Tens of Thousands Demonstrate Against Rising Cost of Living in Paris
A crowd of demonstrators, estimated at 110,000 by the Paris police prefecture, sets off from Porte d’Italie in Paris, France, on Saturday, October 24, 2026, during an inter-union and citizens’ demonstration against the rising cost of living. The protest takes place amid numerous metro station closures and traffic restrictions imposed by the authorities.//CHESNEAUMARC_chesneau2494/Credit:Marc Chesneau/SIPA/2610241848

« 5 novembre du peuple » : À quoi s’attendre pour ce jour de grève et de mobilisation ?

Après des semaines de mobilisation de la jeunesse et de manifestations contre la vie chère, les syndicats appellent les salariés du privé et du public à descendre à leur tour dans la rue jeudi 5 novembre et à faire grève, pour réclamer au gouvernement et au patronat des réponses sur le pouvoir d'achat.
Chiara Carbonnet

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Pour la première fois depuis la rentrée, la mobilisation concerne privé comme public, avec comme revendications l’augmentation des salaires, la sauvegarde des services publics, la défense de l’emploi et une meilleure répartition des richesses aussi bien pour les salariés, les jeunes que les retraités. « Ce sera une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes », a anticipé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, sur France 2.

Des revendications communes

Dans un communiqué les organisations syndicales réclament entre autres, « l’ouverture immédiate (…) de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale femmes-hommes », « l’augmentation des pensions des retraités », « l’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires », « l’augmentation du Smic et de toutes les aides sociales », « l’augmentation des moyens de nos services publics » ou encore « des mesures de justice fiscale pour taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes ».

« Nous voulons deux choses : des augmentations de salaires partout (…) et une révision du projet de budget du gouvernement qui, en l’état, est catastrophique pour le pays », a expliqué la secrétaire générale de la CGT. Tous les syndicats se sont joints à l’appel initialement lancé par une intersyndicale CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU début octobre, quand la mobilisation lycéenne et la colère sociale commençaient à s’étendre. « La CFE-CGC sera présente », confirme Christelle Thieffinne, présidente du syndicat de l’encadrement, pour « la défense du pouvoir d’achat » et « l’importance d’exercer son droit à la démocratie ».

Face au projet de budget vertement dénoncé, les syndicats n’ont pas obtenu de mesures de Matignon, où ils étaient reçus il y a dix jours, même si une possible augmentation du Smic a été évoquée. « Cette manifestation du 5 est importante pour garder cette pression-là et que ces mesures (…) sur lesquelles il y avait enfin une ouverture se concrétisent réellement », considère Cyril Chabanier de la CFTC.

La jeunesse et les gilets jaunes en soutien

« C’est une journée qui s’adresse au monde du travail », souligne Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, mais cela « s’articule aussi » avec les mobilisations de la jeunesse et les manifestations des trois derniers samedis qui ont attiré des centaines de milliers de personnes à chaque fois. « C’est une colère générale qui trouve à s’exprimer de manière différente selon les catégories de la population ou selon les dynamiques, mais finalement, tout ça participe aussi à un rejet de la situation », considère-t-elle.

Après plus d’un mois de blocus, les syndicats lycéens et étudiants sont décidés à « ne rien lâcher » face aux annonces du gouvernement jugées insuffisantes. « Bien évidemment les lycéens et lycéennes, les étudiants et étudiantes rejoindront les travailleurs et travailleuses, parce qu’ils nous ont soutenus, on les soutient aussi », expliquait sur BFMTV Ryad Rani de l’Union syndicale lycéenne (USL). L’intersyndicale regroupant l’USL, l’Unef, la Fage et l’Union étudiante sera alors présente dans la rue ce jeudi.

De même, la coordination des gilets jaunes appelle aussi à un « 5 novembre du peuple ». « Le but est de, petit à petit, créer la possibilité d’une véritable convergence. Parce qu’aucun de ces corps constitués seuls n’aura la capacité d’agir de manière suffisamment puissante pour créer un rapport de force face au gouvernement et aux milliardaires », développe Benjamin Ball, membre de la coordination.

