Avec Guillaume Diop et Hugo Marchand « On finit par se connaitre par cœur comme un vieux couple » reconnaît la danseuse étoile Dorothée Gilbert

Elle le dit elle-même : le corps s’use, l’opéra est exigeant et il faut être à la hauteur des ballets que l’on joue. À 42 ans la danseuse étoile Dorothée Gilbert prendra sa retraite à la fin de l’année dans un ultime récital de l’Histoire de Manon à l’Opéra Garnier. Comment se réinvente-t-on vie après 35 ans passés dans l’institution ? Quels liens a-t-on noué avec ses partenaires, Dorothée Gilbert se livre au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.
Simon Nicolle

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Elle en est sûre, elle ne raccrochera pas les chaussons de danse tout de suite. Certes elle fera sa dernière danse sur la scène de l’Opéra Garnier en octobre prochain, mais l’étoile ne s’arrêtera pas pour autant de danser, elle qui danse depuis ses 7 ans. Pour leur dernier tour de piste, les danseurs de l’Opéra de Paris choisissent le ballet sur lequel ils se retirent. Dorothée Gilbert, elle, a décidé de partir sur l’Histoire de Manon : un ballet où, pour elle, la relation avec son partenaire est centrale.

Une dernière danse avec son partenaire, Hugo Marchand

Ses adieux, Dorothée Gilbert les fera aux côtés du partenaire avec lequel elle s’est découvert une symbiose technique et artistique, Hugo Marchand. « Des coups de foudre comme celui-ci, c’est comme dans la vie, on n’explique pas toujours pourquoi ils arrivent », admet-elle. Ce que la danseuse de l’Opéra de Paris trouve en commun à Hugo Marchand et Guillaume Diop, c’est leur goût du travail. En répétitions, ils se fixent les uns aux autres le même niveau d’exigences.

Et surtout, Dorothée Gilbert a tissé, avec eux, une relation de confiance comme avec nul autre danseur. Puis, il y a quelque chose de chevaleresque dans la danse classique. Le romantisme de la relation qu’ils ont construit à l’Opéra, un rapport à l’autre que la danseuse ne le trouve pas désuet. « Les ballets ont été créés à une certaine époque et cela représentait la culture de ce moment-là. » Alors pourquoi s’en passerait-on aujourd’hui.

De la confiance pour se sentir libre sur scène

Pour la danseuse née à Toulouse, lâcher prise et se consacrer pleinement à la présence scénique n’est possible que lorsque l’on a une confiance aveugle envers son partenaire. « C’est quand on lâche totalement prise qu’on arrive à atteindre des vérités artistiques », explique Dorothée Gilbert. Se détacher de la technique, des pas de danse suivants permet de se plonger dans l’histoire et dans ce que son personnage ressent.

« En un regard, on comprend ce qu’il se passe intérieurement chez l’autre […] On communique au-delà des mots », confie-t-elle. Lorsque Dorothée Gilbert danse avec Hugo Marchand ou Guillaume Diop, ils ont tellement l’habitude de travailler ensemble et de vivre des moments intenses sur scène qu’ils finissent par se connaître par cœur « comme un vieux couple ».

Une forme de lien d’amour se crée entre eux à l’image des liens qui unissent le plus souvent les personnages qu’ils incarnent.

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