Présidentielle: l’écologiste Jadot abandonne au profit de Hamon
L'écologiste Yannick Jadot a annoncé jeudi qu'il retirait sa candidature à la présidentielle pour soutenir le socialiste Benoît Hamon, évoquant...

Présidentielle: l’écologiste Jadot abandonne au profit de Hamon

L'écologiste Yannick Jadot a annoncé jeudi qu'il retirait sa candidature à la présidentielle pour soutenir le socialiste Benoît Hamon, évoquant...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'écologiste Yannick Jadot a annoncé jeudi qu'il retirait sa candidature à la présidentielle pour soutenir le socialiste Benoît Hamon, évoquant l'"accord formidable" qu'ils ont passé et demandant à Jean-Luc Mélenchon de les rejoindre.

"Ma responsabilité (...), c'est de dépasser les ego, de déporter les appareils politiques et de construire la grande aventure de cette élection présidentielle. Alors oui, ce soir, je retire ma candidature. C'est ce sur quoi voteront tous ceux qui ont participé à la primaire écologiste", a déclaré M. Jadot à France 2.

Yannick Jadot
Le candidat à la présidentielle française Yannick Jadot à Paris, le 21 février 2017
AFP

Après plus de quinze jours de tractations et un marathon final, son équipe et celle de Benoît Hamon sont parvenues jeudi à 17H30 à un accord final que M. Jadot a qualifié d'"absolument formidable pour l'espérance".

Pour être définitif, cet accord doit être validé par les quelque 17.000 électeurs de la primaire écologiste. Mais l'issue du vote fait peu de doute, la consultation sur l'ouverture de discussions avec MM. Hamon et Mélenchon ayant réuni près de 90% de suffrages favorables. Le vote électronique final doit se tenir entre vendredi et dimanche.

Yannick Jadot avait été désigné début novembre candidat d'Europe Ecologie - Les Verts en remportant la primaire aux dépens de l'ancienne ministre Cécile Duflot et des eurodéputés Karima Delli et Michèle Rivasi.

Le candidat socialiste à la présidentielle française Benoît Hamon à Arras, dans le nord de la France, le 23 février 2016
Le candidat socialiste à la présidentielle française Benoît Hamon à Arras, dans le nord de la France, le 23 février 2016
AFP

Immédiatement après cette annonce, Benoît Hamon, en meeting à Arras, s'est dit "très heureux du choix de Yannick Jadot, qui n'est pas simple, que je devienne pas simplement le candidat de la Belle alliance populaire mais aussi de l'écologie politique".

Dans cet accord, M. Jadot s'est félicité d'avoir obtenu un engagement sur "la sortie du nucléaire en 25 ans", la fin de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou encore davantage de proportionnelle aux élections.

-"Grande aventure"-

De source proche du candidat, l'accord comprend également la sortie programmée des pesticides, le principe de la réunion d'une Assemblée constituante très vite après l'élection et de nouvelles législatives avant la fin du quinquennat, ou encore un référendum dès 2017 sur le droit de vote des étrangers.

Un photomontage créé le 23 février de portrait de Yannick Jadot (g) et Benoît Hamon
Un photomontage créé le 23 février de portrait de Yannick Jadot (g) et Benoît Hamon
AFP/Archives

De sources concordantes, il contient également un accord électoral pour que les écologistes bénéficient de circonscriptions aux législatives, de telle sorte qu'"ils aient un groupe dans la majorité de M. Hamon", avec l'aval de la direction actuelle du Parti socialiste.

"Je serai dans cette campagne, je serai là tous les jours pour m'assurer que cet accord est tenu", a précisé M. Jadot, parlant d'une "grande aventure".

Le retrait de l'écologiste est une première à une présidentielle depuis la candidature de René Dumont en 1974. Depuis, sous quelque forme qu'ait pris l'écologie politique, un candidat avait toujours concouru. Noël Mamère demeure le seul à avoir dépassé 5% des voix, en 2002.

L'entente entre les deux candidats intervient au lendemain de la décision de François Bayrou de ne pas se lancer dans la présidentielle au profit d'une alliance avec Emmanuel Macron.

Du coup, M. Jadot s'est adressé directement à un autre candidat de gauche, Jean-Luc Mélenchon, invité moins d'une heure plus tard à "L'Emission politique" de France 2.

"Jean-Luc, dans cet accord, il y a tout ce que tu défends: une constituante, la proportionnelle, la sortie du nucléaire, la sortie des pesticides, la protection de la santé, la protection du travail, la lutte pour la justice sociale", a-t-il déclaré.

Reconnaissant que "ce n'est pas facile, je peux te le dire, pour moi, ce n'est pas facile", il lui a expliqué qu'ils avaient "la responsabilité de porter une incroyable espérance dans notre pays".

"Je ne ferme aucune porte", lui a répondu M. Mélenchon, proposant de rencontrer Benoît Hamon "dimanche ou lundi". "Si Benoît Hamon me dit: +je te propose le principe d'une candidature unique+, je regarderai ce qu'il propose", a-t-il promis.

Mais à la question d'un éventuel retrait de sa candidature en faveur de M. Hamon, le leader de La France insoumise a répondu: "pourquoi il ne la retirerait pas, lui?".

Partager cet article

Dans la même thématique

ill_institution_assemblee_nationale_15
10min

Politique

Les pétitions, un nouvel outil de pression citoyenne sur le débat public ?

Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.

Le

Recolte betterave 2020
7min

Politique

Projet de loi d'urgence agricole : une censure du Conseil constitutionnel est-elle envisageable ?

Mercredi, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole qui prévoit l'utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Un texte qui va faire l'objet d'une saisine du Conseil constitutionnel par différents groupes politiques. L'année dernière, les Sages avaient censuré une disposition similaire issue d'un texte d'origine sénatoriale, mais les parlementaires ont, depuis, revu leur copie.

Le

Paris : Weekly cabinet meeting at Elysee Palace
5min

Politique

Quels ministères ont connu le plus de ministres pendant les mandats d’Emmanuel Macron ?

Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont été marqués par un nombre important de gouvernements. Sur ces neuf ans, c’est le ministère de la Santé qui a connu le plus de ministres, talonné par les ministères en charge des Collectivités territoriales ou de l’Environnement. Les Armées, l’Economie et les Affaires étrangères sont ceux avec le plus de stabilité. Le reflet de choix politiques ou le fruit d’une instabilité politique ?

Le