Rochette

« Je n’ai jamais signé chez Edouard Philippe » : le sénateur Pierre-Jean Rochette quitte le groupe Les Indépendants, à majorité Horizons

« Je pars en amitié, sans amertume », assure le sénateur de la Loire, Pierre-Jean Rochette, qui ne voulait pas paraître affilié à Edouard Philippe, à l’approche de la présidentielle, en restant dans un groupe à majorité Horizons. Il siège maintenant chez les non-inscrits, aux côtés du seul sénateur LFI.
François Vignal

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Petit changement au Sénat. Le sénateur de la Loire Pierre-Jean Rochette quitte le groupe Les Indépendants – République et territoires (LIRT), à majorité Horizons. Il siège maintenant chez les non-inscrits, aux côtés du seul sénateur LFI, Gabriel Amard, sénateur du Rhône, et Paul Mougenot, sénateur divers droite de l’Aisne.

Conséquence : le groupe Les Indépendants, présidé par Claude Malhuret, un fidèle d’Edouard Philippe, passe de 15 à 14 membres et devient le dernier groupe du Sénat, derrière les groupes écologistes et RN-UDR, tous deux à 15 sénateurs.

« Je ne veux pas être dans une écurie présidentielle »

Contacté, Pierre-Jean Rochette assure qu’il n’y a rien de personnel dans son départ. « Le groupe LIRT est un bon groupe dans lequel on vit bien. Je n’ai aucun problème avec personne, ni avec le président », explique le sénateur. La raison est avant tout politique. « Jusqu’à présent, le groupe était composé de personnes issues de chez Horizons et d’autres qui n’étaient pas dans un parti, comme c’est mon cas. Mais avec les mouvements qu’on a eus, on se retrouvait dans un groupe où on n’était plus que deux ou trois en dehors d’Horizons. Ça ne faisait plus assez », explique Pierre-Jean Rochette, qui fait référence à la crise interne, qui a amené aux départs d’une partie des membres du groupe vers les centristes ou le RDSE. Les Indépendants comptent aujourd’hui 11 sénateurs membres du parti d’Edouard Philippe, ce qui faisait 4 non-membres du parti du maire du Havre, début octobre.

C’est donc clairement la présidentielle et la crainte de paraître affilié à Edouard Philippe qui a poussé le sénateur à prendre du champ. « C’est uniquement la raison de mon départ. A l’approche de la présidentielle, les groupes vont être obligés de prendre position. Et moi, je ne veux pas être dans une écurie présidentielle », explique Pierre-Jean Rochette, qui évoque son « ressenti » et son « analyse personnelle », ce qu’il « partage sur le terrain ». Il ajoute : « Moi, je n’ai jamais signé chez Edouard Philippe, je n’ai jamais eu de carte à Horizons ».

« David Lisnard, c’est celui qui me correspondrait le plus »

Pour l’heure, celui qui a fondé la société de transports Cars Rochette, à Saint-Etienne, n’a pas fait son choix pour 2027. « Je n’ai pas de candidat à la présidentielle qui me correspond. Car à droite, ils ne sont pas assez durs pour moi. Moi, je suis un vieux réfractaire ! » lance-t-il, appelant à « revenir à certaines valeurs d’avant : le travail, l’ordre, le respect des institutions républicaines ». David Lisnard ne pourrait-il pas lui plaire ? « Un petit peu. C’est celui qui me correspondrait le plus. C’est vrai qu’il est pas mal », reconnaît Pierre-Jean Rochette, qui veut de « nouvelles têtes, sur de vraies valeurs de droite ».

Son départ du groupe ne s’explique-t-il pas aussi par la perspective des élections sénatoriales, dans 3 ans ? Son siège sera alors renouvelable. « Il n’y a pas de lien, c’est vraiment lié à la présidentielle », assure-t-il. Mais il pourra cependant profiter de sa liberté de parole. « Je me sens libre, pour le coup », reconnaît le sénateur de la Loire.

« C’était prévu depuis un petit moment », mais Pierre-Jean Rochette n’a « pas voulu désorganiser son groupe »

Sa décision de prendre du large était en réalité prise depuis plusieurs semaines. « C’était prévu depuis un petit moment », mais il n’a « pas voulu désorganiser (son) groupe, car il y a eu des petits remous », avec la tentative de putsch interne puis la scission. Pierre-Jean Rochette a donc repoussé son départ. « Je pars en amitié, sans amertume. Je n’ai pas voulu casser quoi que ce soit. C’est aussi pour ça que j’ai attendu, on a fait les choses propres », lance-t-il, ne voulant « pas amplifier le mouvement qui a déstabilisé le groupe ».

Autrement dit, en restant au sein du groupe où il siégeait depuis 3 ans, il a permis aux Indépendants de conserver à ce moment-là une vice-présidence, du moins tournante, au sein du bureau du Sénat, ce qui n’aurait probablement pas été le cas s’il avait quitté tout de suite le groupe.

Le groupe Les Indépendants va garder sa vice-présidence tournante

Après les sénatoriales, les Indépendants se sont retrouvés à égalité avec les groupes écologistes et RN-UDR, avec 15 sénateurs chacun. Selon le règlement de la Haute assemblée, une vice-présidence tournante s’est alors mise en place entre les trois groupes, ouvrant ainsi la voie à une première vice-présidence RN. C’est Bernard Jomier, membre du groupe écolo, qui occupe le premier le poste.

En passant à 14 sénateurs, Les Indépendants se retrouvent maintenant dernier groupe du Sénat. Vont-ils perdre leur vice-présidence, qui est prévue ensuite pour le sénateur Horizons Emmanuel Capus ? Non. « C’est le nombre de sénateurs au jour de la création des groupes qui compte. Donc ça ne change rien pour le bureau », assure un membre du groupe Les Indépendants. Autrement dit, « c’est figé pour trois ans ». Ce qu’on confirme, du côté du groupe écolo : « La composition du bureau reflète la réalité du Sénat au moment où le bureau est désigné. Les changements a posteriori ne changent pas les choses pour les groupes ».

« J’ai toujours rêvé de faire l’émission voyage en terre inconnue »

Ce qui va changer, c’est surtout pour Pierre-Jean Rochette, qui va se retrouver aux côtés de l’insoumis Gabriel Amard, par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon. « J’ai toujours rêvé de faire l’émission voyage en terre inconnue », sourit le sénateur de la Loire, qui l’assure, « ça va bien se passer ».

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