Principal changement pour les lycéens cette année : l’interdiction des téléphones portables. La mesure a définitivement été adoptée cet été par les parlementaires dans le cadre de la proposition de loi qui visait à interdire les réseaux sociaux aux adolescents de moins de quinze ans. Si le Conseil constitutionnel a censuré la partie centrale de la proposition de loi, l’interdiction des téléphones pour les lycéens a bien été promulguée par Emmanuel Macron, le 24 août dernier.
« Les établissements ne sont pas prêts »
L’application de la mesure s’annonce cependant complexe dans certains établissements, qui doivent encore adapter leur règlement intérieur et définir les dérogations autorisant l’usage des smartphones dans certains cas, comme le paiement de la cantine ou certaines activités pédagogiques… Dès la semaine dernière, François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissement, estimait auprès de l’AFP que « les établissements ne sont pas prêts », dénonçant un « mauvais timing » et ajoutant que « les établissements attaquent une année dans laquelle la règle n’est pas écrite dans le règlement intérieur, sauf ceux qui avaient peut-être tenté d’anticiper quelque chose, mais ça reste très très parcellaire ».
Lors de sa conférence de presse de rentrée, le 25 août dernier, le ministre de l’Education nationale, Édouard Geffray s’était voulu prudent : « Alors, évidemment, cette interdiction va être un petit peu difficile à respecter au début. Mais ça va se faire sous votre contrôle », avait-il expliqué devant un parterre d’enseignants. « Je pense que les élèves, bien sûr, auront du mal au début à respecter pour certains », avait-il ajouté.
Emmanuel Macron a évoqué cette interdiction lors de sa visite ce mardi matin auprès d’élèves de seconde dans un établissement scolaire à Mende, en Lozère. « Scientifiquement, on a établi que, à votre âge et compte tenu du fait que vous êtes là pour apprendre des contenus, des matières, apprendre l’esprit critique, pour vous construire… […] les téléphones, les écrans et encore plus les réseaux sociaux écartent de cet objet », a expliqué le chef de l’Etat. Les téléphones « enlèvent de l’attention et de la capacité à être les uns avec les autres », car « on ne sociabilise pas de la même manière », a continué Emmanuel Macron, précisant qu’il avait lui-même interdit l’usage du portable lors de certaines réunions à l’Elysée. Le président de la République a également promis un nouveau texte sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, sans préciser de délai exact avant la présentation d’un nouveau projet ou proposition de loi.
Le questionnaire sur le harcèlement évolue
Autre mesure instaurée cette année : les élèves répondront désormais à des questions sur les violences sexistes et sexuelles dans le questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année aux élèves, de la grande section à la terminale. « Nous avons le devoir de libérer la parole de manière aussi universelle que possible », a déclaré la semaine dernière Édouard Geffray.
« Cela veut dire qu’à l’occasion du questionnaire qui est rempli chaque année pour le harcèlement, les élèves vont avoir un feuillet supplémentaire dans lequel ils pourront répondre à des questions pour savoir s’ils ont été ou pas victimes de violences », avait expliqué le ministre, en précisant : « Ces réponses sont, j’allais dire, au départ anonymes, mais ils auront la possibilité, s’ils le souhaitent, d’indiquer leur nom et leur prénom pour rencontrer un adulte de confiance. »
Un nouveau motif d’exclusion pour un élève
Le ministère a également annoncé qu’un décret pris en juillet dernier permet désormais d’exclure un élève dont un parent « compromet gravement » le « fonctionnement normal » de l’établissement. « Je refuse qu’un professeur doive ouvrir lundi matin la grille à un parent qui l’aurait menacé le vendredi soir », a expliqué Édouard Geffray, promettant un « suivi scolaire renforcé » pour l’élève concerné. Une mesure qui résonne avec le drame de l’affaire Samuel Paty : l’enseignant avait en effet été la cible d’un parent d’élève.
Epreuves du bac et brevet le matin
Le ministère a annoncé que désormais « 99,9 % des épreuves » écrites et orales du brevet et du baccalauréat auront lieu le matin, en 2027. Une manière de répondre aux critiques formulées lors des examens en mai et juin derniers : certains élèves ayant dû composer dans des salles surchauffées par les premières vagues de chaleur qui ont frappé la France.
Toujours à propos des examens : le ministère de l’Education nationale a également annoncé qu’un barème de correction qui comprendra les attendus sur l’orthographe sera par ailleurs dévoilé d’ici le 10 septembre, afin que « chacun se prépare sur une base commune » à ces examens.
Enfin parmi les nouveautés de la rentrée 2026, on note la mise en place de nouveaux programmes, notamment en français, en CM2 et en 5e. Selon le ministre : « La première cible, c’est le vocabulaire », qui a insisté sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et qui souhaite que les enseignants se concentrent sur leur « cœur de métier », « instruire ».