Jean-Baptiste Djebbari : « Dans les transports, le maître-mot sera la confiance »
Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d’État aux Transports évoque les pistes pour redonner confiance dans les transports publics alors que le déconfinement est annoncé pour le 11 mai. Comment soutenir le secteur des transports ? Quand l’aéroport d'Orly va-t-il rouvrir ? Faut-il réserver des vacances à l’étranger ? Il répond aux questions d’Oriane Mancini.

Jean-Baptiste Djebbari : « Dans les transports, le maître-mot sera la confiance »

Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d’État aux Transports évoque les pistes pour redonner confiance dans les transports publics alors que le déconfinement est annoncé pour le 11 mai. Comment soutenir le secteur des transports ? Quand l’aéroport d'Orly va-t-il rouvrir ? Faut-il réserver des vacances à l’étranger ? Il répond aux questions d’Oriane Mancini.
Public Sénat

Par Oriane Mancini

Temps de lecture :

6 min

Publié le

Mis à jour le

Le déconfinement différencié selon les régions :

« Les zones denses soulèvent les questions de lissage des heures de pointe ou de télétravail pour désengorger les transports en commun alors que dans le Limousin par exemple, nous avons des problématiques spécifiques et différentes.

Donc nous allons adapter et beaucoup se concerter avec les associations d’élus notamment. Cela va être un travail intense de concertation des élus, des syndicats et des grandes entreprises.

Les règles ne peuvent aussi pas être les mêmes pour un avion ou un métro.

C’est un travail concerté avec ceux qui sont en première ligne et c’est un défi collectif. »

Les transports en commun :

« Le maître mot dans les transports en commun c’est la confiance. J’ai beaucoup échangé avec les pays du sud-est asiatique pour comprendre leurs méthodes.

La remontée progressive de l’offre de transports en commun nécessite deux choses. Il faut d’abord améliorer assez drastiquement les procédures de nettoyage, de désinfection et de ventilation. Ce travail est en cours et j’ai demandé beaucoup d’efforts aux entreprises publiques sur ce sujet.

Et puis, cette remontée nécessite aussi d’organiser l’ensemble des gestes barrières. Le masque est un des outils avec le gel hydroalcoolique mais il y a aussi des outils de régulations de trafic par exemple. Avec la SNCF, on a ainsi bloqué les réservations voilà quelques semaines pour ne jamais avoir plus d’un siège sur 2 occupé.

C’est sur l’ensemble de ces mesures que nous travaillons et pas seulement sur le sujet du masque même si c’est un sujet important.

Après le 11 mai, on peut envisager de réguler le nombre de personnes dans les trains via les réservations. C’est une hypothèse. »

Le port du masque:

« Il y a des besoins différenciés selon les régions. Nous apporterons les réponses les plus claires à l’issue de la concertation en cours avec les élus.

Dans la rue, beaucoup de personnes portent déjà des masques. L’État de son côté a augmenté les importations et développé la production en France. Aujourd’hui, nous produisons 8 millions de masques grand public par semaine et ce sera bientôt 12 ou 13 millions. Les Français auront donc à disposition des masques. »

Air France :

« Aujourd’hui, les taux moyens de remplissage sont entre 35 et 40% ce qui garantit les règles de sécurité sanitaire. Il y a eu 2 vols avec une forte affluence. J’ai demandé à Air France de communiquer sur ce qu’ils ont fait. Ils ont pris des mesures pour ne plus voir ce genre de dysfonctionnement. Ces images ne sont pas bonnes ni sur le plan sanitaire, ni sur le plan de la confiance.

Les avions sont nettoyés avant chaque vol et l’air est renouvelé toutes les 3min avec des filtres haute performance. Donc, l’avion est en soi un environnement très contrôlé sur le plan sanitaire.»

La reprise du trafic aérien :

« Il faut se coordonner avec nos voisins européens. Aujourd’hui, il n’y a que 2% du trafic avec une vingtaine de vols assurée par Air France. La remonté du trafic sera progressive et nécessitera d’harmoniser les pratiques au niveau européen en terme de protections sanitaires et de calendrier.

C’est ce travail de concertation qui est en cours avec des questions très pratiques. Quelles sont les bonnes procédures de nettoyage, de remplissage… Comment on fait la queue dans les aéroports ? Quelles zones d’attente pour les passagers ? Comment on prend en charge les passagers qui rentrent de l’étranger ?

Ce sont des questions extrêmement pratiques et pour que ce soit efficace, il faut que ce soit décidé au niveau national mais coordonné au niveau européen.

Dans le cas contraire, nous aurons des difficultés à assurer la sécurité sanitaire et à assurer cette reprise ordonnée du trafic aérien. » 

Réouverture de l’aéroport d’Orly :

« Il a fermé le 31 mars au vu de la chute de trafic qui est aujourd’hui à 2%. Sa réouverture est conditionnée à la reprise des vols. Cela va faire l’objet de discussions avec les compagnies aériennes, les gestionnaires d’ADP et dès l’augmentation du trafic, nous communiquerons précisément sur le sujet.

