« Emmerder les non-vaccinés » : « Ce qu’a dit le président de la République, je l’entends partout », défend Jean Castex
Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le Premier ministre, Jean Castex est revenu sur les propos polémiques du chef de l’Etat à l’adresse des personnes non-vaccinés. « Il y a une forme d’exaspération de nos concitoyens à se voir imposer un certain nombre de contraintes », a-t-il justifié.

« Emmerder les non-vaccinés » : « Ce qu’a dit le président de la République, je l’entends partout », défend Jean Castex

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le Premier ministre, Jean Castex est revenu sur les propos polémiques du chef de l’Etat à l’adresse des personnes non-vaccinés. « Il y a une forme d’exaspération de nos concitoyens à se voir imposer un certain nombre de contraintes », a-t-il justifié.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

C’était incontournable, la première interpellation des questions d’actualité au gouvernement du Sénat a porté sur l’interview du chef de l’Etat dans le journal le Parisien dans laquelle il confie vouloir « emmerder » les non-vaccinés.

Lire notre article: Emmanuel Macron a « très envie d’emmerder les non-vaccinés » : les sénateurs vent debout

C’est le président du groupe LR, Bruno Retailleau qui s’y est collé. « Les mots d’Emmanuel Macron sont dans tous les esprits et ces mots, je ne les prononcerai pas […] Aucune urgence sanitaire ne justifie des propos d’une telle brutalité, d’une telle indignité […] qu’un président de la République aille jusqu’à daigner à ses propres compatriotes, la qualité de concitoyens », a-t-il fustigé sous les applaudissements nourris de l’hémicycle.

Bruno Retailleau en arrive à sa question. « Celui qui vous parle est vacciné, j’ai voté le passe sanitaire, je vais voter le passe vaccinal […] Alors que notre débat public est pollué par la violence, pensez-vous vraiment que la réponse à la violence est une autre forme de violence, la violence verbale […] (En tant que) maire, auriez-vous utilisé ces mots-là ? »

« Il y a une forme d’exaspération de nos concitoyens à se voir imposer un certain nombre de contraintes »

Le Premier ministre a préféré « se placer au fond du sujet » plutôt que de s’étendre sur la forme. Même s’il n’a pas manqué de rappeler que le terme « emmerder » a déjà été utilisé naguère par un chef d’Etat, Georges Pompidou.

Au moment où notre pays est confronté à nouveau, à une vague d’une forte ampleur […] Oui, nous avons une difficulté avec celles et ceux de nos concitoyens qui ne sont pas vaccinés […] Quand je vais sur le terrain, dans les services de soins critiques, ce qu’a dit le président de la République, je l’entends partout. Il y a une forme d’exaspération de nos concitoyens à se voir imposer un certain nombre de contraintes, alors que d’autres font le choix de s’en affranchir avec toutes les conséquences qu’à a », a-t-il mis en avant.

Le Premier ministre a ensuite jugé que les propos du chef de l’Etat s’inscrivaient « en parfaite cohérence » avec le projet de loi sur le passe vaccinal, et ce même si cette interview a déclenché une bronca de l’opposition à l’Assemblée nationale conduisant à une suspension de séance. « C’est-à-dire pousser à la vaccination, responsabiliser toujours davantage celles et ceux de nos concitoyens qui s’y refusent et pour contrer l’exaspération de ceux qui font l’effort de se conformer aux règles de la vie civique […] Je constate avec regret qu’on a l'air de se saisir de tous les motifs pour en retarder l’examen », a-t-il tancé sous les huées des sénateurs.

« Qui outrage la Nation ? Qui fracture la Nation ?

Le président du groupe Union centriste, Hervé Marseille a poursuivi l’échange sur ce sujet. Evoquant l’exposé des motifs du texte sur le passe vaccinal, le sénateur UDI souligne qu’« on parle de protéger la population et non pas d’employer un autre verbe, qui consiste à montrer du doigt, stigmatiser une partie de la population française. A partir de là, c’est une autre dimension ». S’il rappelle qu’« à chaque fois qu’il a fallu prendre des mesures difficiles, le Sénat a répondu présent », Hervé Marseille souligne que « le Parlement n’a pas vocation à ennuyer une partie de la population française ».

« Qui outrage la Nation ? Qui fracture la Nation ? Et qui conduit les soignants dans nos urgences à faire des choix éthiques dramatiques ? C’est une infime minorité » lui a répondu Jean Castex, qui conclut : « A un moment donné, il faut appeler un chat un chat, responsabiliser nos concitoyens et se donner ensemble les moyens de lutter contre cette pandémie ».

Partager cet article

Dans la même thématique

bernard_jomier_plhe_1
7min

Santé

Budget de la sécurité sociale : « Il y a eu un défaut de réforme structurelle », dénonce le sénateur Place publique Bernard Jomier

Alors que le déficit de la sécurité sociale pour 2026 risque d’être plus sévère que prévu, les discussions sur son budget vont s’ouvrir à l’automne dans une période politique tumultueuse. En réponse à la lettre de Sébastien Lecornu aux parlementaires du 22 août dernier, le sénateur Place publique de Paris Bernard Jomier étrille le bilan du gouvernement sur les comptes de la sécu et propose des pistes de réforme.

Le

« Emmerder les non-vaccinés » : « Ce qu’a dit le président de la République, je l’entends partout », défend Jean Castex
3min

Santé

Autisme : « J’ai suivi des enfants qui aujourd’hui sont autonomes » se réjouit cette médecin

Chaque année, 8 000 enfants naissent avec un trouble du spectre autistique. Longtemps utilisée, la psychanalyse ou la technique dite du « packing » sont désormais contre indiquées dans le traitement de ce trouble du développement neurologique. Renforcement du rôle des parents, suivi et diagnostic dès le plus jeune âge, Axel de Tarlé fait le point sur la prise en charge de cette pathologie, avec le sénateur socialiste Jean-Luc Fichet et Frédérique Bonnet-Brilhault, professeure de médecine Et la Santé ça va ?.

Le

« Emmerder les non-vaccinés » : « Ce qu’a dit le président de la République, je l’entends partout », défend Jean Castex
3min

Santé

« Quand on fait du sport amateur, on n’a pas besoin de prendre de compléments alimentaires », alerte ce médecin

Il a souvent été dit que le fléau de l’époque était la sédentarité, que le remède à l’obésité montante dans les sociétés occidentales serait de faire du sport. Et pourtant, la pratique du sport connait aussi ses excès : bigorexie, produits dopants et compléments alimentaires. Comment éviter les pièges d’une pratique sportive qui isole, pourquoi il ne faut pas céder aux injonctions d’un corps parfait. Pour en parler Axel De Tarlé reçoit la sénatrice des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde et Sébastien Le Garrec, chef du pôle médical de dans l’émission Et la Santé ça va ?

Le

« Emmerder les non-vaccinés » : « Ce qu’a dit le président de la République, je l’entends partout », défend Jean Castex
4min

Santé

Cancers : le péril jeune

Le nombre de nouveaux cas de cancer d’apparition précoce dans le monde a bondi de près de 80% en moins de 30 ans. En France, la tendance est la même. Alors comment expliquer ce phénomène ? Que fait-on pour endiguer l’explosion de cancers chez les moins de 50 ans ? Au Sénat, la sénatrice centriste du Calvados Sonia de la Provôté a rédigé une proposition de loi pour créer un registre national des cancers. Inexistant jusqu’à présent en France, ce nouveau registre national va permettre de recenser de manière exhaustive les cas de cancers, d’améliorer le dépistage et la prise en charge des patients.

Le