macron handicap

Handicap : « L’inclusivité doit être au cœur de cette campagne présidentielle », espère Emmanuel Macron

A l’occasion de la 7e Conférence national du handicap, Emmanuel Macron a dressé le bilan de son action en la matière, avec une école plus inclusive et un meilleur taux d’emploi des personnes en situation de handicap. Mais beaucoup reste à faire en matière d’accessibilité. Une « nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement » sera présentée d’ici la fin de l’année.
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La dernière était il y a trois ans. Emmanuel Macron a présidé ce vendredi, à Bobigny, la 7e Conférence nationale du handicap (CNH). L’occasion pour le chef de l’Etat de faire le bilan de près de 10 ans d’action sur le handicap, sujet dont il avait fait une priorité de son premier quinquennat.

« Durant les 9 dernières années, les moyens pour l’école inclusive ont plus que doublé »

Le président de la République s’est d’abord félicité des progrès de l’école inclusive, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire passant de 321.000 en 2017 à 550.000, avec le triplement du nombre de AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), pour atteindre plus de 130.000, même s’il en manque plusieurs milliers, à chaque rentrée. Quant aux Pôles d’appui à la scolarité (PAS), ils sont aujourd’hui au nombre de 1.500, avec un objectif de 3.000.

« Durant les 9 dernières années, les moyens pour l’école inclusive ont plus que doublé », souligne Emmanuel Macron, passant de 2,1 à 4,8 milliards d’euros par an, soit « 40 milliards d’euros en 8 ans pour l’école inclusive ».

Sur l’emploi, « le chômage (des personnes en situation de handicap) est passé de 17,6 % en 2017 à 11,5 % en 2025. C’est son plus bas niveau historique », s’est félicité le chef de l’Etat. Il entend renforcer l’emploi accompagné, avec un objectif de 20.000 bénéficiaires d’ici 2028.

« Mettre l’innovation au service de l’autonomie »

Il a aussi rappelé la réforme de la déconjugalisation de l’Allocation adulte handicapé, avec un montant qui est passé depuis 2017 de « 810 euros par mois à plus de 1.040 euros par mois en 2026, soit une hausse de 29 % », la prise en charge intégrale des fauteuils roulants, qui a bénéficié à 280.000 personnes, la simplification des démarches administratives ou les droits à vie, depuis 2019, pour les handicaps irréversibles. Autre mesure : le rétablissement du droit de vote pour les majeurs sous tutelle.

La technologie doit aussi venir en aide aux personnes en situation de handicap. « L’avenir du handicap se jouera en partie dans notre capacité de mettre l’innovation au service de l’autonomie », souligne le Président, avec les « technologies d’assistance, le numérique, l’IA », évoquant des lunettes spéciales, les « bras robotiques » ou les « exosquelettes », que des entreprises françaises développent.

« Si les droits ont progressé, l’accessibilité reste un frein majeur à l’autonomie »

Reste des difficultés. « Trop de personnes se heurtent encore à des obstacles qui limitent leur autonomie. […] Si les droits ont progressé, l’accessibilité reste un frein majeur à l’autonomie », reconnaît-il. C’est pourquoi la stratégie nationale pour l’accessibilité sera élaborée « d’ici l’automne avec tous les acteurs, pour la période 2026-2029 ». Il insiste sur « l’esprit de concret », pour pouvoir « payer seul, traverser la rue en sécurité, les démarches en ligne sans assistance » ou « vivre chez soi dans des conditions adaptées ». Sans oublier la « vie sociale, culturelle, sportive, citoyenne ».

Il espère bien que cette ambition, portée depuis près de 10 ans, continuera, alors qu’il quittera l’Elysée l’année prochaine. « Je pense essentiel que tout ce qu’on a fait ces dernières années et la philosophie du travail que vous avez conduit […] perdurent. Et quels que soit les débats démocratiques essentiels que nous aurons dans les prochains mois, j’espère que la question du handicap, l’inclusivité universelle… L’inclusivité doit être au cœur de cette campagne », lance Emmanuel Macron, qui « fera tout pour que nous ne puissions pas reculer, et qu’au contraire, nous puissions accélérer sur ces axes d’effort ».

« Répondre aux besoins des personnes autistes »

Le président de la République a aussi insisté sur la nécessité de « répondre aux besoins des personnes autistes et plus largement des troubles du neurodéveloppement » (TND). « Beaucoup a été fait ces dernières années, mais les besoins restent immenses, notamment pour les adultes et les situations les plus complexe ».

D’ici la « fin de l’année », une « nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les TND » sera annoncée pour « la période 2027-2032 ». Il entend continuer l’effort, déjà bien amorcé, sur la nécessité de « mieux repérer et accompagner au plus jeune âge », en renforçant « la prise en charge ».

Emmanuel Macron n’oublie pas les proches aidants, « parents, conjoints, frères, sœurs, amis ». Il faudra « mieux les reconnaître, les soutenir et les accompagner ». Pour le chef de l’Etat, l’objectif global est de « construire une société pleinement accessible », car « l’accessibilité et une condition de l’égalité ».

Partager cet article

Dans la même thématique

France Macron
5min

Société

Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexuelles ...Toutes les nouveautés à l’école en cette rentrée 2026 

Ce sont au total 11 607 600 élèves qui ont effectué leur rentrée scolaire aujourd’hui, dans les 57 700 écoles et établissements scolaires de France. Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles : zoom sur toutes les nouveautés de ce mois de septembre 2026.

Le

BIDONVILLE A MAYOTTE
6min

Société

Immigration clandestine à Mayotte : « il faut arrêter avec la baisse de l’aide publique au développement » réagit le sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi

En visite cette semaine à Mayotte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour mieux lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte, notamment la conditionnalité de l’aide publique au développement à la coopération des pays voisins. Pour le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et ancien ministre chargé de la Francophonie, cette conditionnalité va dans le bon sens mais il faut stopper les coupes budgétaires dans l’aide au développement. 

Le

Handicap : « L’inclusivité doit être au cœur de cette campagne présidentielle », espère Emmanuel Macron
3min

Société

« On a la capacité de recruter des profils de grandes sociétés américaines qui ont reculé sur le télétravail », se réjouit ce chef d’entreprise de la Tech

Le bureau d’Olivier Lambert n’est pas tout à fait celui de tout un chacun les jours ensoleillés. Aujourd’hui, il travaille dans son jardin. Cet entrepreneur de ‘cloud’ souverain dirige une entreprise de plus de 100 salariés en 100 % télétravail. Et ce n’est pas la conséquence de la pandémie, c’est un choix ! Dans Dialogue citoyen présenté par Quentin Calmet, il témoigne et interroge les sénateurs sur la façon d’appréhender le télétravail quand on est chef d’entreprise.

Le

Paris, March against sexual and gender-based violence
10min

Société

Violences sexuelles et sexistes :  malgré des avancées, la formation des forces de l’ordre reste à améliorer

Préjugés sexistes, violences minimisées, ou refus de plainte : les victimes qui ont le courage de pousser la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie doivent parfois affronter une nouvelle épreuve, celle du dépôt de plainte. Depuis le Grenelle contre les violences conjugales en 2019, la formation des forces de l’ordre sur les violences intra-familiales et les violences sexistes et sexuelles (VSS) a été renforcée. Pourtant, l’affaire Lyhanna a démontré qu’il existe encore de nombreux trous dans la raquette. Si la formation initiale des policiers et des gendarmes aux VSS est obligatoire, la formation continue des forces de l’ordre reste tributaire des dynamiques locales.

Le