Au début des années 60, Tippi Hedren est mannequin pour des boissons diététiques lorsqu’elle est repérée par le réalisateur le plus en vogue de son époque, Alfred Hitchcock. C’est donc d’abord à la télévision que « le maître du suspense » va découvrir celle qui allait devenir sa muse. Très vite il lui propose le rôle de Mélanie Daniels dans « Les oiseaux » et de Marnie Edgar dans « Pas de printemps pour Marnie ».
Le premier #MeToo d’Hollywood
« Son rapport aux femmes était extrêmement pervers, pas du tout approprié. » Celle qui l’incarne sur la scène du théâtre de l’œuvre dans la pièce Hitchcock et Mary Rose jusqu’au 20 décembre, décrit également le courage de Tippi Hedren « qui a su dire non » à une époque où il semblait normal pour la plupart des femmes qu’un réalisateur « se serve », que c’était même un « passage obligé ». Une opposition courageuse qui ralentira la carrière de cette comédienne aujourd’hui un peu oubliée, alors que la filmographie d’Alfred Hitchcock passera à la postérité.
Une histoire des années 60 qui fait sens aujourd’hui encore
Une affaire qui interroge la question du désir d’un réalisateur pour une actrice. « Le désir pourquoi pas, à condition que cela reste dans un cadre professionnel », insiste Mélanie Page. Le problème c’est lorsque cela « rentre dans un esprit un peu pervers, c’est alors que cela peut déborder sur la sphère privée et tout ce qui vient avec. » Elle-même en tant qu’actrice, ancienne danseuse et mannequin, affirme avoir accepté jeune des choses qu’elle n’accepterait plus aujourd’hui. « Dans le mannequinat, on était des objets, il n’y avait rien derrière l’enveloppe. On critiquait notre nez ou autre, alors qu’on était là, devant eux. »
Aujourd’hui engagée dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, Mélanie Page plaide pour l’adoption de la loi dite « intégrale » et manifeste régulièrement aux côtés des associations et anonymes devant le ministère de la Justice.
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