C’était le premier à ouvrir le bal, pour le retour de L’Heure de vérité, célèbre émission politique du service public. Edouard Philippe en a profité pour développer sa vision de la politique familiale. L’occasion de faire le point sur ce qu’on connaît des propositions des candidats à la présidentielle sur ce sujet qui intéresse beaucoup d’électeurs.
-
Edouard Philippe veut une allocation familiale unique de 350 euros et 3.000 euros de réduction d’impôt pour les parents
C’est l’une des annonces phares faite jeudi soir. Edouard Philippe propose de verser une allocation familiale unique de 350 euros par mois dès le premier enfant. Pour le candidat, il faut « revoir totalement le système des allocations familiales ».
Le candidat Horizons entend aussi « accompagner les familles qui travaillent et qui font un enfant, puis un deuxième, puis un troisième s’ils le souhaitent, en faisant en sorte d’obtenir une réduction d’impôt d’environ 3 000 euros », défendant un dispositif qui permettrait « aux classes moyennes qui travaillent » et qui payent « en général moins de 2.500 à 3.000 euros d’impôt sur le revenu », « de ne pas payer d’impôt sur le revenu pendant les trois années qui suivront la naissance d’un enfant ».
Côté logement, Edouard Philippe entend aussi offrir « la possibilité d’obtenir un prêt à taux zéro pour les familles qui, ayant un enfant, doivent changer d’appartement et décident d’acheter un appartement ».
-
Défiscalisation des pensions, « droit au répit », carte avec avantages : Gabriel Attal au chevet des familles monoparentales
Dans sa politique familiale, Gabrial Attal axe fortement ses propositions sur les familles monoparentales. Elles sont 2,4 millions en France. Fin août, le candidat Renaissance à la présidentielle a ainsi proposé la défiscalisation des pensions alimentaires pour le parent qui les perçoit. « La pension n’est pas un revenu personnel. Elle contribue simplement aux besoins d’un enfant. Elle sert à payer la nourriture, les vêtements, le transport, la scolarité ou encore les loisirs. Elle ne vient pas enrichir celui, ou plutôt celle, qui la reçoit », a défendu Gabriel Attal. Le candidat a chiffré le coût de cette mesure : « Autour d’un milliard d’euros ».
Gabriel Attal a proposé aussi « un vrai droit au répit » pour les parents seuls. Il imagine ainsi un « droit effectif à des temps de garde et de relais » pour les « soirées, le week-end ou dans l’urgence ». Ce dispositif serait mis en place avec les CAF et les collectivités locales. De quoi permettre de « se soigner, accomplir une démarche, suivre une formation ou tout simplement prendre du temps pour soi ».
Gabriel Attal a aussi proposé un autre dispositif : la création d’une « carte famille monoparentale ». Cette carte permettrait de « faciliter l’accès à certains services publics ». Elle ouvrirait aussi l’accès à « des avantages concrets sur les transports, les loisirs, la culture ou les vacances ».
-
Bruno Retailleau : un « revenu familial » de 240 euros par mois dès le premier enfant, congé de naissance prolongé et plus de places en crèche
Pour le candidat LR, attachés aux valeurs traditionnelles, la famille est un passage obligé. Et c’est dès fin avril dernier que Bruno Retailleau a présenté sa vision de la politique familiale, ou plutôt « nataliste ».
Pour sortir la France de « l’hiver démographique », Bruno Retailleau s’est dit prêt à « bousculer l’ordre naturel des choses ». Pour relancer la natalité, le candidat LR s’appuie sur plusieurs idées, à commencer par sa mesure forte, avec l’instauration d’un « revenu familial » de 240 euros par mois dès le premier enfant. Il pourrait frôler les 1.000 euros dès le troisième. Et il prévient : pour les familles étrangères, « il faudra au moins cinq ans de résidence et de travail ». Pour les parents qui présentent « une défaillance grave avérée, notamment ceux qui ne remplissent plus leurs obligations », Bruno Retailleau serait prêt à ce que ces aides soient « suspendues ».
Le coût de la mesure paraît énorme : 40,3 milliards d’euros. Mais il serait compensé par 41 milliards d’économies grâce à la suppression de dispositifs existants, comme les allocations familiales, auxquels s’ajoutent des économies de gestion.
Autre proposition : prolonger « le congé naissance » jusqu’aux six mois de l’enfant, contre deux mois actuellement, en maintenant « 70 % du salaire ». Un coût de 700 millions d’euros.
