Alors que des gilets jaunes appellent déjà à un « acte II » le 24 octobre, après la mobilisation du week-end dernier contre la vie chère, marquée par des violences urbaines hors normes, Sébastien Lecornu promet : « Le dispositif de samedi prochain sera massif. » Devant les députés ce mercredi, le Premier ministre s’est engagé à en faire la présentation jeudi prochain, lorsqu’il recevra les représentants des principales formations politiques, à Matignon.
L’Assemblée nationale s’apprête à lancer une commission d’enquête sur les phénomènes de casse et les pillages qui ont fait basculer les manifestations dans le chaos dans de nombreuses villes, mais aussi sur les failles du dispositif de sécurité. De son côté, la commission des lois du Sénat a annoncé lundi soir ouvrir une mission d’information à ce sujet. « Ce qui n’a pas fonctionné, c’est la capacité de notre renseignement à tout voir. Je dis bien tout voir. Notre renseignement a vu beaucoup de choses, mais pas tout », a concédé Sébastien Lecornu, à l’occasion de la séance de questions d’actualités au gouvernement, à l’Assemblée nationale.
« Des conclusions assez rapides » sur les failles du maintien de l’ordre
« Le dispositif mis en place était un dispositif, au fond, trop statique et pas assez mobile », a reconnu le chef du gouvernement. « On voit bien qu’à Paris, c’est la brave M qui a fait preuve de beaucoup d’efficacité parce que précisément face aux essaims de délinquants, de pilleurs ou de casseurs, c’est l’utilisation plus mobile des forces qui a été et efficace. De cela nous en tirerons évidemment un certain nombre de conclusions assez rapides », a-t-il promis.
Tandis que de nombreux commentateurs ont évoqué un manque d’effectifs du côté des forces de l’ordre face au nombre de manifestants, le Premier ministre a défendu le choix fait par les hiérarchies « de ne pas avoir annulé les congés longue durée pour les policiers et les gendarmes qui avaient été largement sollicités en Hexagone et en Outre-mer. » « S’il n’y a pas de bavure ou de nombreuses bavures – hors celles que l’IGPN est en train de regarder au cas par cas et qui ne sont pas la majorité, contrairement à ce que certains veulent bien raconter -, c’est aussi parce que le repos physiologique du fonctionnaire de police, du militaire de la gendarmerie fait partie des décisions de commandement », a-t-il plaidé.
LFI accusée d’être à l’origine des violences urbaines
Par ailleurs, Sébastien Lecornu a fermement démenti le fait que la police fasse du « renseignement politique », dénonçant une « nouvelle infamie » de la part de La France insoumise. « C’est faux, c’est faux depuis les années 1990 et vous le savez très bien. Il est impensable qu’un gouvernement puisse donner de pareilles instructions », a-t-il martelé. Selon un article publié lundi par Mediapart, qui a recueilli le témoignage de plusieurs policiers, le gouvernement aurait tenté d’orienter le travail des services de renseignements pour faire porter sur les groupuscules d’ultra gauche et La France insoumise la responsabilité des violences et des pillages commis ce week-end. En réponse, LFI a annoncé vouloir poursuivre Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, devant la Cour de justice de la République.