« Il faut être un peu ‘maso’ pour faire rire, surtout dans notre époque très plombante », estime Bertrand Chameroy

Même s’il sait mieux que personne à quel point ce métier est dur, il n’en a jamais envisagé un autre. Chaque jour dans ses chroniques aiguisées, il se brocarde l’actualité, et raille les politiques. Une forme de mise à distance nécessaire pour ne pas être accablé, avoue-t-il. Cette semaine, Bertrand Chameroy, raconte les coulisses de son métier au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.
Simon Nicolle

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Contrairement à d’autres chroniqueurs humoristiques, Bertrand Chameroy a d’abord suivi la voie du journalisme. Une méthode, et une exigence dont il se sert toujours dans ses billets quotidiens, que ce soit à la radio ou à la télé : « Quand on a dix minutes de chronique à sortir chaque soir, il faut de la rigueur, il y a des moments où chacun est concentré avec son casque à ‘dérusher’, à regarder des images. On fait des conneries mais sérieusement », considère-t-il.

Rire comme façon d’appréhender le réel

S’il en est venu au rire, c’est certainement parce qu’amuser a été pour lui, dès l’enfance, le moyen d’intégrer une bande et de dépasser un naturel timide. Mais c’est assurément aussi pour mettre à distance une actualité qui sinon, serait pénible à traverser.

« Il faut être un peu ‘maso’ pour faire ça, rien n’est plus subjectif que le rire, surtout dans l’époque très plombante qu’est la nôtre, donc on compte beaucoup sur les gens qui sont censés faire rire pour détendre l’atmosphère », a-t-il remarqué de l’attente que les spectateurs peuvent avoir des tranches d’humour.

Car la difficulté du travail de Bertrand Chameroy consiste bien à rire d’un flot d’informations qui chaque jour charrie des guerres et des drames. Sur certains sujets, avoue-t-il, « je n’ai pas honte de le dire, je n’ai pas d’avis, alors qu’aujourd’hui il faut un avis sur tout et tout de suite, donc je ne me sens pas légitime d’en rire. »

Se moquer sans nuire

Habitué à railler les politiques et les puissants, il accepte volontiers les critiques. « Je suis le premier à railler les autres, donc si je n’acceptais pas que l’on me raille, il faudrait que je change de métier », avance-t-il au sujet de son exposition, avant d’ajouter « on a parfois dit de moi que j’étais mesquin ou méchant, ça a pu me blesser car c’est tout ce que je ne veux pas être », car ce qu’il souhaite avant tout, c’est de pouvoir recroiser les invités qu’il brocarde « sans avoir envie de regarder (ses) chaussures ».

Une exigence et des limites qui ne le prémunissent pas pour autant d’attaques, notamment sur X, anciennement Twitter. « Sur les réseaux sociaux, j’ai vraiment levé le pied, c’est binaire et c’est très violent. Cette année, j’ai reçu ma première menace de mort à cause d’un sketch. Qu’on me dise que je ne suis pas drôle, je peux l’entendre, mais est-ce que cela mérite une menace de mort ? Je ne suis pas sûr. »

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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