Présidentielle: l’écologiste Jadot abandonne au profit de Hamon
L'écologiste Yannick Jadot a annoncé jeudi qu'il retirait sa candidature à la présidentielle pour soutenir le socialiste Benoît Hamon, évoquant...

Présidentielle: l’écologiste Jadot abandonne au profit de Hamon

L'écologiste Yannick Jadot a annoncé jeudi qu'il retirait sa candidature à la présidentielle pour soutenir le socialiste Benoît Hamon, évoquant...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

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L'écologiste Yannick Jadot a annoncé jeudi qu'il retirait sa candidature à la présidentielle pour soutenir le socialiste Benoît Hamon, évoquant l'"accord formidable" qu'ils ont passé et demandant à Jean-Luc Mélenchon de les rejoindre.

"Ma responsabilité (...), c'est de dépasser les ego, de déporter les appareils politiques et de construire la grande aventure de cette élection présidentielle. Alors oui, ce soir, je retire ma candidature. C'est ce sur quoi voteront tous ceux qui ont participé à la primaire écologiste", a déclaré M. Jadot à France 2.

Yannick Jadot
Le candidat à la présidentielle française Yannick Jadot à Paris, le 21 février 2017
AFP

Après plus de quinze jours de tractations et un marathon final, son équipe et celle de Benoît Hamon sont parvenues jeudi à 17H30 à un accord final que M. Jadot a qualifié d'"absolument formidable pour l'espérance".

Pour être définitif, cet accord doit être validé par les quelque 17.000 électeurs de la primaire écologiste. Mais l'issue du vote fait peu de doute, la consultation sur l'ouverture de discussions avec MM. Hamon et Mélenchon ayant réuni près de 90% de suffrages favorables. Le vote électronique final doit se tenir entre vendredi et dimanche.

Yannick Jadot avait été désigné début novembre candidat d'Europe Ecologie - Les Verts en remportant la primaire aux dépens de l'ancienne ministre Cécile Duflot et des eurodéputés Karima Delli et Michèle Rivasi.

Le candidat socialiste à la présidentielle française Benoît Hamon à Arras, dans le nord de la France, le 23 février 2016
Le candidat socialiste à la présidentielle française Benoît Hamon à Arras, dans le nord de la France, le 23 février 2016
AFP

Immédiatement après cette annonce, Benoît Hamon, en meeting à Arras, s'est dit "très heureux du choix de Yannick Jadot, qui n'est pas simple, que je devienne pas simplement le candidat de la Belle alliance populaire mais aussi de l'écologie politique".

Dans cet accord, M. Jadot s'est félicité d'avoir obtenu un engagement sur "la sortie du nucléaire en 25 ans", la fin de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou encore davantage de proportionnelle aux élections.

-"Grande aventure"-

De source proche du candidat, l'accord comprend également la sortie programmée des pesticides, le principe de la réunion d'une Assemblée constituante très vite après l'élection et de nouvelles législatives avant la fin du quinquennat, ou encore un référendum dès 2017 sur le droit de vote des étrangers.

Un photomontage créé le 23 février de portrait de Yannick Jadot (g) et Benoît Hamon
Un photomontage créé le 23 février de portrait de Yannick Jadot (g) et Benoît Hamon
AFP/Archives

De sources concordantes, il contient également un accord électoral pour que les écologistes bénéficient de circonscriptions aux législatives, de telle sorte qu'"ils aient un groupe dans la majorité de M. Hamon", avec l'aval de la direction actuelle du Parti socialiste.

"Je serai dans cette campagne, je serai là tous les jours pour m'assurer que cet accord est tenu", a précisé M. Jadot, parlant d'une "grande aventure".

Le retrait de l'écologiste est une première à une présidentielle depuis la candidature de René Dumont en 1974. Depuis, sous quelque forme qu'ait pris l'écologie politique, un candidat avait toujours concouru. Noël Mamère demeure le seul à avoir dépassé 5% des voix, en 2002.

L'entente entre les deux candidats intervient au lendemain de la décision de François Bayrou de ne pas se lancer dans la présidentielle au profit d'une alliance avec Emmanuel Macron.

Du coup, M. Jadot s'est adressé directement à un autre candidat de gauche, Jean-Luc Mélenchon, invité moins d'une heure plus tard à "L'Emission politique" de France 2.

"Jean-Luc, dans cet accord, il y a tout ce que tu défends: une constituante, la proportionnelle, la sortie du nucléaire, la sortie des pesticides, la protection de la santé, la protection du travail, la lutte pour la justice sociale", a-t-il déclaré.

Reconnaissant que "ce n'est pas facile, je peux te le dire, pour moi, ce n'est pas facile", il lui a expliqué qu'ils avaient "la responsabilité de porter une incroyable espérance dans notre pays".

"Je ne ferme aucune porte", lui a répondu M. Mélenchon, proposant de rencontrer Benoît Hamon "dimanche ou lundi". "Si Benoît Hamon me dit: +je te propose le principe d'une candidature unique+, je regarderai ce qu'il propose", a-t-il promis.

Mais à la question d'un éventuel retrait de sa candidature en faveur de M. Hamon, le leader de La France insoumise a répondu: "pourquoi il ne la retirerait pas, lui?".

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