Côté logement, Bruno Retailleau veut favoriser « l’accès aux logements sociaux » pour les plus modestes. Les familles qui veulent acheter leur résidence principale pourront « déduire une partie des intérêts de leur emprunt immobilier de leur impôt sur le revenu ».
Pour les crèches, il veut développer les solutions d’accueil, en aidant les entreprises à financer des places en crèche pour leurs salariés. Il veut aussi « simplifier les normes pour construire des crèches et en ouvrir au plus vite ».
-
Marine Le Pen veut donner la « priorité nationale » aux familles françaises pour les logements sociaux
Pour elle, la « priorité nationale » est « un droit naturel et juste ». Lors de son discours de rentrée, en septembre dernier, à Hénin Beaumont, Marine Le Pen a promis d’instaurer la préférence nationale dans le logement pour les familles françaises, et de leur « réserver » les aides personnelles au logement. « Avec nous les Français, quelles que soient leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence […] seront prioritaires chez eux », a assuré la candidate d’extrême droite à la présidentielle.
Un sujet qu’avait développé sur la matinale de Public Sénat Laurent Jacobelli, porte-parole du RN. « Les Français sont 2,8 millions en attente d’un logement social et ont leur dit vous n’êtes plus prioritaires chez vous. Ce n’est plus possible », pointe le porte-parole, qui souligne qu’il n’y a « que 11 % des Français qui habitent un logement social. Ce chiffre augmente à 33 % chez les étrangers et même à 50 % chez les étrangers venant d’Afrique. […] La priorité nationale, la plupart des pays au monde le fond », avance Laurent Jacobelli, qui ajoute : « A dossier équivalent, s’il y a une candidature présentée par une famille française et une autre présentée par une famille étrangère, la famille française passe avant ».
-
Marine Tondelier veut créer un « service public de l’accompagnement à domicile après la naissance » et « un congé d’allaitement choisi et indemnisé »
C’est une première dans l’histoire de la présidentielle. Enceinte, Marine Tondelier a donné naissance en pleine campagne électorale. Ce qui n’empêche pas, justement, la candidate des Ecologistes de faire des propositions en matière de petite enfance.
« Une politique familiale ne peut pas s’arrêter à la porte de la maternité. Après la naissance, personne ne devrait être laissé seul face aux soins, à l’épuisement et à la charge du quotidien », écrit-elle dans son livret sur la santé reproductive, sujet qui lui tient à cœur, pour celle qui a raconté être tombée enceinte après une fausse couche et un parcours de PMA et de FIV infructueux.
Marine Tondelier propose de créer un « service public de l’accompagnement à domicile après la naissance » et de construire « un congé parental mieux rémunéré, suffisamment long et comportant une part individuelle non transférable pour chaque parent ».
Elle veut aussi faire « de l’allaitement un sujet politique ». C’est pourquoi elle veut créer un « un congé d’allaitement choisi et indemnisé », inciter les entreprises à aménager le temps de travail des jeunes mères, à faciliter le télétravail et à créer des espaces dédiés au tirage de lait ou encore des poses allaitement qui seraient rémunérées. Elle réclame enfin des adaptations pour le deuxième parent, afin qu’il puisse épauler la mère allaitante.
-
Jean-Luc Mélenchon veut la gratuité des crèches publiques
Si « l’avenir en commun », le programme de Jean-Luc Mélenchon est en cours d’actualisation pour la campagne de 2027, le programme de 2022, qui avait été mis à jour, comportait déjà plusieurs mesures sur la petite enfance.
LFI proposait notamment la création d’un service public de la petite enfance, l’ouverture de 500.000 places en crèche sur cinq ans, la garantie de la gratuité des crèches publiques, ou encore le gel des ouvertures de places du secteur privé lucratif avec la réorientation des financements vers le public.
-
Le PS veut « déployer massivement les crèches publiques et associatives »
A gauche, la politique familiale est une thématique qui est jusqu’ici moins investie que d’autres sujets par les candidats. Côté PS, si l’on se réfère au projet présidentiel du parti, sur lequel le candidat désigné par la primaire pourra s’appuyer, on peut lire que le Parti socialiste propose de « créer un grand service public de la petite enfance (SPPE) pour garantir à chaque famille l’accès à des services de garde d’enfant de 3 mois jusqu’à 3 ans ».
« Face au déficit de 200 000 solutions d’accueil », le parti d’Olivier Faure veut « déployer massivement les crèches publiques et associatives » et « encadrer strictement les structures privées à but lucratif ».
Le PS propose aussi de « revaloriser les personnels des métiers de la petite enfance et rendre la formation accessible et attractive ».