Il n’est pas garantie qu’il soit ouvert dès le 11 mai. Nous allons rouvrir les infrastructures aéroportuaires en fonction des besoins réels et aujourd’hui le besoin est très modeste. »

Les transports urbains :

«Pour lisser les heures de pointe, il y a 2 solutions. Le recours au télétravail et l’organisation différente des créneaux d’embauche et de débauche.

Le Premier ministre a été clair sur le télétravail. Après le 11 mai, il faudra quand cela est possible, qu’il se poursuive pour éviter trop d’affluence dans les transports.

Sur l’organisation des heures de travail, nous allons demander aux entreprises d’organiser l’arrivée et le départ de leurs salariés de manière à lisser la demande de transports. »

 L’impact économique :

« Pour le secteur des transports, il y a des dispositifs particuliers.

Dans l’aérien, le trafic a baissé de 98% donc vous imaginez les pertes financières quotidiennes.

Le transport aérien a un caractère stratégique et je pense notamment aux transports de marchandises et évidement il doit être soutenu.

Air France-KLM dont l’État est actionnaire, doit être soutenu pour passer la crise mais aussi pour envisager l’avenir. Et l’avenir du transport aérien est encore incertain.

L’État va soutenir la compagnie tout comme l’État néerlandais.

Une loi a été voté au Parlement qui permet d’apporter aux entreprises stratégiques dans lesquelles l’État a des participations, un volume de 20 milliards d’euros.

S’agissant de la SNCF, la crise a un impact considérable sur la trajectoire financière. J’ai demandé à sa direction de me faire un point précis d’ici quelques semaines et ainsi que sur le calendrier des travaux. »

Les vacances d’été :

« Il paraît aujourd’hui hasardeux de réserver des vacances ou des voyages très loin cet été. On a tous envie de partir en vacances mais beaucoup d’incertitudes demeurent comme sur l’hypothèse d’une seconde vague ou sur le déconfinement progressif.

C’est un message de raison et de patience.

Mon travail c’est de prendre les sujets un par un et d’essayer d’apporter les réponses concrètes de manière à ce que les Français qui en ont besoin puissent se déplacer en toute sécurité.»

Pendant toute la période du confinement, retrouvez chaque jour de semaine à midi notre interview politique, en ligne sur publicsenat.fr et notre chaîne YouTube.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: MEDEF, La REF Numerique 2024
3min

Politique

[Info Public Sénat] Christine Lavarde désignée rapporteure générale du budget par le groupe LR du Sénat

La sénatrice LR des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde, remporte le scrutin interne au groupe LR pour le poste de rapporteur du budget. Le premier vice-président LR désigné est Roger Karoutchi, qui a déjà occupé le poste. Laurence Garnier, une proche de Bruno Retailleau, remporte l’autre vice-présidence LR. Côté PS, c’est Thierry Cozic qui sera le nouveau président de la commission des finances.

Le

FRANCE – BLOCUS DES LYCEES PARISIENS
7min

Politique

Nouvelle loi « casseurs-payeurs » : un effet d'annonce ou un nouveau régime juridique de responsabilité civile ?

En réponse aux violences et dégradations commises en marge du blocus lycéen, le gouvernement a décidé d'accélérer le calendrier d'examen au Sénat d'un texte visant à décliner le principe « tu casses, tu payes ». Un principe qui s'appliquerait même aux participants à une manifestation qui n'auraient pas commis eux-mêmes les dégradations. Un avis récent du Conseil d'État a encadré juridiquement le projet de loi afin d'éviter une censure du Conseil constitutionnel.

Le

Jean-Baptiste Djebbari : « Dans les transports, le maître-mot sera la confiance »
2min

Politique

Blocage des lycées : « La réponse à la mobilisation lycéenne ne peut pas être uniquement la répression », martèle Éric Coquerel

Invité de la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous », Éric Coquerel, député La France insoumise et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, est revenu sur la mobilisation des lycéens et les blocages qui se poursuivent. Il appelle le gouvernement à privilégier le dialogue plutôt que la répression.

Le

Jean-Baptiste Djebbari : « Dans les transports, le maître-mot sera la confiance »
4min

Politique

« D’ici 2050, on aura peut-être des guerres de l’eau », alerte ce chercheur

L’eau est l’un des sujets de préoccupation majeurs des années à venir. Disponibilité de la ressource, partage des usages... Si la France bénéficie encore d’un régime de précipitations relativement abondant, le dérèglement climatique a largement perturbé les cycles de l’eau. Comment assurer un accès à la ressource pour tous ? La raréfaction de l’eau va-t-elle entraîner une baisse de sa qualité ? Dans la nouvelle émission de prospective de Public Sénat, Agenda 2050, Marie Drucker et ses invités esquissent des pistes pour éviter que l’eau ne vienne à manquer.

Le