Un coup de pouce et un couperet: Emmanuel Macron présente mardi une réforme baptisée "Ma santé 2022" censée renforcer l'offre de soins, avec une...
Rallonge budgétaire et fin du numerus clausus: l’ordonnance Macron pour la santé
Un coup de pouce et un couperet: Emmanuel Macron présente mardi une réforme baptisée "Ma santé 2022" censée renforcer l'offre de soins, avec une...
Par Laurence BENHAMOU, Gabriel BOUROVITCH
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Un coup de pouce et un couperet: Emmanuel Macron présente mardi une réforme baptisée "Ma santé 2022" censée renforcer l'offre de soins, avec une rallonge budgétaire de 400 millions d'euros dès 2019 et la suppression du numerus clausus en 2020.
Urgences "engorgées", psychiatrie "en crise", étudiants en médecine "qui souffrent": après les diagnostics alarmants posés ces derniers mois, l'exécutif dispense enfin son remède pour remettre sur pied le système de santé.
Moins d'une semaine après le plan pauvreté, cet acte II de la rentrée sociale du président de la République comporte une cinquantaine de mesures, dont la suppression de l'emblématique numerus clausus et de la première année commune aux études de santé (Paces).
Le redoutable concours qui a traumatisé des générations d'étudiants en santé, ainsi que les quotas de places en médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique (sages-femmes), auront disparu en 2020.
"Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de sélection, mais qu'on va revenir dans le droit commun", a indiqué l'Elysée, qui veut "qu'il y ait plus de médecins qui soient formés demain".
Evolution du numerus clausus depuis sa mise en place dans les différentes branches des études médicales
AFP
Le symbole est fort, mais ne produira ses effets qu'à long terme. Dans l'immédiat, l'exécutif veut "regagner du temps médical" et va mettre la main à la poche pour y parvenir.
Les crédits de l'assurance maladie augmenteront ainsi de 2,5% l'an prochain, au lieu des 2,3% prévus, soit près de 400 millions d'euros supplémentaires.
En cumulé d'ici la fin du quinquennat, ce sont 1,6 milliard d'euros qui sont "garantis" pour "accompagner la réforme", a affirmé une source proche du dossier.
Une rallonge qui financera notamment la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux", qui auront pour mission de "décharger" les médecins des tâches administratives et de certains "actes simples comme une prise de tension ou de température".
En contrepartie, les praticiens devront exercer en groupe ou au sein d'une équipe de soins, mais aussi accepter de nouveaux patients et assurer les "urgences de ville", c'est-à-dire des consultations sans rendez-vous en journée.
- "Gradation des soins" -
"Notre logique, c'est de les inciter tellement qu'ils n'auront plus le choix", a expliqué l'entourage du chef de l'Etat.
Emmanuel Macron à l'hôpital de Rouen en avril 2018
POOL/AFP/Archives
Dans la même veine, 400 postes de médecins salariés seront créés dans les déserts médicaux "pour permettre aux patients d'accéder à une consultation généraliste".
Du côté des hôpitaux, l'accent sera mis sur la qualité des soins, avec une enveloppe multipliée par cinq dès l'an prochain, à 300 millions d'euros.
Mais le gouvernement lorgne aussi le gisement d'économies des actes "inutiles", favorisés par la très décriée "tarification à l'activité" (T2A).
Dès 2019, de nouveaux financements seront mis en oeuvre pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, obligeant hôpitaux et professionnels de santé libéraux à se coordonner et à partager une rémunération forfaitaire.
"Parfois, bien faire c'est ne pas faire un acte", a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dans un entretien à l'AFP, précisant que "ce sont les professionnels qui vont définir la qualité" et les futurs "parcours de soins".
Son ministère va par ailleurs rebattre la carte hospitalière, pour "organiser une vraie gradation des soins".
Un nouveau statut d'hôpital "de proximité" sera créé par une loi en 2019 pour les 600 plus petits établissements, qui seront "réorientés sur des priorités" incluant la gériatrie, la rééducation, l'imagerie, la biologie ou encore la télémédecine.
Les blocs chirurgicaux et les maternités seront regroupés dans les plus gros établissements pour leur assurer une activité plus importante, gage de sécurité pour les patients.
"Cela pourra passer par des fermetures d'activités dans certains cas", a reconnu l'Elysée, assurant que "rien ne se perd, tout se transforme".
Alors que plus de 60 % des Français placent le problème du logement en tête de leurs préoccupations, Dialogue citoyen donne la parole à une habitante des Côtes-d’Armor frappée de plein fouet par la crise du logement.
Après une nuit de bombardements sur Kiev, Volodymyr Zelensky doit rencontrer Donald Trump ce dimanche 28 décembre en Floride pour finaliser un plan de paix. Un rapprochement qui pourrait infléchir la position de la Russie et accélérer la conclusion d’un cessez-le-feu.
Edouard Balladur élu en 1995, DSK en 2012, Alain Juppé en 2017… Et Jordan Bardella en 2027 ? Voici les résultats des élections présidentielles, si l’on était dans un monde parallèle. Celui des sondages, à 18 mois environ du scrutin. Car si les sondages peuvent donner la tendance du moment, ils ne sont pas des prédictions, l’histoire nous l’a monté. Mais parfois, ils ont aussi vu juste, très en amont…
Après un faible regain en novembre, le président de la République atteint à nouveau son plus faible niveau de confiance depuis 2017. Si la défiance touche l’ensemble de l’exécutif, Emmanuel Macron cristallise le désaveu tandis que sur la scène nationale, seul le RN est en progression.