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Sénatoriales : Les Républicains limitent l’érosion et sont priés de se positionner vis-à-vis du RN

Groupe le plus important de la chambre haute avec 131 sénateurs avant le renouvellement de dimanche, l’enjeu pour Les Républicains n’était pas de gagner des sièges mais de limiter un effritement à quelques sièges en moins. Le principal enjeu pour le groupe présidé par Mathieu Darnaud sera son positionnement vis-à-vis du nouveau groupe RN.
Simon Barbarit

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« Carton plein pour Bruno Retailleau qui obtient les 3 sièges aux sénatoriales de Vendée », s’est félicité l’entourage du candidat à la présidentielle quelques minutes après les résultats. Derrière ce résultat plus qu’attendu, la photo d’ensemble est un tout petit peu moins enthousiasmante. Avec 131 membres avant le renouvellement, le groupe présidé par Mathieu Darnaud a perdu quelques plumes. « On aura 125, 124 élus. Ce qui fait 35 % du Sénat, Nous sommes le premier groupe du Sénat. C’est une érosion, c’est incontestable. On aimerait avoir plus six que moins six, moins sept », a confié le sénateur LR de l’Oise, Olivier Paccaud, sur le plateau de Public Sénat.

Le président du groupe, Mathieu Darnaud, réélu dès le premier tour, a préféré, lui, voir le verre à moitié plein. « On nous prédisait des pertes de sièges mais nos sortants sont confortés et nous avons gagné des sièges en Creuse, dans l’Aube et en Corrèze », a-t-il souligné.

Jordan Bardella tend la main « aux patriotes sincères des LR »

Mais à quelques mois de l’élection présidentielle, la majorité sénatoriale de la droite et du centre qui reste solidement ancrée pourrait vaciller quelque peu sur ses appuis. Dans le Sud, l’alliance des ciottistes de l’UDR avec le RN a envoyé neuf élus au Sénat, contribuant largement à la constitution d’un groupe en s’appuyant sur des transfuges venus d’une droite traditionnelle divisée. Avec sept sénateurs, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur fournit le gros des troupes du groupe RN-UDR au Sénat, avec deux élus dans les Bouches-du-Rhône, deux dans le Var, deux dans les Alpes-Maritimes et un dans le Vaucluse. Deux élus dans le Gard et dans l’Hérault complètent le tableau sur le pourtour méditerranéen. Sans oublier l’élection d’Edwige Diaz en Gironde et celle Léon Levasseur en Seine-Maritime.

Depuis La-Seyne-sur-Mer (Var), le patron du RN, Jordan Bardella a tenté le de distiller le poison de la division en pointant des « LR (qui) ne savent plus où ils habitent » et en rappelant que Bruno Retailleau a été ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron. Jordan Bardella a alors « tendu la main aux patriotes sincères des LR » pour les appeler à venir travailler à ses côtés, « dans la mesure où Bruno Retailleau finira très certainement par se retirer pour Édouard Philippe », a-t-il prédit..

Dans la soirée, la pression est aussi venue de la gauche. La sénatrice écologiste, Mélanie Vogel a, notamment appelé ses collègues de droite à faire un barrage républicain et à maintenir le cordon sanitaire avec l’extrême droite dans l’hémicycle. « J’appelle mes collègues à être le dernier rempart contre la normalisation de l’extrême droite », a-t-elle lancé.

RN : « Il n’y a pas de cordon sanitaire dans la démocratie », estime Sophie Primas

Une question que les Républicains n’ont pas cessé d’éluder durant toute la soirée. « Il n’y a pas de cordon sanitaire dans la démocratie. La démocratie s’est exprimée pendant les élections municipales. Aujourd’hui, la conséquence de ces élections c’est la création d’un nouveau groupe », a minimisé la sénatrice des Yvelines, Sophie Primas. Gérard Larcher, qui a officialisé sa nouvelle candidature pour le Plateau, a rappelé que le Sénat devait rester « cette assemblée du débat apaisé ».

 

« Un groupe entre 10 et 15 ne dictera pas sa loi. Est-ce que cela va transformer le Sénat, je ne le pense pas. Ce n’est pas le RN qui a gagné ce soir, LR reste le premier groupe. Il n’y aura pas de porosité », a assuré le sénateur des Pyrénées Atlantiques, Max Brisson.

« On aimerait bien être considérés comme faisant partie de la majorité

Si les LR restent le pilier principal de la majorité sénatoriale, ils sont aussi pressés de s’ouvrir à un autre partenaire, le groupe Les Indépendants-République-et-Territoire de Claude Malhuret dans lequel siègent la plupart des sénateurs Horizons du Sénat. « Ce groupe n’a fait qu’augmenter à chaque renouvellement […] le groupe LR et le groupe centriste nous ont toujours trouvé pour voter avec la majorité sénatoriale. Mais on aimerait bien être considérés comme faisant partie de la majorité. C’est important pour nous d’être consultés », a plaidé Laure Darcos, sénatrice de l’Essonne avant d’ajouter : « pour la campagne présidentielle, nous ferons partie du même groupe ».

Une affirmation qui n’est pas vraiment l’orientation choisie par le candidat LR à la présidentielle et ce même si, sur le plateau de Public Sénat, Laure Darcos a rappelé opportunément que Bruno Retailleau a été « ministre d’Emmanuel Macron »

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