Régionales et départementales : l’exécutif réfléchit à un report des élections cet automne
Mercredi soir lors de la concertation avec les parlementaires en amont des annonces de renforcement des mesures sanitaires, le Premier ministre a laissé entendre que le report des élections régionales et départementales n’était pas « écarté ».

Régionales et départementales : l’exécutif réfléchit à un report des élections cet automne

Mercredi soir lors de la concertation avec les parlementaires en amont des annonces de renforcement des mesures sanitaires, le Premier ministre a laissé entendre que le report des élections régionales et départementales n’était pas « écarté ».
Public Sénat

Par Pierre Maurer

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Parmi les élus, beaucoup le redoutent depuis de long mois : un nouveau report des élections départementales et régionales. Déjà décalées en juin 2021, les élections pourraient à nouveau être déplacées cet automne face à la persistance de l’épidémie de covid-19.

Mercredi soir, lors de la concertation avec les parlementaires, et conformément à ce qui était prévu, le Premier ministre a indiqué attendre la remise de l’avis du Conseil scientifique le 1er avril pour maintenir ou non les élections régionales en juin. Concrètement, l’option de les reporter n’est pas « écartée », confiait à Public Sénat Patrick Kanner, le patron des sénateurs socialistes. « En gros, il y a une hypothèque mais pas besoin d’être grand clerc pour savoir que si la circulation est haute, une décision sera prise », abondait le président des centristes Hervé Marseille. « Si l’avis du Conseil est négatif, il faudra un nouveau texte », anticipait déjà, lui, le président du groupe écologiste Guillaume Gontard.

Report fin septembre, début octobre

Ce jeudi, le Figaro dévoile que l’exécutif prévoit bien de convoquer les chefs de partis début avril pour convenir d’une décision consensuelle. « L’obsession du Président est de protéger les gens. Il ne prendra pas de décision, y compris le maintien d’une campagne, qui irait à cet encontre. On sent bien, sans trahir de secret, que la situation va plus mal aujourd’hui qu’hier et il serait étonnant que le virus régresse dans quinze jours ou trois semaines », explique au quotidien l’entourage du chef de l’Etat.

C’est bien l’organisation de la campagne électorale qui préoccupe le château. « Si on n’a pas un délai de deux mois pendant lequel les gens peuvent se rencontrer, il est compliqué de faire campagne », poursuit l’Elysée. Un véhicule juridique serait d’ailleurs déjà « quasi-prêt ». Comme le prévoyait Guillaume Gontard, le gouvernement présenterait alors un nouveau texte au Parlement en avril pour reporter les élections cet automne, en septembre ou octobre.

« Je suis persuadé que les régionales n’auront pas lieu en juin »

Une lourde décision qui ne serait pas sans conséquences politiques et techniques. D’abord, il faudra tirer au clair le potentiel chevauchement des comptes de campagne des élections régionales et départementales avec ceux de la campagne présidentielle. Ensuite, parce que certains partis ont fait de cette élection une quasi primaire pour déterminer leur candidat à la présidentielle. Notamment à droite où Xavier Bertrand a fait de sa réélection dans les Hauts-de-France la condition sine qua non de sa présence à la course à l’Elysée.

Décaler les élections bouleverserait l’agenda des Républicains qui doivent se retrouver début septembre pour départager les nombreux candidats putatifs. « Je ne conçois pas qu’on puisse reporter une échéance démocratique », s’est inquiété sur Sud Radio mardi le secrétaire général de LR Aurélien Pradié, lui-même candidat aux régionales en Occitanie. Pourtant, l’état-major des Républicains se prépare à la perspective d’un report depuis quelque temps. « Je suis persuadé que les régionales n’auront pas lieu en juin. On y réfléchit », nous confiait il y a quelques semaines un ténor de la rue de Vaugirard. Rendez-vous en avril.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
5min

Politique

IA : la France débloque 655 millions d’euros pour accélérer sa souveraineté numérique

À la veille de l’ouverture du salon VivaTech à Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un investissement supplémentaire de 655 millions d’euros dans l’intelligence artificielle. Au-delà du soutien à la recherche et aux infrastructures, le gouvernement entend faire de l’IA un levier de modernisation de l’État tout en renforçant l’indépendance technologique de la France face aux géants américains.

Le

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : pourquoi l’idée du gouvernement d’instaurer un principe « casseur/payeur » risque d’être censurée par le Conseil constitutionnel ?

Après les violences et dégradations commises en marge de la victoire du PSG en Ligue des champions, le gouvernement va présenter un projet de loi « visant à faire assumer directement aux auteurs, le coût des déclarations commises dans l’espace public ». Un principe du « casseur-payeur » déjà inscrit dans le texte « anti casseurs » de Bruno Retailleau avant d’être modifié avant son adoption finale en raison d’un risque d’inconstitutionnalité.

Le