Alfred Hitchcock avait un « rapport aux femmes extrêmement pervers » dénonce Mélanie Page

Elle incarne Tippi Hedren, actrice fétiche d’Alfred Hitchcock, et nous dévoile l’histoire méconnue de celle qui la première a dit « non » aux avances et aux gestes déplacés du réalisateur tout puissant. Une opposition qui lui coutera sa carrière. Mélanie Page actrice engagée dans la lutte contre les violences sexuelles nous parle de ce #MeToo avant l’heure dans « Hitchcock et Mary Rose » actuellement à l’affiche du Théâtre de l'œuvre. Elle est cette semaine, l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Max Dufeigneux

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Au début des années 60, Tippi Hedren est mannequin pour des boissons diététiques lorsqu’elle est repérée par le réalisateur le plus en vogue de son époque, Alfred Hitchcock. C’est donc d’abord à la télévision que « le maître du suspense » va découvrir celle qui allait devenir sa muse. Très vite il lui propose le rôle de Mélanie Daniels dans « Les oiseaux » et de Marnie Edgar dans « Pas de printemps pour Marnie ».

Le premier #MeToo d’Hollywood 

« Son rapport aux femmes était extrêmement pervers, pas du tout approprié. » Celle qui l’incarne sur la scène du théâtre de l’œuvre dans la pièce Hitchcock et Mary Rose jusqu’au 20 décembre, décrit également le courage de Tippi Hedren « qui a su dire non » à une époque où il semblait normal pour la plupart des femmes qu’un réalisateur « se serve », que c’était même un « passage obligé ». Une opposition courageuse qui ralentira la carrière de cette comédienne aujourd’hui un peu oubliée, alors que la filmographie d’Alfred Hitchcock passera à la postérité.

Une histoire des années 60 qui fait sens aujourd’hui encore

Une affaire qui interroge la question du désir d’un réalisateur pour une actrice. « Le désir pourquoi pas, à condition que cela reste dans un cadre professionnel », insiste Mélanie Page. Le problème c’est lorsque cela « rentre dans un esprit un peu pervers, c’est alors que cela peut déborder sur la sphère privée et tout ce qui vient avec. » Elle-même en tant qu’actrice, ancienne danseuse et mannequin, affirme avoir accepté jeune des choses qu’elle n’accepterait plus aujourd’hui. « Dans le mannequinat, on était des objets, il n’y avait rien derrière l’enveloppe. On critiquait notre nez ou autre, alors qu’on était là, devant eux. »

Aujourd’hui engagée dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, Mélanie Page  plaide pour l’adoption de la loi dite « intégrale » et manifeste régulièrement aux côtés des associations et anonymes devant le ministère de la Justice.

Retrouvez l’intégralité de l’émission en replay ici .

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