Le Sénat supprime l’aide exceptionnelle de rentrée pour les bénéficiaires des minima sociaux
Lors de l’examen de la loi de finances rectificative, la Haute assemblée a remplacé la prime exceptionnelle de rentrée de 100 euros réservée aux minima sociaux, par une majoration exceptionnelle « coup de pouce » aux bénéficiaires de la prime d’activité et de l’allocation aux adultes handicapés.

Le Sénat supprime l’aide exceptionnelle de rentrée pour les bénéficiaires des minima sociaux

Lors de l’examen de la loi de finances rectificative, la Haute assemblée a remplacé la prime exceptionnelle de rentrée de 100 euros réservée aux minima sociaux, par une majoration exceptionnelle « coup de pouce » aux bénéficiaires de la prime d’activité et de l’allocation aux adultes handicapés.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Valeur travail. » C’est à ce titre que les sénateurs ont supprimé, dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 août, la prime exceptionnelle de rentrée pour les allocataires des minima sociaux, comme le RSA mais aussi les APL. Cette aide a été remplacée par une majoration exceptionnelle « coup de pouce » aux bénéficiaires de la prime d’activité et de l’allocation aux adultes handicapés. Au grand dam de la gauche sénatoriale et contre l’avis du gouvernement.

« J’entends le souhait d’aider les gens qui travaillent dur, a soutenu Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics. Mais votre disposition va retirer le bénéfice de l’aide à 4 millions de foyers pauvres. »

« C’est l’amendement le plus inadmissible, le plus indécent qui a été voté ce soir »

Pour le sénateur socialiste, Jean-Claude Tissot, cette mesure est tout bonnement « inique ». « C’est l’amendement le plus inadmissible, le plus indécent qui a été voté ce soir », a-t-il dénoncé. Son collègue socialiste, Rémi Féraud, a surenchéri : « Nous n’avons pas voté la taxe sur les superprofits, ni une revalorisation du SMIC. Le signal donné n’est pas le bon. En réalité, l’objectif [de cet amendement] est d’opposer les travailleurs pauvres aux bénéficiaires des minima sociaux » (voir la vidéo en tête d’article).

La prime exceptionnelle de rentrée pour les bénéficiaires des minima sociaux s’élevait à 100 euros. Avec les amendements de la majorité sénatoriale, seuls les bénéficiaires de la prime d’activité et de l’allocation aux adultes handicapés seront concernés par une majoration exceptionnelle « coup de pouce » de 150 euros.

Pour le rapporteur du texte, Jean-François Husson (LR), le dispositif initial du gouvernement semblait « témoigner d’une forme d’accoutumance au recours à la dépense publique « quoiqu’il en coûte », développée dans le contexte de la crise sanitaire ». En outre, le sénateur LR, craignant la reconduction d’une telle indemnité, met en cause l’efficacité de ce dispositif pour ​​lutter contre la précarité.

Les syndicats étudiants montent au créneau

La suppression de cette prime a beaucoup fait réagir. Le syndicat étudiant, La Fage, dénonce la disparition d’une aide destinée « ​​aux bénéficiaires des APL ainsi qu’aux étudiantes et étudiants boursiers, alors que l’inflation au mois de juillet 2022 atteint les 6,1 % ».

« Ce sont 1,8 million d’étudiants qui touchent la bourse plus les APL. Quand on sait le niveau de la précarité étudiante, ce qu’ils ont souffert depuis deux ans, franchement c’est ignoble », s’indigne Pierre Ouzoulias. Le sénateur communiste qui a tenté de faire passer des amendements pour soutenir les étudiants précaires ne décolère pas :

« Faire ça en août, à un mois de la rentrée ! Ils ne savent pas ce que c’est d’être un boursier. Un tiers des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté. »

Ce dispositif fera nécessairement l’objet d’un débat entre la majorité sénatoriale et la majorité présidentielle lors de la commission mixte paritaire qui se tiendra ce mercredi 3 août.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Le rapporteur général de la commission des finances du Sénat réclame un projet de loi de finances rectificative, « sans délai »
2min

Économie

Le rapporteur général de la commission des finances du Sénat réclame un projet de loi de finances rectificative, « sans délai »

Dans un communiqué, le sénateur LR Jean-François Husson appelle le gouvernement à agir, estimant que le cadre budgétaire voté en début d’année « n’est plus crédible ». Il considère que cela doit passer par un budget rectificatif, seul capable de redonner de la « visibilité à la Nation face aux incertitudes économiques et géopolitiques ».

Le

Le Sénat supprime l’aide exceptionnelle de rentrée pour les bénéficiaires des minima sociaux
7min

Économie

Banque de France : Emmanuel Moulin assure les sénateurs de son « indépendance » vis-à-vis « du pouvoir exécutif » et « des intérêts privés »

Nommé par Emmanuel Macron pour prendre la tête de la Banque de France, Emmanuel Moulin a assuré les sénateurs qui l’ont auditionné de sa totale « indépendance », s’il est bien confirmé à ce poste. « Homme libre », il juge que le « quoi qu’il en coûte », lors du covid, « aurait pu être désactivé plus tôt » et que les mesures de soutiens face au coût de l’énergie ont été « beaucoup trop élevées ».

Le

France Cannes 2026 Minotaur Red Carpet
9min

Économie

Tribune anti-Bolloré : le cinéma Français peut-il se passer de Canal + ?

La menace du patron de Canal+ d’écarter les signataires d’une tribune contre l’influence de Vincent Bolloré a provoqué une onde de choc à Cannes. Au-delà de la polémique politique, l’affaire met en lumière la place devenue incontournable du groupe dans le cinéma français. Premier financeur privé du secteur, diffuseur historique et désormais présent dans une partie de l’exploitation des salles via UGC, Canal+ s’impose à tous les niveaux de la chaîne de valeur d’une filière fragilisée et fortement dépendante de ses investissements.

Le

Guerre en Iran : pas de récession à ce stade, selon les économistes, mais un ralentissement mondial perceptible
10min

Économie

Guerre en Iran : pas de récession à ce stade, selon les économistes, mais un ralentissement mondial perceptible

Le sommet du G7 des ministres des Finances s’ouvre dans une période de grande inquiétude pour la croissance mondiale. Le blocage du détroit d’Ormuz, dans le Golfe Persique, s’il se prolongeait, pourrait accentuer les difficultés sur nombre d’économies du globe. Les marges de manœuvre, en dehors d’une résolution du conflit, sont par ailleurs limitées.

Le