« Quand on fait du sport amateur, on n’a pas besoin de prendre de compléments alimentaires », alerte ce médecin

Il a souvent été dit que le fléau de l’époque était la sédentarité, que le remède à l’obésité montante dans les sociétés occidentales serait de faire du sport. Et pourtant, la pratique du sport connait aussi ses excès : bigorexie, produits dopants et compléments alimentaires. Comment éviter les pièges d’une pratique sportive qui isole, pourquoi il ne faut pas céder aux injonctions d’un corps parfait. Pour en parler Axel De Tarlé reçoit la sénatrice des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde et Sébastien Le Garrec, chef du pôle médical de dans l’émission Et la Santé ça va ?
Simon Nicolle

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En 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaissait une nouvelle maladie : la bigorexie. Cette addiction au sport se caractérise par une pratique excessive malgré ses conséquences négatives sur la santé. Près de 5 % de la population en serait atteint d’après les études de l’INSERM.

L’importance du sens que l’on donne au sport

« Ce n’est pas tant le volume d’activité mais la façon dont on la considère », rappelle le médecin du sport Sébastien Le Garrec, « un sportif professionnel s’entraîne 30 à 40 heures par semaine et ce n’est pas pour autant qu’il est bigorexique ». En fait, le sportif professionnel n’utilise pas son corps comme une fin mais comme un moyen.

Pour Christine Lavarde, sénatrice des Hauts-de-Seine, on peut voir des signaux à l’apparition de la bigorexie : se couper de sa vie sociale, refuser des sorties, un emploi du temps dicté par ses heures de sport, etc. « On voit bien qu’on passe du côté pathologique comme une addiction à l’alcool ou à la nicotine […] alors que physiquement, on pourrait se dire que ce n’est pas néfaste vu que la personne s’affine, se muscle ».

Augmenter ses capacités physiques avec des compléments alimentaires

Outre la pratique intensive, la question de l’alimentation est centrale dans le sport. De plus en plus, des produits tels que des compléments alimentaires sont plébiscités par les sportifs voire souvent promus par des influenceurs sur les réseaux sociaux. Le marché des compléments alimentaires représente 2,6 milliards d’euros. En France, un jeune homme de 20 ans était même mort à Rennes après avoir consommé un brûle-graisse interdit.

Le chef du pôle médical de l’INSEP évoque également qu’« il y a aussi eu des morts aux États-Unis avec la caféine, souvent utilisée pour stimuler la vigilance, que l’on trouve en vente libre comme d’autres compléments alimentaires dans lesquels on peut retrouver des traces d’anabolisants ». Lui, avec les sportifs de l’institut, vérifie attentivement la provenance et plus fondamentalement l’intérêt du complément alimentaire. « Quand on fait du sport amateur, on n’a pas besoin de prendre ces compliments alimentaires. Il suffit de manger sainement et de façon équilibrée pour avoir les apports nécessaires. »

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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