France Macron
AP)/ALP102/26244377191882/POOL PHOTO/2609011300

Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexuelles …Toutes les nouveautés à l’école en cette rentrée 2026 

Ce sont au total 11 607 600 élèves qui ont effectué leur rentrée scolaire aujourd’hui, dans les 57 700 écoles et établissements scolaires de France. Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles : zoom sur toutes les nouveautés de ce mois de septembre 2026.
Quentin Calmet

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Principal changement pour les lycéens cette année : l’interdiction des téléphones portables. La mesure a définitivement été adoptée cet été par les parlementaires dans le cadre de la proposition de loi qui visait à interdire les réseaux sociaux aux adolescents de moins de quinze ans. Si le Conseil constitutionnel a censuré la partie centrale de la proposition de loi, l’interdiction des téléphones pour les lycéens a bien été promulguée par Emmanuel Macron, le 24 août dernier.

« Les établissements ne sont pas prêts »

L’application de la mesure s’annonce cependant complexe dans certains établissements, qui doivent encore adapter leur règlement intérieur et définir les dérogations autorisant l’usage des smartphones dans certains cas, comme le paiement de la cantine ou certaines activités pédagogiques… Dès la semaine dernière, François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissement, estimait auprès de l’AFP que « les établissements ne sont pas prêts », dénonçant un « mauvais timing » et ajoutant que « les établissements attaquent une année dans laquelle la règle n’est pas écrite dans le règlement intérieur, sauf ceux qui avaient peut-être tenté d’anticiper quelque chose, mais ça reste très très parcellaire ».

Lors de sa conférence de presse de rentrée, le 25 août dernier, le ministre de l’Education nationale, Édouard Geffray s’était voulu prudent : « Alors, évidemment, cette interdiction va être un petit peu difficile à respecter au début. Mais ça va se faire sous votre contrôle », avait-il expliqué devant un parterre d’enseignants. « Je pense que les élèves, bien sûr, auront du mal au début à respecter pour certains », avait-il ajouté.

Emmanuel Macron a évoqué cette interdiction lors de sa visite ce mardi matin auprès d’élèves de seconde dans un établissement scolaire à Mende, en Lozère. « Scientifiquement, on a établi que, à votre âge et compte tenu du fait que vous êtes là pour apprendre des contenus, des matières, apprendre l’esprit critique, pour vous construire… […] les téléphones, les écrans et encore plus les réseaux sociaux écartent de cet objet », a expliqué le chef de l’Etat. Les téléphones « enlèvent de l’attention et de la capacité à être les uns avec les autres », car « on ne sociabilise pas de la même manière », a continué Emmanuel Macron, précisant qu’il avait lui-même interdit l’usage du portable lors de certaines réunions à l’Elysée. Le président de la République a également promis un nouveau texte sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, sans préciser de délai exact avant la présentation d’un nouveau projet ou proposition de loi.

Le questionnaire sur le harcèlement évolue

Autre mesure instaurée cette année : les élèves répondront désormais à des questions sur les violences sexistes et sexuelles dans le questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année aux élèves, de la grande section à la terminale. « Nous avons le devoir de libérer la parole de manière aussi universelle que possible », a déclaré la semaine dernière Édouard Geffray.

« Cela veut dire qu’à l’occasion du questionnaire qui est rempli chaque année pour le harcèlement, les élèves vont avoir un feuillet supplémentaire dans lequel ils pourront répondre à des questions pour savoir s’ils ont été ou pas victimes de violences », avait expliqué le ministre, en précisant : « Ces réponses sont, j’allais dire, au départ anonymes, mais ils auront la possibilité, s’ils le souhaitent, d’indiquer leur nom et leur prénom pour rencontrer un adulte de confiance. »

Un nouveau motif d’exclusion pour un élève

Le ministère a également annoncé qu’un décret pris en juillet dernier permet désormais d’exclure un élève dont un parent « compromet gravement » le « fonctionnement normal » de l’établissement. « Je refuse qu’un professeur doive ouvrir lundi matin la grille à un parent qui l’aurait menacé le vendredi soir », a expliqué Édouard Geffray, promettant un « suivi scolaire renforcé » pour l’élève concerné. Une mesure qui résonne avec le drame de l’affaire Samuel Paty : l’enseignant avait en effet été la cible d’un parent d’élève.

Epreuves du bac et brevet le matin

Le ministère a annoncé que désormais « 99,9 % des épreuves » écrites et orales du brevet et du baccalauréat auront lieu le matin, en 2027. Une manière de répondre aux critiques formulées lors des examens en mai et juin derniers : certains élèves ayant dû composer dans des salles surchauffées par les premières vagues de chaleur qui ont frappé la France.

Toujours à propos des examens : le ministère de l’Education nationale a également annoncé qu’un barème de correction qui comprendra les attendus sur l’orthographe sera par ailleurs dévoilé d’ici le 10 septembre, afin que « chacun se prépare sur une base commune » à ces examens.

Enfin parmi les nouveautés de la rentrée 2026, on note la mise en place de nouveaux programmes, notamment en français, en CM2 et en 5e. Selon le ministre : « La première cible, c’est le vocabulaire », qui a insisté sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et qui souhaite que les enseignants se concentrent sur leur « cœur de métier », « instruire ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris Clashes Between Protesters and Police During Student Demonstration in Paris
5min

Société

17 octobre : En cas d’« affrontements graves et lourds », « tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisées », déclare le ministre de l’Intérieur

Au total, « on a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique et on s’attend à environ 80 cortèges » dans toute la France, a expliqué le ministre de l’Intérieur. En cas de « violences urbaines graves », il a annoncé ce matin que les forces de l’ordre pourront finalement utiliser les grenades assourdissantes lors des manifestations prévues demain. Sur les réseaux sociaux, des « guides de survie » pour manifester avec les bons réflexes fusent.

Le

Paris Journee mondiale de lutte contre le Sida
5min

Société

VIH : « La sérophobie doit être inscrite comme une discrimination à part entière », plaide la sénatrice écologiste Anne Souyris

Ce lundi était organisé au Sénat un colloque avec les Etats généraux des personnes vivant avec le VIH. Cette initiative, portée par les sénateurs Rémi Féraud (PS) et Anne Souyris (Les Écologistes), visait à présenter leur proposition de loi pour inscrire la sérophobie comme une discrimination « à part entière.

Le

French High School Students Take Part in “Act 4” Protest in Paris
4min

Société

Mouvements lycéens : Le point sur les mobilisations et blocages

La mobilisation des lycéens se poursuit de jeudi pour l’acte IV, rejoint par les étudiants. Les syndicats appellent à de nouveaux rassemblements dans plusieurs villes. Les trois syndicats lycéens doivent être reçus dans l'après-midi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, réclamant des mesures concrètes.

Le

La sélection de la rédaction

Heatwave canicule, ecole elementaire, Paris
10min

Politique

Présidentielle 2027 : que proposent les candidats pour l’école ?

À quelques heures de la rentrée scolaire, l’éducation s’impose déjà comme l’un des thèmes de la campagne présidentielle. Salaires des enseignants, autorité, réduction des effectifs, autonomie des établissements, lutte contre les inégalités : de la droite à la gauche, les candidats avancent des réponses très différentes à une même préoccupation, celle d’une école jugée en difficulté.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le