5 764. C’est le nombre de décès excédentaires enregistrés sur la période caniculaire, et dont la moitié en trois jours, du 25 au 27 juin dernier. Cette surmortalité ne peut encore être expliquée officiellement par la canicule, précise l’Agence nationale de santé publique. Ce bond est « inédit » car il concerne « toutes les classes d’âge à partir de 15 ans » avec une « augmentation marquée dès 45 ans ». Ce sont au total 98,5 % de la population hexagonale dans 92 départements qui ont été touchés.
Au fil des heures, le bilan s’est affiné. Concernées par les deux tiers de ces décès en excès, avec au moins 3 719 morts – soit une augmentation de 33.3 %, les personnes âgées de 75 ans et plus sont souvent celles les plus vulnérable et les plus touchées par les fortes chaleurs.
Santé publique France annonce également un évènement très meurtrier pour les 45-64 ans, avec 979 décès et une différence de 55 % par rapport à la mortalité attendue à cette période de l’année, hors évènements extraordinaires.
« D’une sévérité exceptionnelle »
C’est une augmentation de plus de 36%, qui traduit d’une « intensité remarquable » l’épisode de canicule de juin dernier. Des départements ont été plus concernés que d’autres. C’est le cas notamment de l’Île-de-France, avec une mortalité qui a doublé par rapport à son niveau habituel, ou le Centre-Val-De-Loire avec une augmentation de 62.6 % des décès enregistrés. Cette intensité ne se confirme pas dans les régions un peu moins exposées, comme en Corse ou encore en Occitanie.
L’Agence nationale de santé publique affirme dans son bulletin : « Cette période de canicule a été plus intense que celle d’août 2003 ». Les fortes chaleurs de 2003 avaient marqué considérablement le pays en causant 15 000 morts.
Une bataille politique au-delà des chiffres
Déjà, le 29 juin dernier, Guillaume Gontard, sénateur écologiste, clamait son inquiétude sur un nombre de décès dû à la canicule qui pourrait atteindre 10 000 morts. Ce chiffre avait fait bondir Sébastien Lecornu, dénonçant « un bilan humain faussé ».
Santé publique France avait, quant à elle, refusé toute comparaison avec 2003.
De son côté, le gouvernement est accusé d’impréparation par les oppositions, au-delà des Écologistes. En cause : les services hospitaliers débordés et sans moyens, ou encore des écoles contraintes de fermer leurs portes. Ajouté à cela, le bilan avancé par l’Agence nationale de santé publique sur l’épisode caniculaire de juin dernier, avec 5 764 morts en excès sur 16 jours.
À ce stade, ces chiffres sont « non consolidés » et en attente d’un bilan définitif à l’automne. Malgré tout, ils confirment le fort impact sanitaire de cet évènement.
L’an dernier, Santé publique France comptabilisait 5 700 décès sur tout l’été 2025 attribuables aux fortes chaleurs.
Matthieu Le Norcy