EELV est la seule formation à gauche à avoir tiré son épingle du jeu lors des élections européennes de dimanche, au sein d'une famille...
L’éparpillement de la gauche, stop ou encore?
EELV est la seule formation à gauche à avoir tiré son épingle du jeu lors des élections européennes de dimanche, au sein d'une famille...
Par Baptiste BECQUART
Temps de lecture :
4 min
Publié le
EELV est la seule formation à gauche à avoir tiré son épingle du jeu lors des élections européennes de dimanche, au sein d'une famille fragmentée. Les différences de lignes politiques et stratégiques pourraient continuer à faire obstacle à d'éventuelles alliances pour la suite.
. Un total de gauche en progression
Malgré l'exaspération de certains électeurs face à l'incapacité des chefs de parti à se mettre d'accord, les européennes ont paradoxalement donné de la force à la gauche, qui totalise 31,7% des voix (sans compter LO), contre à peine 26% à la présidentielle de 2017. "Macron a été capable de siphonner l'électorat de droite, pas celui de la gauche", analyse pour l'AFP Simon Persico, professeur à Sciences Po Grenoble.
. EELV postule au leadership
Avec 13,47% des suffrages exprimés, EELV se hisse largement au-dessus des autres formations de gauche, faisant par exemple plus du double de La France insoumise, à 6,31%, qui était leader depuis la présidentielle, et du PS/Place publique, à 6,19%, la gauche de gouvernement historique.
Pour Simon Persico, c'est "l'écologie politique qui structure désormais l'espace à gauche", "mais tout dépendra de la capacité d'EELV à se montrer ouvert pour accueillir des cadres de haut niveau et ne plus être un parti groupusculaire".
La tête de liste d'EELV Yannick Jadot ne semble pas vouloir changer la stratégie qui a fait son succès. Lundi matin, tout en disant vouloir "rassembler, rassembler, rassembler", il confiait qu'il ne ferait "pas demain ce qu('il) n'a pas fait pendant les dix mois" de campagne, "se mettre autour d'une table entre anciens partis du 20e siècle pour faire des accords, des machins, des trucs".
Cependant pour "gagner les prochaines élections", il promet le "dépassement d'EELV" vers "un grand mouvement de l'écologie politique".
Le chef de parti, David Cormand, a apporté une nuance, souhaitant s'adresser aussi "aux forces constituées", c'est-à-dire les partis de gauche. M. Cormand a écarté toute alliance avec LREM.
. La France insoumise centrée sur ses problèmes internes
Jean-Luc Mélenchon s'exprime le 26 mai 2019 après l'annonce des résultats de LFI aux européennes
AFP
Avant de parler à d'éventuels partenaires, la formation de Jean-Luc Mélenchon doit faire l'examen approfondi de sa déroute, à des années lumière de son score de 2017 (19,58%). Le mouvement a des difficultés à faire vivre deux lignes politiques et stratégiques: le populisme souverainiste qui envisage de quitter l'Union européenne et la gauche radicale traditionnelle qui tient aux marqueurs de gauche et estime que, sans des alliés de ce côté-ci de l'échiquier, LFI restera faible.
L'une des représentantes de la deuxième tendance, la députée Clémentine Autain, a dégainé dès dimanche soir sur TF1: "Le débat qui va s'ouvrir à gauche doit être nourri. Il faut sans doute un profil plus rassembleur que clivant, qui permette de faire vivre le pluralisme pour faire advenir une force à vocation majoritaire, qui travaille davantage du côté de l'espérance que de la haine".
L'ancien orateur national de LFI François Cocq, bien qu'exclu depuis janvier, a quant à lui résumé la position inverse: "En abandonnant le champ de l'expression populaire pour se corneriser dans la petite gauche, LFI s'est détournée de la tâche de la révolution citoyenne".
De la résolution de ce conflit interne va dépendre l'attitude des Insoumis. Jean-Luc Mélenchon a cependant toujours prévenu qu'il ne ferait pas de "tambouille" avec les partis de gauche, sa "fédération populaire" devant plutôt rassembler les associations et mouvements sociaux.
. Le PS et le PCF lancent un appel
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, le 2 mai 2019.
AFP/Archives
Alliés dans de nombreux exécutifs locaux, le PS et le PCF, à respectivement 6,19% et 2,49%, préparent la succession d'échéances locales à venir, dont les municipales dès mars 2020. Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, fervent promoteur du rassemblement, croit disposer d'un argument: "La force centrale dans les territoires, ça reste les socialistes, donc il faudra bien sûr discuter entre nous".
Mais EELV voudra-t-elle s'allier avec une formation en pente descendante depuis le quinquennat Hollande, à la conversion écologiste toute récente? La question est encore plus problématique avec le PCF, historiquement pro-nucléaire et productiviste, dont les lignes commencent seulement à bouger.
La tête de liste Ian Brossat et le patron des communistes Fabien Roussel ont en tout cas lancé un "appel" dès dimanche soir. Il faut "passer à l'action" pour "reconstruire dans le respect de la diversité un large rassemblement sur des propositions de gauche", a ainsi déclaré le second.
Défavorable à l’encadrement des loyers, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun n’a pourtant pas fermé la porte à sa reconduction au-delà de 2026, annonçant devant les sénateurs, ce mercredi, la tenue d’une concertation avec les élus concernés sur la pertinence du dispositif.
Le président des sénateurs socialistes ne se montre pas surpris par les intentions de vote élevées, que recueille le leader de la France insoumise, dans notre baromètre Odoxa. L’ancien ministre des Sports rappelle qu’une campagne présidentielle est un « marathon » et que l’enjeu pour la gauche est de faire émerger un candidat capable de l’emporter face au Rassemblement national au second tour.
Deux TGV Paris-Nice immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon après une rupture de caténaire, sont arrivés avec sept heures de retard dans la nuit. Sans électricité, les deux trains n’étaient plus climatisés. Au micro de Public Sénat, le ministre des Transports, Philippe Tabarot chiffre à 4 milliards et demi d’euros les investissements pour que le réseau fonctionne de « manière beaucoup plus optimum » lors de fortes chaleurs.
A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur LR du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.