Loïc Hervé : « Je m’opposerai de toutes mes forces à la généralisation du « pass sanitaire » ! »
Le sénateur centriste de la commission des lois est critique sur la consultation des élus locaux et des groupes politiques organisée par Jean Castex, sur l’obligation vaccinale des soignants et la généralisation du « « pass sanitaire ». Il promet de combattre ces mesures au Sénat.

Loïc Hervé : « Je m’opposerai de toutes mes forces à la généralisation du « pass sanitaire » ! »

Le sénateur centriste de la commission des lois est critique sur la consultation des élus locaux et des groupes politiques organisée par Jean Castex, sur l’obligation vaccinale des soignants et la généralisation du « « pass sanitaire ». Il promet de combattre ces mesures au Sénat.
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Par Aurélien Vurli

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Alors que le Premier ministre va entamer une consultation des élus locaux et des groupes politiques sur l’obligation vaccinale des soignants et la généralisation du « pass sanitaire », Hervé Loïc, sénateur centriste de la commission des lois, reste très critique et promet de combattre ces mesures au Sénat.

Jean Castex a annoncé vouloir procéder à une consultation des élus locaux et des groupes politiques au sujet de la vaccination obligatoire de soignants et de la généralisation du « pass sanitaire ». Qu’en pensez-vous ?

Je pense que l’exécutif veut mouiller le Parlement de décisions terribles à prendre. L’acceptabilité sociale de ces décisions est extrêmement complexe. Est-ce que les Français veulent qu’on mette en place dans notre pays la vaccination obligatoire pour les soignants comme pour l’intégralité de la population. Ce sont des questions de liberté publique qui sont extrêmement lourdes. En se tournant vers le Parlement, il veut partager la responsabilité politique d’un tel choix.

Et vous quelle est votre position sur ces deux questions ?

Je suis favorable aux mesures d’incitation à la vaccination ainsi qu’à l’obligation vaccinale des soignants en septembre pour permettre aux gens de se faire vacciner. Et je suis contre l’extension du « pass sanitaire ».

Le Parlement a adopté il y a un mois la loi relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire. Le Premier ministre, Jean Castex, organise une nouvelle consultation. Qu’en dites-vous ?

Le Premier ministre est confronté aux engagements qu’il a pris devant le Parlement. Notamment quand le Président de la République a dit qu’il n’y aurait pas de contrepartie à la vaccination, quand le Premier ministre, Jean Castex nous explique la main sur le coeur que « non non, nous n’utiliserions le pass sanitaire que le temps d’un été ». On montre qu’on n’est pas à la fin de l’exercice. La question du recours au « pass sanitaire » m’interroge.

Pourquoi ?

Aujourd’hui dans la loi ce n’est pas prévu. Nous avons prévu dans la loi l’instauration du « pass sanitaire » pour les grands rassemblements de plus de 1 000 personnes. Une discothèque avec 200 personnes n’est pas un grand rassemblement.

C’est ce qui pourrait ressortir de ces consultations ?

Ils vont essayer de dégager un consensus. Si tout le monde dit oui à la vaccination des soignants, ils rendront obligatoire la vaccination des soignants. Et si les groupes politiques disent qu’il faut rendre la vaccination obligatoire pour toute la population, ils le feront également. Sachant qu’à l’intérieur des groupes politiques il y a des approches très différentes de la part des sénateurs. Il y a des sénateurs comme moi qui sont très à cheval sur la préservation des libertés publiques, et d’autres qui sont plus pragmatiques et qui pensent que c’est peut-être le prix à payer. On a un vrai sujet de débat qui préfigure l’adoption d’une nouvelle loi.

Pourtant je regarde les questions qui tournent autour de la comparaison entre les Etats européens. Comment font les autres pays ? Est-ce qu’on peut avoir des politiques publiques différentes d’un pays à l’autre ? Les autres grandes nations européennes peuvent nous servir d’inspiration ou de convergence.

Pour vous, le « pass sanitaire européen » ne permet pas une convergence européenne des normes en matière de politique publique sanitaire ?

Non je ne pense pas. Ce n’est pas à l’Union Européenne de décider de la politique publique dans chaque Etat. Mais il faudrait mener une consultation entre les Etats, pour harmoniser un minimum les différentes politiques publiques. Cela me paraît logique.

Est-ce que vous pensez que c’est une atteinte trop grave aux libertés la généralisation du « pass sanitaire » ?

Oui. Je m’y opposerai de toutes mes forces. Je ne veux pas de la généralisation du « pass sanitaire » dans mon pays car je ne veux pas qu’on prenne l’habitude de justifier de son état de santé pour des actes de la vie quotidienne. C’est beaucoup trop attentatoire aux libertés publiques. Le simple fait de l’avoir mis en place est déjà quelque chose qui ne me convient absolument pas. En France nous n’avons pas à justifier de son identité dans la rue. Je n’ai donc pas envie de justifier de mon état de santé pour aller au restaurant, au théâtre ou au supermarché.

Pensez-vous que ça pourrait être étendu à l’avenir à d’autres vaccins ?

Mais évidemment ! Dès lors que vous créez l’outil et qu’il est là, on ne s’en prive pas. Le bon sens dit qu’on doit l’utiliser. On nous avait promis, il y a un mois, qu’il ne serait pas généralisé et qu’il s’arrêterait le 30 Septembre. Je veux bien que la situation ait radicalement changé, mais il faut me l’expliquer.

Quels problèmes posent la vaccination obligatoire ?

Comment vacciner une population en rendant le vaccin obligatoire ? Vous allez chez les gens, vous les coincez sur la table de la cuisine et vous leur injectez de force une dose ? Ça veut dire quoi la vaccination obligatoire ? Ça veut dire que la personne non vaccinée ne peut pas sortir de chez elle ? On bascule dans un tout autre monde. C’est 1984.

Pourtant il y a bien des vaccins qui sont déjà obligatoires ?

Oui, pour les enfants et la seule vérification qui est faite c’est au moment de l’inscription à l’école. On retrouve ce système également dans l’armée. Je suis militaire de réserve, j’ai des visites médicales, on me demande mon carnet de vaccination, et quand je ne suis pas à jour le médecin m’injecte un rappel. Là, on veut rendre un vaccin obligatoire sans aucun contrôle. Rendre le vaccin obligatoire est très compliqué en pratique et inefficace dans la mesure où l’on dit qu’il n’y a pas de coercition. Je me pose beaucoup de questions. Notamment celle de la dimension opérationnelle des choses.

 

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