« Il y aura certainement des questions à se poser dans les prochaines années sur les moyens dont dispose Météo-France ». Auditionnée hier par les sénateurs pour évoquer la canicule historique de juin, qui pourrait devenir presque banale à la fin du siècle, la PDG de l’opérateur public, Virginie Schwarz, alertait sur son manque de ressources. L’augmentation des événements météorologiques extrêmes, vagues de chaleur en tête, exige selon elle de revoir son enveloppe.
Invité de Public Sénat ce jeudi, le sénateur Vincent Capo-Canellas abonde : « Il faut sanctuariser les moyens de l’opérateur météo qui vise à donner l’alerte et à permettre à chacun de s’organiser. » En 2021, l’élu centriste signait un rapport détaillant la chute des effectifs de Météo-France, passés de 3 600 à 2 500 entre 2008 et 2022. « Depuis mon rapport et depuis l’intervention du ministre Christophe Béchu [en poste de 2022 à 2024, ndlr], ancien sénateur aussi, il y a eu une stabilisation des moyens. Certaines années, on a réussi à avoir quelques postes en plus », note-t-il aujourd’hui.
« On a tendance à couper partout aveuglément »
Toujours insuffisant, après des années de vaches maigres : « Météo-France est vraiment à la limite », prévient-il. Avec le Cerema, qui aide à l’adaptation des territoires, « il faut que ces opérateurs gagnent en moyens, parce que c’est l’ingénierie de l’État qui nous permet d’avoir la compréhension de ces phénomènes et de bien nous y adapter, poursuit Vincent Capo-Canellas. Et c’est le drame du moment, comme on manque d’argent, on a tendance à couper partout aveuglément. »