwan Leclerc, 31 ans, animateur du comité Monceau dans le très chic VIIIe arrondissement.

Le député de l'Essonne et mathématicien Cédric Villani, médaillé Fields, est le dernier à avoir officialisé sa candidature pour l'Hôtel de Ville, ajoutant à la concurrence entre plusieurs figures du parti, dont deux membres du gouvernement, le porte-parole Benjamin Griveaux et le secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi.

Une annonce de plus, qui survient alors que le nom du candidat officiel ne sera connu qu'après les élections européennes, venant perturber sur le terrain la pré-campagne "Paris & Moi" des marcheurs.

"A chaque fois qu'on a une individualité qui dit +j'aimerais être le maire de Paris+ ça vient prendre toute l'attention et cacher le travail collectif", déplore Pacôme Rupin, député parisien et coprésident du comité de pilotage de "Paris & Moi".

Munis de k-way rouge et de smartphones, les troupes tentent, elles, de poursuivre leur travail sur le terrain. Des centaines de militants se retrouvent plusieurs fois par semaine pour interviewer des Parisiens sur leur vision de la capitale et alimenter leur "web-radio" (avec restitution des entretiens en décembre).

Que feriez-vous demain si vous étiez élu maire de Paris ? Comment développer le Grand Paris ? : les 8.000 témoignages recueillis à mi-parcours de la consultation ont permis de dégager plusieurs axes de réflexion (transports, propreté, lutte contre les incivilités) et de formuler une première mesure: une police municipale "pilotée par les maires d'arrondissement" - Anne Hidalgo a fait également cette proposition.

Au-delà des personnes, "le but c'est de faire parler les citoyens et qu'ils nous remontent les thèmes pour co-construire le programme", explique Alexandre Kimmerlé, référent du XIVe.

Mais certains militants redoutent déjà les jeux de concurrence entre postulants. En ce sens, la chorégraphie de la soirée de lancement de "Paris & Moi", début octobre, dont le point d'orgue était l'allocution de Benjamin Griveaux et de sa principale soutien, la médiatique secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, a pu susciter quelques agacements.

- "Parachutage" -

"Beaucoup de partis se sont plantés parce qu'ils prenaient un candidat et essayaient de construire autour", prévient Thierry Omejkane, 56 ans, animateur du comité Didot (XIVe).

Moins inquiets, d'autres affichent déjà leur préférence: "A la mairie de Paris moi je préfère Mounir Mahjoubi", témoigne Rémi Velez, un militant de 24 ans. "Mounir a grandi à Paris et il connaît sa facette populaire", ajoute-t-il, admettant toutefois que son avis est "très minoritaire" parmi les adhérents.

En toile de fond de la bataille pour l'Hôtel de Ville, se joue une autre partie d'échecs entre les marcheurs, des militants de la société civile qui veulent eux aussi tirer leur épingle du jeu.

"Au niveau des conseils municipaux c'est important que ce soit des personnes de proximité", affirme Thierry qui espère comme la majorité des membres de son comité figurer sur les listes de son arrondissement.

Et d'autres redoutent déjà le "parachutage" à la dernière minute d'une grande figure politique qui viendrait doucher leurs espoirs après des mois d'opérations sur le terrain.

"Sur le VIIIe on n'a pas encore de marcheurs emblématiques qui se sont déclarés. Ce qui laisse, on l'espère au sein du comité, de la latitude aux marcheurs pour se positionner", confie Erwan, tenté par l'aventure municipale.

Aucun quota de représentants de la société civile n'a été acté sur le total des 520 candidats qui figureront sur les listes LREM.

Pour Margaux Pech, référente du XVIIe arrondissement, les règles sont claires: "Sur les candidatures c'est un peu un + principe darwinien +: que le meilleur gagne".

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