"Foire aux ordures", "abomination", "naufrage voyeuriste": les responsables politiques ont unanimement condamné vendredi la diffusion sur le web...
Retrait de Griveaux: la classe politique unanime s’indigne d’une « menace pour la démocratie »
"Foire aux ordures", "abomination", "naufrage voyeuriste": les responsables politiques ont unanimement condamné vendredi la diffusion sur le web...
Par Adrien DE CALAN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"Foire aux ordures", "abomination", "naufrage voyeuriste": les responsables politiques ont unanimement condamné vendredi la diffusion sur le web de la vidéo intime à l'origine de la chute de Benjamin Griveaux, une "menace pour la démocratie" selon eux.
"L'attaque indigne qu'il subit est une menace grave pour notre démocratie", a ainsi tweeté Cédric Villani, candidat dissident ex-LREM à la Mairie de Paris, après le retrait de son rival.
Auprès de l'AFP, la maire PS de Paris Anne Hidalgo, candidate à sa propre succession, a appelé "au respect de la vie privée et des personnes" et à "un débat digne".
"Les Parisiens méritent une campagne apaisée et digne", a également commenté la candidate LR Rachida Dati, tandis que le candidat écologiste David Belliard prenait acte de "la décision difficile" de son concurrent et réclamait le "respect de la vie privée".
"La publication d'images intimes pour détruire un adversaire est odieuse. Refusons le naufrage voyeuriste de la vie publique du pays. Non, tous les coups ne sont pas permis", a lancé le patron de LFI Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.
Egalement indignée, la présidente du RN Marine Le Pen, même si elle trouve que Benjamin Griveaux "s'est incontestablement comporté de manière irresponsable", se demande s'il "n'a pas été en réalité victime aussi d'un coup monté". Une méthode qui pourrait être utilisée "contre d'autres responsables politiques pour pouvoir déstabiliser le processus démocratique dans une élection".
"Jusqu'où ira-t-on dans la honte et l'abomination ? Ce n'est plus aux chiens qu'on livre les hommes désormais, mais aux rats planqués au fond des pires égouts", affirme l'ancienne socialiste et ministre de la Culture Aurélie Filippetti sur Twitter.
Pour le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand (LREM), "notre vie publique et démocratique a franchi un cap aujourd'hui dans l'ignominie. Il nous faut collectivement en prendre conscience et nous battre pour maintenir un cadre républicain, respectueux des personnes".
"Ce ne sont pas que Benjamin et sa famille qui sont salis. Mais la démocratie", juge encore le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre, pendant que son collègue Bruno Questel fustige une "saloperie" et une "foire aux ordures".
Le Premier ministre Edouard Philippe, candidat aux municipales au Havre, exprime sa "sympathie" à l'ex-candidat (LREM) Benjamin Griveaux qui a du se retirer de la bataille des municipales à Paris après diffusion d'une vidéo à caractèrte sexuel, le 14 février 2020
AFP
Du Havre, le Premier ministre Edouard Philippe a exprimé sa "sympathie" et son "soutien" à Benjamin Griveaux et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner juge que ces faits devaient "être poursuivis" car sinon c'est "le système démocratique qui serait emporté".
A Paris, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye dénonce, comme la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, des "boules puantes".
Pour le délégué général du mouvement LREM Stanislas Guerini, la méthode utilisée "doit nous interroger collectivement sur l'état de notre démocratie et je crois que nous devons avoir aussi la responsabilité collective de dire: pas ici, pas en France!".
La députée Olivia Grégoire assure qu'il y aura "quoi qu'il arrive" une liste LREM aux élections municipales à Paris.
- "La fange" -
Le président du groupe LR à l'Assemblée, Damien Abad, considère que cette "poubellisation de la vie politique, cette atteinte permanente à la vie privée, ce lynchage gratuit, ce bal des boules puantes sont autant de signaux d'une démocratie malade, sans boussole ni repère".
"Je pense que de Gaulle et Séguin se retournent dans leurs tombes", complète le sénateur LR Roger Karoutchi, qui trouve "détestable de devoir se retirer pour des raisons pareilles".
"Ca n'est pas digne du débat démocratique", dit le député RN Sébastien Chenu qui appelle sur BFMTV "au respect de la vie privée des personnes".
La députée insoumise Clémentine Autain souligne que "rien d'illégal dans ce qui est révélé à ce stade sur Benjamin Griveaux. Son intimité sexuelle ne devrait pas se retrouver sur la place publique (...) Ce climat est inquiétant d'un point de vue démocratique".
"Ressaisissons-nous collectivement ou nous allons tous nous noyer dans la fange", prévient l'essayiste et eurodéputé de gauche Raphaël Glucksmann. "La transparence nécessaire ce n'est pas le déballage délétère. Nous devons tous défendre la démocratie contre ces dérives", abonde le N.1 du Parti socialiste Olivier Faure.
A gauche toujours, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel trouve que "ceux qui participent à cette opération sont d'ignobles personnages".
Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.
Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.
Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.
Après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017 puis écarté une candidature en 2022, François Hollande prépare méthodiquement son possible retour dans la course à l’Élysée. À huit mois de la présidentielle de 2027, l’ancien chef de l’État sort un livre avec 80 propositions, multiplie les apparitions et mise sur une gauche sociale-démocrate sans candidat naturel. Mais dans une Ve République où les anciens présidents ont rarement réussi leur retour, son pari consiste à transformer une popularité retrouvée en véritable désir de candidature.