Alexandre Benalla s'est cramponné vendredi à sa ligne de défense en évoquant sur TF1 une "histoire banale", loin d'une "affaire d'Etat", malgré...
« Une histoire banale »: Benalla persiste et signe mais l’orage gronde toujours
Alexandre Benalla s'est cramponné vendredi à sa ligne de défense en évoquant sur TF1 une "histoire banale", loin d'une "affaire d'Etat", malgré...
Par Jérémy MAROT
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Alexandre Benalla s'est cramponné vendredi à sa ligne de défense en évoquant sur TF1 une "histoire banale", loin d'une "affaire d'Etat", malgré les répercussions illustrées par le dépôt d'une deuxième motion de censure contre le gouvernement.
Dans une interview enregistrée et diffusée au 20H00 de TF1,l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron a déploré "la folie qui s'est emparée de cette histoire banale", cette "histoire de droit commun" dans laquelle "il ne se passe rien".
"Il n'y a pas d'affaire d'Etat là-dedans", a-t-il martelé, répétant quasiment mot pour mot une argumentation déroulée la veille dans un entretien fleuve au Monde.
Alexandre Benalla doit cependant faire face à un nouvel incident révélé par Libération après l'enregistrement de l'interview. Avec Vincent Crase, employé de la République en marche, il font l'objet depuis jeudi de deux plaintes de deux jeunes de 23 et 24 ans, adressées au parquet de Paris, a affirmé l'un de leurs avocats, Me Grégory Saint-Michel.
Les plaignants le mettent en cause dans une autre interpellation musclée au Jardin des Plantes, survenue le même jour, quelques heures avant l'épisode de la Contrescarpe, selon cette source.
Mis en examen pour "violences en réunion" après avoir été filmé le 1er mai frappant et malmenant des manifestants à Paris, Alexandre Benalla a assumé sur TF1 "des gestes vigoureux". Mais il revendique surtout "une réaction de citoyen" contre des manifestants qu'il qualifie de "casseurs". "Il n'y a aucun coup porté", a-t-il aussi lancé en s'élevant contre "les nombreux fantasmes" autour de ses supposés privilèges et sa relation de proximité avec Emmanuel Macron.
"J'ai été sous l'orage médiatique, on a raconté un tas de bêtises à mon encontre et on a pu à travers moi atteindre le président de la République", a-t-il déploré.
Capture d'écran réalisée le 27 juillet 2018 de l'interview d'Alexandre Benalla enregistrée et diffusée au 20H00 de TF1
TF1/AFP
Cette sortie médiatique a déclenché l'ironie du député LR Marc Le Fur, parmi les premiers à réagir: "TF1 a le droit d'interviewer Benalla, pas la commission d'enquête parlementaire présidée par LREM", a-t-il cinglé dans un tweet.
Vendredi, désertée par l'opposition, cette commission a conclu ses auditions avec seulement quelques députés LREM.
Après l'audition toute cette semaine de nombreux protagonistes de l'affaire par des députés et sénateurs, l'exécutif et sa majorité s'efforcent de sortir de la crise. Le président de la République, d'abord silencieux pendant plusieurs jours, a dit assumer en bloc sa responsabilité, avant de considérer close cette "tempête dans un verre d'eau".
A sa suite, sa garde rapprochée a martelé vendredi sa volonté de tourner la page.
"Le gouvernement est au travail", a assuré sur France 2 Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. Message en miroir sur France Info de son collègue Julien Denormandie (Cohésion des territoires): "Je pense qu'il faut se remettre au travail".
- La gauche ponctuellement unie -
Si la majorité fait bloc autour du président, les oppositions n'entendent surtout pas desserrer l'étau autour de l'exécutif, alors que se profile la fin de la session parlementaire mercredi puis, vendredi, le dernier conseil des ministres avant la pause estivale.
Deux motions de censure seront soumises aux députés mardi. L'une a été déposée par le groupe Les Républicains, l'autre par Nouvelle Gauche (PS), GDR (communistes) et France insoumise, les trois groupes de gauche de l'Assemblée unis pour une fois.
Le président Emmanuel Macron et Alexandre Benalla, alors chargé de sa sécurité, au salon de l'Agriculture à Paris, le 24 février 2018
AFP/Archives
La discussion des motions de droite et de gauche sera commune, avant deux votes séparés.
Ces initiatives ont très peu de chance d'aboutir, étant donnée la solide majorité dont disposent le groupe En Marche (LREM) et ses alliés, mais le symbole demeure: ces motions de censure seront les premières discutées à l'Assemblée depuis l'accession d'Emmanuel Macron à l'Elysée.
Dès jeudi soir, la commission d'enquête de l'Assemblée sur l'affaire Benalla a implosé. A l'issue d'une nouvelle audition du préfet de police de Paris Michel Delpuech, le co-rapporteur LR Guillaume Larrivé s'est dit "contraint de suspendre sa participation à ce qui n'est devenu hélas qu'une parodie". Le reste de l'opposition a claqué la porte après lui.
Côté judiciaire, l'enquête sur l'affaire Benalla va être étendue à la diffusion sur Twitter d'extraits de la vidéosurveillance montrant la scène de la place de la Contrescarpe où Alexandre Benalla se trouvait le 1er mai.
Cette décision intervient au lendemain d'un article de Mediapart montrant notamment "une copie d'écran d'un compte Twitter publiant une image extraite" de la vidéoprotection de la ville de Paris, a indiqué le parquet. Sur le compte en question, @FrenchPolitic, la photo de profil reprend le logo du parti présidentiel En Marche!
Enfin, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb va donner des instructions aux préfets pour que les futurs observateurs immergés dans les services de police et gendarmerie -le statut qu'avait M. Benalla le 1er mai- portent un "signe distinctif" et que leurs conditions d'accueil fassent l'objet d'une charte. Il suit en cela les préconisations d'un rapport rendu vendredi par l'IGPN, la "police des polices".
Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.
Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.
Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.
Une opération de désinformation en ligne visant à faire croire à une implication d’Emmanuel Macron dans l’affaire Epstein a été détectée par la France. Elle est attribuée à un réseau russe déjà responsable de plusieurs dizaines d’attaques informationnelles.