Retraites des femmes : « Les efforts c’est non. On en fait déjà assez comme ça ! » dénonce Laurence Rossignol
L’ancienne ministre PS chargée du droit des femmes a interpellé le gouvernement sur le sort des femmes dans la réforme des retraites. Celle-ci va, en l’état, pénaliser davantage les femmes que les hommes.

Retraites des femmes : « Les efforts c’est non. On en fait déjà assez comme ça ! » dénonce Laurence Rossignol

L’ancienne ministre PS chargée du droit des femmes a interpellé le gouvernement sur le sort des femmes dans la réforme des retraites. Celle-ci va, en l’état, pénaliser davantage les femmes que les hommes.
Guillaume Jacquot

Par Public Sénat

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« Un sens du timing étonnant. » La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a peu apprécié les déclarations du ministre Franck Riester sur notre antenne, le jour même de la remise d’un rapport alarmant sur le sexisme par le Haut conseil à l’égalité. Lundi, le ministre des relations avec le Parlement a reconnu que les femmes seraient « un peu pénalisées » par le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans.

Depuis près de 48 heures, la sortie du ministre n’en finit plus de faire parler d’elle, trois sénatrices ont interrogé le gouvernement sur les perdantes de la réforme. « Par votre propre aveu, vous établissez l’injustice de votre texte », s’est exclamée la sénatrice Cathy Apourceau-Poly (communiste). « Un moment de franchise merveilleux », a raillé Laurence Rossignol. La droite est également montée au créneau, Laure Darcos (LR) estime qu’il est « indispensable de compenser l’effort supplémentaire demandé aux femmes ».

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Selon l’étude d’impact de la réforme, les femmes nées en 1972 devront travailler en moyenne 9 mois de plus que sous le régime actuel, tandis que les hommes de la même génération devront travailler cinq mois de plus, soit un écart de quatre mois. « Je le dis clairement : pour ce qui est des femmes, les efforts, c’est non ! On en fait déjà assez comme ça, tout le temps », s’est exclamée l’ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes. « Puisqu’on parle d’efforts, vous Madame la Première ministre, vous pouvez en faire un. Vous êtes la femme qui peut faire un bel effort en renonçant à cette injustice pour les Français. »

« Une réforme qui porte des protections pour les femmes »

Ces critiques et ces inquiétudes, le ministre du Travail Olivier Dussopt les a balayées d’un revers de main. La réforme porte, au contraire, des « protections pour les femmes », selon lui. « Vous avez du mal à l’entendre je crois, ou le concevoir », a-t-il rebondi. L’ancien socialiste a notamment pris l’exemple du relèvement à 1 200 euros du minimum de pension pour les carrières complètes au Smic, qui bénéficiera à 200 000 nouveaux retraités par an. Deux tiers d’entre eux seront des femmes. « Nous nous adressons à celles qui n’ont pas de carrière complète », a-t-il précisé, avec la revalorisation des deux étages du minimum contributif.

C’est précisément sur cette cible de la pension à 1 200 euros que Laurence Rossignol a également concentré ses critiques. Les conditions du dispositif sont « drastiques », a-t-elle reproché, « tellement drastiques que justement elles vont éviter les femmes ».

Le ministre du Travail a cependant admis un point : la retraite est « aussi le réceptacle d’une vie d’inégalités » entre les deux sexes. « Faisons-en sorte de les résorber », a appelé le ministre.

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