Un ministre « intraitable ». « On est prêt pour demain à être extrêmement réactif et ferme, on ne laissera rien passer », a fait savoir le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lors d’un point presse en fin de matinée, ce vendredi 23 octobre, au cours duquel il a détaillé le dispositif de sécurité prévu pour encadrer la journée de mobilisation de samedi. Une semaine après les violences urbaines et les scènes de pillage qui ont vu la manifestation du 17 octobre contre la vie chère virer au chaos dans plusieurs grandes ville, le locataire de la place Beauvau a annoncé le déploiement de « 70 000 policiers et gendarmes » à travers le territoire.
Le premier flic de France indique avoir fait appel à des « effectifs locaux des différents départements, mais également des effectifs des forces mobiles ». Ainsi, plusieurs unités d’élite seront mobilisées ce week-end : le RAID, le GIGN ou encore la BRI. « Les unités d’élite n’ont pas vocation à faire du maintien de l’ordre, elles sont là pour suppléer, décharger les forces de l’ordre de leurs missions sur la voie publique, comme de la garde bâtimentaire », a précisé Laurent Nuñez. Il a également confirmé que des policiers encore en formation seraient également déployés : « C’est l’usage sur les très grands évènements, mais dans la limite de ce qu’ils peuvent faire. »
« Seront également mobilisés des moyens spéciaux de rétablissement de l’ordre : une vingtaine de blindés centaures et quinze engins lanceurs d’eau », a détaillé le ministre qui a évoqué des hélicoptères déployés dans le ciel de l’Île-de-France et du reste du territoire. « C’est un dispositif que j’ai souhaité extrêmement mobile, agile et percutant. Tous les groupes à risque seront impactés et empêchés de commettre des dégradations », a-t-il martelé.
À ce dispositif viennent se superposer les dispositions habituelles de police administrative lors des rassemblements à risques : couvre-feux dans les zones sensibles, interdiction du transport d’artifices ou de carburant.
La justice mobilisée pour traiter plus rapidement les interpellations
« Nous constatons qu’au-delà des appels d’un certain nombre de structures syndicales et de formations politiques, il y a de nombreux appels de la mouvance ultragauche et de l’extrême gauche radicale, et de nombreux appels à commettre des pillages », rapporte encore Laurent Nuñez. « On sera intraitable avec les casseurs, les pilleurs et tous ceux qui iront commettre des exactions », a-t-il encore averti. Par ailleurs, des mesures de police judiciaire sont prévues « pour traiter le plus rapidement possible les interpellations. »
2 513 personnes ont été placées en garde-à-vue au cours du week-end dernier. Les investigations menées depuis lundi par les enquêteurs, ont permis l’interpellation de 500 autres personnes, dont les deux auteurs présumés de l’incendie de la mairie de Limoges.