La dernière était il y a trois ans. Emmanuel Macron a présidé ce vendredi, à Bobigny, la 7e Conférence nationale du handicap (CNH). L’occasion pour le chef de l’Etat de faire le bilan de près de 10 ans d’action sur le handicap, sujet dont il avait fait une priorité de son premier quinquennat.
« Durant les 9 dernières années, les moyens pour l’école inclusive ont plus que doublé »
Le président de la République s’est d’abord félicité des progrès de l’école inclusive, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire passant de 321.000 en 2017 à 550.000, avec le triplement du nombre de AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), pour atteindre plus de 130.000, même s’il en manque plusieurs milliers, à chaque rentrée. Quant aux Pôles d’appui à la scolarité (PAS), ils sont aujourd’hui au nombre de 1.500, avec un objectif de 3.000.
« Durant les 9 dernières années, les moyens pour l’école inclusive ont plus que doublé », souligne Emmanuel Macron, passant de 2,1 à 4,8 milliards d’euros par an, soit « 40 milliards d’euros en 8 ans pour l’école inclusive ».
Sur l’emploi, « le chômage (des personnes en situation de handicap) est passé de 17,6 % en 2017 à 11,5 % en 2025. C’est son plus bas niveau historique », s’est félicité le chef de l’Etat. Il entend renforcer l’emploi accompagné, avec un objectif de 20.000 bénéficiaires d’ici 2028.
« Mettre l’innovation au service de l’autonomie »
Il a aussi rappelé la réforme de la déconjugalisation de l’Allocation adulte handicapé, avec un montant qui est passé depuis 2017 de « 810 euros par mois à plus de 1.040 euros par mois en 2026, soit une hausse de 29 % », la prise en charge intégrale des fauteuils roulants, qui a bénéficié à 280.000 personnes, la simplification des démarches administratives ou les droits à vie, depuis 2019, pour les handicaps irréversibles. Autre mesure : le rétablissement du droit de vote pour les majeurs sous tutelle.
La technologie doit aussi venir en aide aux personnes en situation de handicap. « L’avenir du handicap se jouera en partie dans notre capacité de mettre l’innovation au service de l’autonomie », souligne le Président, avec les « technologies d’assistance, le numérique, l’IA », évoquant des lunettes spéciales, les « bras robotiques » ou les « exosquelettes », que des entreprises françaises développent.
« Si les droits ont progressé, l’accessibilité reste un frein majeur à l’autonomie »
Reste des difficultés. « Trop de personnes se heurtent encore à des obstacles qui limitent leur autonomie. […] Si les droits ont progressé, l’accessibilité reste un frein majeur à l’autonomie », reconnaît-il. C’est pourquoi la stratégie nationale pour l’accessibilité sera élaborée « d’ici l’automne avec tous les acteurs, pour la période 2026-2029 ». Il insiste sur « l’esprit de concret », pour pouvoir « payer seul, traverser la rue en sécurité, les démarches en ligne sans assistance » ou « vivre chez soi dans des conditions adaptées ». Sans oublier la « vie sociale, culturelle, sportive, citoyenne ».
Il espère bien que cette ambition, portée depuis près de 10 ans, continuera, alors qu’il quittera l’Elysée l’année prochaine. « Je pense essentiel que tout ce qu’on a fait ces dernières années et la philosophie du travail que vous avez conduit […] perdurent. Et quels que soit les débats démocratiques essentiels que nous aurons dans les prochains mois, j’espère que la question du handicap, l’inclusivité universelle… L’inclusivité doit être au cœur de cette campagne », lance Emmanuel Macron, qui « fera tout pour que nous ne puissions pas reculer, et qu’au contraire, nous puissions accélérer sur ces axes d’effort ».
« Répondre aux besoins des personnes autistes »
Le président de la République a aussi insisté sur la nécessité de « répondre aux besoins des personnes autistes et plus largement des troubles du neurodéveloppement » (TND). « Beaucoup a été fait ces dernières années, mais les besoins restent immenses, notamment pour les adultes et les situations les plus complexe ».
D’ici la « fin de l’année », une « nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les TND » sera annoncée pour « la période 2027-2032 ». Il entend continuer l’effort, déjà bien amorcé, sur la nécessité de « mieux repérer et accompagner au plus jeune âge », en renforçant « la prise en charge ».
Emmanuel Macron n’oublie pas les proches aidants, « parents, conjoints, frères, sœurs, amis ». Il faudra « mieux les reconnaître, les soutenir et les accompagner ». Pour le chef de l’Etat, l’objectif global est de « construire une société pleinement accessible », car « l’accessibilité et une condition de l’égalité ».