Poussée de tension à l’Assemblée autour du financement des syndicats
Une poussée de tension s'est produite mardi soir à l'Assemblée entre députés LFI et communistes d'un côté, et élus de la majorité...

Poussée de tension à l’Assemblée autour du financement des syndicats

Une poussée de tension s'est produite mardi soir à l'Assemblée entre députés LFI et communistes d'un côté, et élus de la majorité...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Une poussée de tension s'est produite mardi soir à l'Assemblée entre députés LFI et communistes d'un côté, et élus de la majorité, voire LR, autour d'une forme de chèque syndical dans le projet de loi d'habilitation à réformer le code du travail par ordonnances.

Sans mentionner explicitement ce dispositif, le projet de loi ouvre, dans son article 2, la possibilité pour le salarié "d'apporter au syndicat de son choix des ressources" financées par l'employeur.

CFDT exceptée, aucune organisation patronale et syndicale n'est demandeuse de cette promesse d'Emmanuel Macron, comme l'a rappelé Pierre Dharéville (PCF). La CGPME réclame son retrait, jugeant que le Fonds pour le financement du dialogue social fonctionne bien.

Agacé que la majorité soit "régulièrement prise à partie" notamment "en feignant de croire que nous n'avons pas de coeur", Frédéric Descrozaille a appelé à "lâcher la bride" alors que "les salariés ne votent pas aux prudh'ommes ou ne se syndiquent pas" souvent. A ses yeux, "comme pour la politique, le syndicalisme comme il existe depuis des décennies a fait la preuve de son inefficacité".

Le communiste Sébastien Jumel a critiqué des "préjugés, rêves de créer un syndicat maison", insistant aussi sur la "garantie constitutionnelle" pour les syndicats, issue de la "Résistance".

Le LR Julien Aubert a reproché à "la gauche de la gauche" de "passer plus de temps à défendre les syndicats que les salariés" et de rester "dans une logique crypto-marxiste".

Un amendement LFI de suppression du chèque syndical a été rejeté par 212 voix contre 27, à la satisfaction de la majorité.

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "des applaudissements à l'idée que les syndicats sont inutiles" ou de "grosses machines" alors que "CGT, FO ou Sud se sont construites dans les luttes". "Vous ne faites que reprendre des arguments qui, naguère, étaient ceux de Mme Le Pen ou de son père contre les organisations syndicales", a-t-il lâché.

Les "Insoumis" sont hostiles à cette mesure, car "les syndicats ont "toujours mis en avant la nécessité de leur indépendance, notamment financière", selon l'ex-candidat à la présidentielle.

"Le syndicalisme est une très belle histoire dans la France (...) mais pour redonner du sens, il faut repartir à la base", a plaidé M. de Crozeilles, appelant à "refaire confiance aux gens".

Pour Patrick Mignola (MoDem), "notre dialogue social jusqu'à présent se situait dans l'histoire de luttes respectables mais reste trop marqué par (...) une forme de post-lutte des classes".

Le chèque syndical est "une innovation intéressante", pour Patrick Hetzel (LR), défendant "liberté et responsabilité".

Des FN ont contesté une mesure donnant "davantage de ressources aux syndicats" pourtant touchés par divers "scandales financiers" ou créant "une charge financière nouvelle aux entreprises".

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Affaire Lyhanna : après un rapport accablant de l'inspection, la responsabilité politique est-elle écartée ?

L'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice déclenchée par la mort de la jeune Lyhanna a pointé, ce lundi, une série de dysfonctionnements suite au dépôt de plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella. Sébastien Lecornu indique que « la puissance publique ne se défaussera pas » face à « une vérité d'une extrême gravité » et promet des mesures, sans évoquer la proposition de « loi intégrale » sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

France Extreme Weather Heat
8min

Politique

Canicule : le congé climatique fait monter la température politique

Face à une nouvelle vague de chaleur, les Écologistes proposent la création d’un « congé climatique » de cinq jours par an. Une mesure qui est déjà mise en place en Espagne depuis 2024. Entre urgence sanitaire, coût économique et adaptation de la société, la mesure attise les débats bien au-delà du thermomètre.

Le

The left-wing groups give a press conference on Bill of Finance
6min

Politique

Sénatoriales 2026 : les communistes visent « la stabilité », voire gagner des sièges « si toutes les planètes sont alignées »

Avec seulement 4 sénateurs renouvelables sur 18, le groupe CRCE-K (communiste) du Sénat aborde les élections sénatoriales de septembre prochain avec une certaine sérénité. Il espère conserver les sièges de ses quatre sortants. C’est surtout le scrutin de 2029, où 14 siègent seront remis en jeu, qui s’annonce plus ardu.

Le

Lyhanna Case – Funerals and Last Tribute.
4min

Politique

Affaire Lyhanna : « Pertes de temps, défaillances et absence de suivi de procédure », pointe le  pré-rapport d’inspection

Trois semaines après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, l'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice a présenté un premier rapport destiné à faire la lumière sur les dysfonctionnements et les erreurs individuelles qui ont conduit à cette affaire qui a ému la France entière. Devant la presse, les deux inspecteurs généraux de la justice et de la gendarmerie, ont confirmé que la plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella n'avait « pas été traitée comme une procédure prioritaire », par les services d'enquête et le parquet du Gers.

Le