Grève dans l’éducation et dans la santé  

Le mouvement devrait toucher nombre de secteurs, vu les appels lancés notamment dans l’enseignement public comme privé. Dans un communiqué, l’intersyndicale, composée de Sud Education, CGT Educ’action, Unsa Education, FSU, Fnec FP-FO et CFDT Education Formation Recherche Publiques, appelle à une grève « massive » le 5 novembre « pour leurs salaires, leurs conditions de travail et l’avenir de l’Ecole ». Si des blocages sont d’ores et déjà annoncés dans certains lycées, le nombre de grévistes dans les écoles n’est pas encore connu. Les enseignants de maternelles et primaires doivent se déclarer grévistes aujourd’hui, soit 48h avant la mobilisation.

Un préavis de grève a été également déposé par la CFDT Fonctions publiques, qui regroupe la fonction publique de l’Etat, territoriale et hospitalière. Elle réclame « des mesures générales sur les salaires », « des mesures de revalorisation des carrières » ou encore « l’augmentation des moyens des services publics ».

Des perturbations sont à prévoir dans les établissements de santé ce jeudi. La Fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale appelle à la grève et réclame la hausse du point d’indice des fonctionnaires ainsi qu’une refonte du PLF et PLFSS pour 2027. Les hôpitaux, établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, publics et privés sont tous appelés à se joindre à la grève par la Fédération CFTC Santé Sociaux. Certains médecins et pharmaciens pourraient également décider de leur emboiter le pas.

Grève des transports

Dès vendredi, les dockers ont donné le ton avec une grève de 24 heures perturbant les ports. Pour l’intersyndicale des transports urbains, « il est indispensable de franchir une nouvelle étape dans la mobilisation afin d’obtenir des avancées sociales à la hauteur des attentes des personnels ».

Le rail concentre les mots d’ordre les plus offensifs : les quatre fédérations représentatives de la SNCF appellent de concert à cesser le travail jeudi, Sud Rail promettant une « grève totale ». Ce matin, une réunion se tient au siège de Saint-Denis avec la direction pour demander un rattrapage salarial face à l’inflation. Tous les réseaux seront exposés aux perturbations. Mais pour le moment la SNCF n’a pas encore mis en ligne son plan de transport sur le site. Cela devrait arriver dans la journée. Les conditions d’échange et de remboursement des billets seront assouplies.

Quant à l’aérien, l’USAC-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l’aviation civile indiquera demain aux compagnies le pourcentage de vols à supprimer par aéroport et par créneau horaire.

Le secteur des banques et assurances potentiellement concerné

La présidente de la CFE-CGC s’est exprimée sur une potentielle participation du secteur à la grève : « Il nous semble que les conditions de sécurité pour une manifestation le 5 novembre sont réunies. Mais c’est vrai qu’il y a une préoccupation, notamment pour mes fédérations qui sont dans le commerce, la banque ou les assurances », explique Christelle Thieffinne à l’AFP. Un certain flou entoure donc ces secteurs, tout comme celui des mutuelles.

Parcours parisien toujours en suspens

La question du parcours parisien se pose également : ces deux derniers samedis, la préfecture a refusé les itinéraires de cortèges déposés dans le centre, à cause des pillages en marge de la manifestation du 17 octobre.

Les organisations syndicales ont déposé il y a plusieurs jours une demande à la préfecture de police pour un cortège se rendant de la place de la Bastille à celle de la Concorde, donc traversant le centre de la capitale. Un parcours « simple et classique », a jugé Sophie Binet, interrogée sur France 2. « On ne va pas se cacher en allant manifester sur le périphérique quand même », a-t-elle poursuivi.

Toutefois, au grand dam de la CGT, la préfecture n’a toujours pas autorisé le parcours : « Nous attendons toujours la réponse de la préfecture. Ce n’est pas sérieux de travailler dans ces conditions-là. On a besoin d’avoir les parcours à l’avance pour pouvoir les sécuriser, notamment avec la mairie de Paris », a réclamé la dirigeante de la CGT.

Pour l’heure, les syndicats, hormis Solidaires, ne parlent pas de reconduction de la grève au-delà de jeudi, mais à la FSU, « on considère qu’une journée ne suffira pas », selon Caroline Chevé. La coordination des gilets jaunes voit déjà un Acte IV et une reconduction des blocages, grèves et manifestations les 6 et 7 novembre.

 

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