ND-des-Landes: les médiateurs rendent leur rapport, Macron tranchera « en janvier »
Les médiateurs chargés de sortir de l'impasse dans le dossier de transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes ont rendu mercredi...

ND-des-Landes: les médiateurs rendent leur rapport, Macron tranchera « en janvier »

Les médiateurs chargés de sortir de l'impasse dans le dossier de transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes ont rendu mercredi...
Public Sénat

Par Anne-Sophie LASSERRE, Marc PRÉEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les médiateurs chargés de sortir de l'impasse dans le dossier de transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes ont rendu mercredi leur rapport à Edouard Philippe, remettant en selle l'alternative du réaménagement de l'actuel aéroport.

Le rapport préconise l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes quelle que soit la décision de l'exécutif. Celle-ci interviendra "avant fin janvier", a promis le Premier ministre.

Selon ce rapport d'une soixantaine de pages (sans les annexes), un transfert de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord, ou son maintien, avec un réaménagement, à Nantes-Atlantique, au sud de Nantes, sont deux options "raisonnablement envisageables".

Sans trancher, il remet ainsi en selle l'éventuel réaménagement de l'actuelle infrastructure, écarté jusqu'alors par les pro-NDDL.

Mais dans ce dossier, "la première nécessité est celle d'une décision de l'Etat, qui n'a que trop tardé", jugent les médiateurs qui préconisent l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes dès le choix de l'exécutif entre les deux options. Deux à trois cents personnes occupent actuellement le site.

Le gouvernement prendra "d'ici la fin du mois de janvier une décision" qui "sera claire, sera assumée", a assuré en réponse le Premier ministre. Cette décision "doit nous permettre (...) de garantir un retour à la normale, notamment s'agissant des questions relatives à l'ordre public", a-t-il ajouté.

L'exécutif devra mobiliser des milliers de gendarmes pour évacuer les zadistes installés sur la vaste zone de bocage où doit se construire l'aéroport. Des zadistes qui se préparent depuis des mois à un affrontement violent avec les forces de l'ordre, et qui peuvent possiblement compter sur le renfort de milliers de militants.

Las de l'indécision politique, "pro" comme "anti" en appellent au "courage" du président de la République sur ce projet déclaré d'utilité publique en 2008.

"Sur le fond, je suis extrêmement soulagée, c'est une grande satisfaction intellectuelle car le rapport dit que Nantes-Atlantique est une véritable option et qu'elle n'a pas été étudiée", a déclaré à l'AFP Françoise Verchère, co-présidente d'un collectif d'élus opposés au transfert, le Cédpa. Selon elle le rapport "fragilise considérablement la déclaration d'utilité publique" de Notre-Dame-des-Landes.

"Même si ce rapport peut laisser apparaître une apparence d'alternative à Notre-Dame-des-Landes, je continue à dire qu'il n'y a pas de plan B, ni en termes de trafic, ni en termes d'aménagement, ni pour les personnes impactées par les nuisances sonores", estime pour sa part Philippe Grosvalet, président PS de Loire-Atlantique et du Syndicat mixte aéroportuaire. "Je fais confiance au président de la République pour ne pas se fier aux apparences", ajoute-t-il.

Durant la campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron s'était montré plutôt favorable au nouvel aéroport, soutenu par quelque 55% des habitants de Loire-Atlantique lors du référendum local de juin 2016.

- étude des coûts -

Etudiant en profondeur cette fois-ci les coûts des deux options, pour l'Etat et les collectivités, la comparaison penche en faveur de l'option du réaménagement de Nantes-Atlantique.

Le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot à l'assemblée Nationale, le 13 décembre 2017
Le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot à l'assemblée Nationale, le 13 décembre 2017
AFP

Cela nécessiterait une fermeture de sa piste pendant neuf semaines environ pour la réalisation des travaux, dont le montant total - rénovation de l'aérogare comprise - est estimé "entre 365 et 460 millions" d'euros. Soit nettement moins que le chiffrage donné par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) en 2013 (825 millions), mais bien plus que celui avancé par les opposants au déménagement (175 millions d'euros).

Mais ces données ne prennent pas en compte l'éventuelle indemnité de résiliation du contrat de concession actuel entre l'Etat et une filiale du groupe de BTP Vinci. Jamais chiffrée par l'Etat et le concessionnaire, elle est évaluée à 150 à 200 millions d'euros par les opposants.

Le transfert à Notre-Dame-des-Landes est lui évalué à 730 millions d'euros, dont 160 pour la desserte en tram-train.

Travaillant sur la base d'un trafic de neuf millions de passagers à l'horizon 2040, la mission préconise, "dans l'hypothèse où le choix gouvernemental conduirait à un réaménagement de Nantes-Atlantique répondant aux besoins de mobilité de court et moyen terme", de "garder la maîtrise foncière des terrains acquis sur le site de Notre-Dame-des-Landes" pour laisser "la liberté de choix (...) à nos successeurs".

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le